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Gilets jaunes : les annonces d'Edouard Philippe

Edouard Philippe a annoncé ce 4 décembre une série de mesures pour tenter d'apaiser le mouvement des "gilets jaunes". / © Ludovic MARIN / AFP
Edouard Philippe a annoncé ce 4 décembre une série de mesures pour tenter d'apaiser le mouvement des "gilets jaunes". / © Ludovic MARIN / AFP

Alors que les dernières manifestations des "gilets jaunes" ont été marqué par de graves épisodes de violence de chaque côté, le Premier ministre a pris la parole à l'issue d'une réunion avec le groupe LREM à l'Assemblée. 

Par Yacha Hajzler

Grave, lent : Edouard Philippe a l'attitude de celui qui marche sur des oeufs, et qui le sait. Le Premier ministre s'est exprimé devant les français ce mardi 4 décembre, à la sortie d'une réunion avec le groupe LREM à l'Assemblée Nationale. 
 
 

Le discours


Edouard Philippe a lancé un message d'apaisement aux français, alors que le mouvement des gilets jaunes continue de prendre de l'ampleur. Les lycéens, les agriculteurs, le comité Adama... Autant de nouveaux alliés pour un mouvement déjà extrêmement hétéroclite. 

Le Premier ministre a voulu reconnaître ouvertement la "colère" des Français, "la colère de la France qui travaille dur, qui n’arrive pas à joindre les deux bouts." Il a reconnu que les "solutions" proposées par le gouvernement étaient peut-être "insuffisantes ou inadaptées", notamment à la ruralité. 

Mais le message essentiel du discours était un appel continu à un réel dialogue national, auquel lui-même s'est dit "prêt"

Au sujet des manifestations, et de leurs dérives, Edouard Philippe a précautionneusement rappelé que "tous les français ont le droit de manifester" mais s'est montré déterminé à faire respecter "la loi et l'ordre". On peut donc s'attendre à ce que les prochaines manifestations soient encore plus strictement encadrées qu'auparavant. Il a par ailleurs félicité les forces de l'ordre pour leur "sang-froid et leur dévouement"
 

Les annonces 


Édouard Philippe a annoncé une suspension (que l'on appelle un "moratoire") de trois mesures sensibles, pour six mois :
 
  • La hausse de la taxe carbone 
  • L'alignement de la taxation du diesel sur celle de l'essence (la "convergence diesel-essence")
  • La hausse de la fiscalité sur le gazole dit "non routier", par exemple utilisé dans les secteurs agricoles ou forestiers.
Le gouvernement s'engage également :
  • à renoncer provisoirement au durcissement du contrôle technique des véhicules, qui devait être effectif en janvier
  • à une suspension de la hausse des tarifs du gaz et de l'électricité "cet hiver" 
 

Enfin, point phare du discours d'Edouard Philippe : le lancement d'une consultation nationale, dès le 15 décembre et jusqu'au 1er mars. "Cette consultation ne doit ressembler à aucune autre" a déclaré le Premier ministre, qui veut mobiliser à tous les niveaux. 

Il s'agira d'un débat sur l'impôt et les dépenses publiques, qui sera organisé au niveau national, mais aussi via les organisations syndicales, les collectivités locales et sur internet. Le Premier ministre a jugé que la transparence sur l'impôt et ses utilisations était insuffisante. 
 

"Mes chers compatriotes, c’est maintenant le temps du dialogue (...) Quand on met des Français de bonne volonté autour d’une table et qu’on travaille sérieusement, on trouve des solutions", a conclu le Premier ministre. 
 

Les questions en suspens 


Le discours d'Edouard Philippe s'est beaucoup centré sur les sujets qui étaient au coeur de la mobilisation des "gilets jaunes" à son commencement : la balance entre la transition écologique et la réalité économique des français, surtout les plus modestes. Ses annonces concernent donc logiquement les transports et l'énergie.

Ce discours élude, in fine, une large partie des motivations et des revendications d'un mouvement multiforme, sociologiquement et géographiquement. 
 
  • Sélection à l'université, parcoursup, frais des étudiants étrangers : qu'en sera-t-il des revendications des lycéens et des étudiants, que le Premier ministre n'a pas évoqués.
  • Les préoccupations sur la juste rémunération du travail, ou encore le sentiment d'injustice fiscale ont été survolées et n'ont pas fait l'objet d'annonces. Le volet énergétique suffira-t-il à apaiser les esprits ? 
  • Le gouvernement va-t-il se pencher sur le cas particulier de la Réunion, où le mouvement a pris très vite une ampleur inédite ? 
  • Si le gouvernement a condamné les violences envers les policiers, se penchera-t-il sur la question des violences policières

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