Une fillette de 3 ans traumatisée après avoir été oubliée dans un bus toute une journée à Dreux en Eure-et-Loir

Jeudi 8 septembre, Clémence, une petite fille de trois ans, a été oubliée toute une journée dans un car scolaire de Châteauneuf-en-Thymerais, en Eure-et-Loir. Une semaine plus tard, l'agglomération de Dreux reconnaît une "chaîne de dysfonctionnements".

Les faits, relatés par nos confrères de L'Écho républicain, se sont déroulés le jeudi 8 septembre. Ce jour-là, à 8h30, Clémence monte dans le bus scolaire à Saint-Jean-de-Rebervilliers. Elle a 3 ans et vient de faire sa rentrée en maternelle. Le bus compte une vingtaine d'enfants scolarisés à Châteauneuf-en-Thymerais ainsi qu'une accompagnatrice.

En arrivant devant le groupe scolaire, les élèves de l'école élémentaire descendent en premier, suivis par ceux de maternelle. Mais, ce matin-là, Clémence est oubliée sur son siège. Sa tournée finie, le chauffeur du bus retourne à son domicile et gare le bus devant chez lui, sans savoir que la petite est toujours à l'intérieur.

Il ne la découvre qu'à 16h30, au moment de débuter sa tournée de retour. Clémence est prostrée, déshydratée et traumatisée après une journée entière sans boire, sans manger, et sans accès aux toilettes. Les parents, eux, ne sont prévenus qu'à 17 heures et récupèrent la petite auprès de la directrice de l'école, où Clémence a été ramenée et soignée.

Une "chaîne de dysfonctionnements" qui aurait pu être dramatique

Comment une telle situation, qui aurait facilement pu virer au drame, a-t-elle pu se produire ? Joint par téléphone, le vice-président de l'agglomération du pays de Dreux en charge du transport scolaire se dit "ébranlé par une situation où l'humain est au cœur". Frédéric Giroux ne peut que déplorer des manquements de la part de l'accompagnatrice, mais aussi du chauffeur.

"C'est difficile d'avoir la responsabilité de transporter des enfants, de mettre en place toutes les conditions maximum de sécurité et de se retrouver face à une telle chaîne de dysfonctionnements", poursuit-il. L'élu s'explique d'autant moins cet oubli qu'il s'agit d'un "trajet matinal et court, d'à peine un quart d'heure, ce qui limite le risque d'endormissement chez les enfants. De plus, il y avait peu d'enfants dans le bus".

L'agglomération promet des mesures

La charte de l'agglomération impose aux accompagnateurs de remonter l'ensemble du car siège par siège en fin de trajet pour s'assurer qu'aucun enfant n'a été oublié.

Même obligation pour le chauffeur du bus qui, en fin de course, doit également remonter l'intérieur du car et appuyer sur un bouton situé au fond de ce dernier. Le signal, envoyé vers une centrale de surveillance, permet au conducteur de s'acquitter d'avoir effectué cette vérification. "Ici, cela n'a pas été fait ni par l'accompagnatrice ni par le chauffeur", déplore l'adjoint aux transports.

Après cet incident, l'agglomération prévoit trois mesures supplémentaires. Les chauffeurs devront désormais également effectuer une validation téléphonique en fin de course. Des sensibilisations aux mesures de sécurité seront imposées aux accompagnateurs en supplément de celle déjà effectuée avant la rentrée. Enfin, lorsqu'un bus rentrera au dépôt, il devra être vérifié une troisième fois par un employé du transporteur Kéolis.

200 000 euros par an : le prix de la sécurité

L'élu met l'accent sur le distinguo à faire entre les enfants et les jeunes enfants comme Clémence, qui n'ont pas encore d'autonomie. "Il faut vraiment considérer que c'est un mode de transport à part et c'est là que l'accompagnement par un adulte est nécessaire. C'est une volonté de l'agglo réaffirmée et assumée financièrement qui a un coût : 200 000 euros par an. C'est le prix de la sécurité. Malgré ces mesures, il faut que l'humain ne soit pas défaillant."

Frédéric Giroux accompagné du président de l'agglo de Dreux, d'un représentant de Kéolis, de l'inspection académique et du maire de la commune qui emploie l'accompagnatrice, a rencontré ce mardi 13 septembre les parents de Clémence afin "d'apporter toute la transparence sur cette affaire à la famille et répondre à toutes leurs questions sans tabous".

"Nous ce qu'on souhaite c'est sans cesse améliorer le process de sécurité car on transporte des enfants et des petits enfants. Mais on va aussi prendre soin de la petite et prendre régulièrement de ses nouvelles", promet l'élu. Heureusement, ce genre d'incident reste rare, même à l'échelle nationale. Jointe par France 3, la famille de Clémence n'a quant à elle n'a pas donné suite à nos sollicitations.