Dreux et Saint-Doulchard veulent expérimenter l'uniforme à l'école en 2024

L'expérimentation demandée par Gabriel Attal trouve un écho en Centre-Val de Loire puisque deux villes se portent déjà volontaires pour instaurer le port de l'uniforme à l'école en 2024.

Dans la petite ville de Saint-Doulchard (Cher), la proposition du ministre de l'Éducation, Gabriel Attal, a rapidement séduit le maire. L'élu se porte volontaire pour expérimenter le port de l'uniforme dans les écoles dès la rentrée 2024. "C'est ce sentiment d'appartenance et le sentiment du collectif" qui ont convaincu Richard Boudet.

"On retrouve d'ailleurs la même chose dans le monde sportif où on appartient à un club, on défend les couleurs du club, et à ce moment-là il n'y a pas de discussion : On est tous habillés avec les couleurs du club et on va défendre ces valeurs", assure-t-il.

700 enfants de maternelle et de primaire des trois écoles de Saint-Doulchard pourraient porter l'uniforme en septembre 2024.

Une réponse au harcèlement ?

Selon le maire, l'uniforme pourrait également être une réponse au harcèlement scolaire en permettant de "gommer les inégalités" et ses administrés y sont plutôt favorables. "Quand on était jeunes, on avait les uniformes à l'école", se souvient une habitante. "Si ça peut solutionner des problèmes qui normalement ne devraient pas exister, moi je ne suis pas contre". Un commerçant, qui a deux enfants à l'école maternelle de Saint-Doulchard, voit aussi d'un bon œil l'arrivée de cette expérimentation : "Tout le monde sera habillé pareil et il y aura moins de soucis entre les enfants, au collège surtout".

Le projet séduit même l'opposition municipale, à condition "que le coût ne soit pas porté par les familles", tempère Maxime Gauthier, conseiller municipal divers gauche. "L'objectif de cette mesure c'est notamment de gommer les disparités sociales. Si les ménages doivent en plus rajouter pour acheter un uniforme, ça peut être très compliqué de la mettre en place."

L’uniforme déjà prévu à Dreux depuis 2020

À Dreux, en Eure-et-Loir, le maire n’a pas attendu le ministre pour se mettre à l’ouvrage. L’expérimentation du port de l’uniforme à l’école était déjà inscrite dans le programme de Pierre-Frédéric Billet pour les municipales de 2020. "C'est à travers mes nombreuses réunions, durant ma campagne, que j'ai senti que les parents avaient besoin d'une sorte de repère et de retour d'autorité au sein de l'école, relate l’édile. Et je pense que l'uniforme peut aider à ça."

La ville, qui souhaite que l’expérience se fasse sur la base du volontariat des écoles et des équipes pédagogiques mais aussi des parents d’élèves, a donc lancé un appel à toutes les écoles à la rentrée dernière. "On souhaite expérimenter une école en centre-ville avec uniforme et l'autre avec la blouse. Même chose en périphérie. Car, contrairement à ce que l’on croit, l’uniforme n'est pas une tradition ancienne en France, c'est la blouse qui l’est. Et donc on voulait expérimenter les deux dispositifs pour voir quels sont les avantages et les inconvénients des deux et faire le bilan ensemble."

L’expérimentation à Dreux est prévue pour durer trois ans. Elle sera suivie par une sociologue scolaire qui sera chargée, à la fin, d’en faire un bilan. "Notre seul intérêt, c'est celui de l'enfant. S'il y a un intérêt pour l'enfant de le faire, il faut le faire. Et si ça n'apporte rien ou si c'est négatif, il faut être très pragmatique et abandonner."

L’emploi de la sociologue ainsi que la confection des blouses et uniformes "qui porteront le blason de la ville", précise le maire, seront intégralement pris en charge par la municipalité, qui a budgétisé 100 000 euros pour ce projet. Une école du centre-ville a déjà fait savoir qu’elle se portait candidate.

Un guide pour aider à la mise en place de l’expérimentation

Le ministère de l'Éducation a détaillé dans un guide, envoyé aux collectivités volontaires, l'expérimentation de l'uniforme à l'école, au collège et au lycée, rappelant son objectif d'améliorer le "climat scolaire". Ce guide de quatre pages détaille "l'accompagnement à la mise en œuvre d'une tenue vestimentaire commune dans les écoles, les collèges et les lycées publics volontaires".

"Cette démarche vise en tout premier lieu à renforcer la cohésion entre élèves et à améliorer le climat scolaire", explique la rue de Grenelle. Côté financier, le ministère affirme qu'"afin de ne pas faire supporter aux familles le coût financier de la mise en œuvre de cette expérimentation, la fourniture des trousseaux est prise en charge par les collectivités locales qui peuvent bénéficier d'un appui financier du ministère". À l’issue, il procédera à une "évaluation de l'expérimentation" et "à un appel à manifestation d'intérêt auprès des chercheurs des disciplines de sciences humaines et sociales".