François Bonneau : "Pourquoi changer ce qui marche ?"

Alors qu'il doit lancer les chantiers prioritaires de la région pour atténuer les effets de la crise économique, le président PS du conseil régional Centre-Val de Loire François Bonneau prépare en même temps les échéances de 2021 dont sa réélection.
François Bonneau, président de la région Centre-Val de Loire a rencontré le Premier ministre pour mettre en place un plan d'urgence
François Bonneau, président de la région Centre-Val de Loire a rencontré le Premier ministre pour mettre en place un plan d'urgence © Bernard Henninger
Après la lourde défaite aux élections municipales de son parti LREM, Emmanuel Macron s'était adressé aux présidents de régions pour envisager le report à 2022 (après les élections présidentielles) des prochaines régionales prévues normalement en 2021. Selon l'entourage de l'Elysée, ce nouveau calendrier n'avait pas pour but d'éviter un nouvel échec du parti présidentiel dans un scrutin local ni de profiter de la dynamique en juin 2022 d'une éventuelle réélection du président de la République. Il s'agissait officiellement de faire en sorte que les régions soient pleinement mobilisées sur l'accompagnement du plan de relance et que les exécutifs ne soient pas distraits par une campagne susceptible de commencer dès septembre. Accessoirement, une nouvelle étape de la décentralisation, avec de nouvelles responsabilités confiée aux échelons locaux, était promise.

A cette heure, il semble acquis que le report n'aura pas lieu car il aurait déjà fallu lancer les processus législatif permettant de l'opérer dans des conditions légales. Les élections régionales doivent donc se dérouler en mars prochain même si la date exacte n'est pas encore fixée. A droite, le Rassemblement national présentera certainement une liste et le député de Loir-et-Cher LR Guillaume Peltier ne cache pas ses ambitions. A gauche, Europe-Ecologie-Les Verts semble décidé a mener des listes autonomes dans toutes les régions ce qui a conduit le vice-président du conseil régional Charles Fournier à annoncer sa candidature pendant l'été. Néanmoins, François Bonneau espère rester à la tête de l'éxécutif régional et espère rassemblemer le plus de monde possible derrière lui dès le 1er tour, y compris des écologistes. "Pourquoi changer ce qui marche ?" explique-t-il. "Jusqu'à présent, j'ai réussi à fédérer une majorité qui fonctionne et nous travaillons tous ensemble depuis le début du mandat."  "Je souhaite qu'on se rassemble de nouveau et le plus tôt possible." Et donc sans attendre le 2e tour.

Un bras de fer avec l'Etat


En attendant les prochaines échéances électorales, François Bonneau affirme, logiquement, qu'il restera président jusqu'au dernier jour du mandat en cours. A court terme, le président assure que la région fera tout son possible pour éviter un reconfinement avec une vigilance particulière dans les lycées (dont elle a la responsabilité.) Il n'y aura pas de fourniture de masques systématique pour l'ensmble des élèves mais des stocks seront à disposition dans chaque établissement pour ceux qui n'en auront pas. La région devra aussi assurer le transport scolaire malgré les contraintes sanitaires et malgré une légère hausse des inscritptions (+1%).

Sur le plan économique, la région poursuit le dispositif CAP Asso pour accompagner les emplois aidés et compte soutenir certains secteurs particulièrement touchés comme l'aéronautique ou l'événementiel culturel qui continuera à bénéficier des subventions promises. François Bonneau souhaite accompagner la relocalisation industrielle (pharmacie entre autres) mais en veillant à ce que les processus soient de plus en plus décarbonés. La proportionnalité des aides devrait y être conditionnée.  En faveur de l'environnement, un investissement important va aussi être réalisé sur le fret. 

La politique de cette fin d'année 2020 pourrait avoir des allures de programme pour 2021 mais les marges de manoeuvre seront conditionnées par le budget. En raison de la crise, la région a perdu cette année 110 millions d'euros de recettes issues des taxes sur les cartes grises et les produits pétroliers. Ce manque à gagner imprévu a pour effet de limiter les capacités d'investissement et les prévsisions de désendettement. Initialement réticent à l'idée de compenser cette perte, l'Etat a finalement décidé d'accorder une enveloppe supplémentaire de 25 millions aux régions, à condition que ces fonds soient dépensés dans l'investissement. L'accord à ce sujet doit être signé le 10 septembre.
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