Chapelle-Royale : un village rural d'Eure-et-Loir qui se bat contre la désertification et l'exode

Le village de Chapelle-Royale, dans le Perche. / © Didier Le Pape / France 3 Centre-Val de Loire
Le village de Chapelle-Royale, dans le Perche. / © Didier Le Pape / France 3 Centre-Val de Loire

Chapelle-Royale, un petit village du Perche, est sur le point d'ouvrir son deuxième commerce. Il y a 10 ans pourtant, un des derniers services publics, l'agence postale, était sur le point de fermer. Un travail gigantesque a été mené depuis par l'équipe municipale pour redynamiser le village.

Par Julie Postollec

Petit village d'Eure-et-Loir, Chapelle-Royale compte 300 habitants et abrite un accueil périscolaire, une épicerie communale, une agence postale, une bibliothèque, un café associatif et bientôt un bar-restaurant. Derrière tous ces services, la volonté du maire Thomas Blonsky et de son équipe municipale.

Fraîchement élus en 2008, ils ont été confrontés en 2009 à la fermeture annoncée de l'agence postale. Pour sauver ce service, ils ont alors décidé de créer en 2009 un lieu multi-services avec une épicerie et un dépôt de pain.

Les travaux ont été financés grâce à 70.000 euros de subventions de l'Etat. Face à ce projet d'espace mutualisé, la Poste a alors accepté de maintenir sur place son agence. La différence ? L'endroit n'est pas géré par des agents de la Poste mais par des employés communaux.
 

Les habitants jouent le jeu


Malgré l'incrédulité du début, le constat est sans appel : l'épicerie -  dépôt de pain - agence postale attire des clients, comme l'explique le maire.

On n'avait plus de boulangerie, on a créé un dépôt de pain, on a 100 clients par jour.

Thomas Blonsky analyse la réussite du projet par deux facteurs. Chapelle-Royale est d'abord un "village-rue", c'est-à-dire situé sur un axe routier où passent 1500 véhicules par jour. Mais c'est surtout une commune où les habitants jouent le jeu d'acheter sur place.

"Plus on va acheter notre pain, notre baguette, notre camembert [...], [plus, ndlr] on fait travailler l'épicerie, donc on sera moins déficitaire. Parce qu'il ne faut pas se voiler la face : une épicerie comme ça, ça reste déficitaire. Mais c'est un service public."

Développer les services publics mais aussi privés, c'est le credo de Thomas Blonsky. Après avoir récupéré la gestion de la bibliothèque, il a soutenu en 2016 la création d'un café brocante associatif baptisé La Récré, qui ouvre tous les vendredis, samedis et dimanches.
Façade du café brocante associatif La Récré, à Chapelle-Royale (Eure-et-Loir) / © Didier Le Pape / France 3 Centre-Val de Loire
Façade du café brocante associatif La Récré, à Chapelle-Royale (Eure-et-Loir) / © Didier Le Pape / France 3 Centre-Val de Loire
 

Un accueil périscolaire et de loisirs pour les petits


L'année suivante, en 2017, l'équipe municipale a créé un accueil périscolaire et de loisirs à l'arrière de la mairie. Les parents peuvent y déposer leurs progénitures dès 7h du matin.

Les employés de la commune qui gèrent l'accueil transportent les enfants à l'école et les ramènent à la fin de la journée à Chapelle-Royale où ils les gardent jusqu'à 19h. Les mercredis et pendant les vacances scolaires, des ateliers et loisirs sont proposés aux petits.
L'accueil périscolaire et de loisirs à Chapelle-Royale (Eure-et-Loir). / © Didier Le Pape / France Centre-Val de Loire
L'accueil périscolaire et de loisirs à Chapelle-Royale (Eure-et-Loir). / © Didier Le Pape / France Centre-Val de Loire

En moyenne, une quinzaine d'enfants profite quotidiennement de ce service. Pour Thomas Blonsky, le choix était évident pour éviter un exode rural et que la commune ne se vide de ses habitants.

Il faut être attractif. Des communes comme Chapelle-Royale, il y en a partout autour, il faut se différencier. J'ai considéré avec le conseil municipal qu'il était temps d'investir sur les jeunes. Parce que c'est eux l'avenir, c'est pas nous.
 

Augmenter les impôts locaux


Pour financer tous ces services gérés par la commune, le maire a dû augmenter de 14% les impôts locaux. Un choix qu'il assume car il préfère que les habitants payent un peu plus de taxe foncière et d'habitation mais bénéficient d'un vrai service de proximité dans un village vivant.

Un impôt doit servir à améliorer le quotidien de nos habitants. parce que c'est valoriser aussi les maisons, nos biens immobiliers. [...] Donc je me dis si on ne fait rien, nos maisons vont valoir combien ? 1 euro ?

Thomas Blonsky ne tarit pas de projets. Un nouveau bar-restaurant est en construction, financé grâce aux aides de la région et de l'Etat, et qui devrait ouvrir en mars prochain.

Le maire compte aussi transformer l'ancienne forge du village en halle commune où il espère accueillir une infirmière.
 

Intervenant : Thomas Blonsky, maire de Chapelle-Royale.
 

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