Face au reconfinement, quelles mesures pour sauver les clubs sportifs ?

Les associations sportives et les clubs professionnels ont été durement touchés par la crise sanitaire, comme le dévoile une enquête du CNOS. Des structures sportives et des élus demandent un "geste fort" en faveur du sport.

Confinement oblige, le match de basket Asvel - Orléans à Villeurbanne s'est déroulé à huis clos le 8 novembre dernier.
Confinement oblige, le match de basket Asvel - Orléans à Villeurbanne s'est déroulé à huis clos le 8 novembre dernier. © Joël PHILIPPON / MAXPPP
La pandémie de covid-19, qui a poussé le gouvernement à décréter deux confinement successifs, aura-t-elle raison du sport ? La question est posée au niveau national par le Comité national olympique et sportif (CNOS), qui a réalisé une enquête pour chiffrer les pertes subies par les clubs et les associations sportives. D'après cette étude qui a regroupé les réponses de 44 000 clubs, les trois quarts des structures ont vu partir des adhérents, à hauteur de 26% de leur effectif en moyenne.
 

Plus de 376 millions d'euros de pertes pour le sport français

"Au-delà de la perte de cotisations, 78 % des clubs confirment avoir enregistré une perte économique sur d’autres secteurs, tels que la baisse de ressources liées au partenariat et au mécénat, la réduction voire la suppression totale de revenus de billetterie ainsi que la diminution de subvention", poursuit le CNOS. Des déficits multiples, qui, en s'additionnant, représentent 376 millions d'euros, dont 70% sont dus aux pertes de cotisations. Le maintien de certains matches, organisés sans spectateurs et donc sans billetterie, représente aussi un trou dans le budget des clubs.

Le 26 octobre dernier, le mouvement sportif adressait au gouvernement une lettre ouverte intitulée "SOS : sport en détresse" pour tirer la sonnette d'alarme face au risque de disparition de clubs professionnels et amateurs.
 

Pour un "plan Marshall du sport"

Car la question sportive, au-delà de l'aspect sanitaire, est éminemment économique et politique. "On a l'impression que l'histoire se répète", déplore Mohamed Moulay, vice-président (PS) de la région Centre-Val de Loire, délégué au sport. "Le sport est un vecteur de lien social, un espace de liberté et un très fort levier économique", poursuit l'élu régional, qui juge alarmants les chiffres avancés par l'enquête du CNOS.

Au niveau de la région, "on a fait le maximum", explique-t-il, souhaitant que l'État prenne le relais par un "geste très fort, un plan Marshall du sport, dans le cadre du plan de relance". "Les aides, l'accompagnement, la volonté de construire l'après-confinement n'est pas au rendez-vous." Ce "geste fort" pourrait prendre la forme d'un moratoire sur les charges pour les clubs, d'un fonds de solidarité exceptionnel, d'un fonds d'urgence pour le monde associatif. "On peut imaginer plein de choses", affirme Mohamed Moulay.
 
A l'Assemblée nationale aussi, des députés de tous les bords politiques ont également posé la question du soutien au secteur sportif. Le 20 octobre dernier, dans le cadre de la loi de finances 2020, le député LREM du Cher François Cormier-Bouligeon a déposé et fait adopter un amendement visant à réhausser la taxe Buffet sur les droits télévisés afin d'allouer 10 millions d'euros supplémentaires à l'Agence du sport, permettre plus d'emplois dans les associations sportives et une digitalisation plus importante.

Le 14 novembre, 45 députés du groupe Les Républicains ont également signé une lettre ouverte à l'attention de la ministre des Sports, Roxana Maracineanu, demandant la suspension de la règle du "une heure, un kilomètre" pour les sports individuels. D'autre part, les députés suggèrent "l'autorisation pour les collectivités de rouvrir leurs équipements sportifs aux associations pour des groupes réduits (selon les pratiques et la distanciation possible) dans le respect de protocoles sanitaires renforcés".
 
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