Confinement : Des restaurateurs de Touraine préparent des repas pour les personnels des Ehpad

Au centre Olivier et Alice Loize patrons de l'hôtel restaurants La mère Hamard / © Joséphine Loize
Au centre Olivier et Alice Loize patrons de l'hôtel restaurants La mère Hamard / © Joséphine Loize

À Semblançay, au nord-ouest de Tours, Olivier et Alice Loize sont les patrons de l'hôtel-restaurant La mère Hamard, une institution tourangelle. Malgré la fermeture de leur établissement, avec l'aide de la mairie, ils préparent des repas pour les personnels soignants des Ehpad de leur commune.

Par Patrick Ferret et Cécile Mette

Semblançay est une commune située à une quinzaine de kilomètres au Nord-Ouest de Tours. La mère Hamard, hôtel trois étoiles et restaurant référencé dans le guide Michelin ou le Gault et Millau, est une véritable institution en Touraine.

Alice et Olivier Loize en ont pris les rênes il y a 4 ans. Avec la crise sanitaire, ils traversent une période de grande incertitude : "La fermeture nous coûte 30 000 euros par mois, dont le loyer et les remboursements bancaires. Nos 8 salariés sont en chômage partiel, mais on n’a toujours pas vu arriver les aides, c’est très long… Nous, en tant que patrons, on n’a rien, on n’est pas indemnisés, on n’a pas droit au chômage, alors on vit comment ?", s’inquiète Alice, la directrice de La mère Hamard.

Pour affronter ces deux mois de fermeture, Alice et Olivier ont contracté un nouvel emprunt de 60 000 euros auprès de leur banque. Mais toujours pas la moindre information sur la date et les conditions d’une réouverture :

Si l’on doit rouvrir avec dix couverts et un cinquième de nos chambres, on va droit dans le mur. On ne va pas pouvoir réembaucher nos salariés, c’est très inquiétant.

De la solidarité malgré les difficultés

Alice est tellement angoissée qu’elle a déjà commencé à consulter les petites annonces, à la recherche d’un nouvel emploi. Mais cette situation pour le moins douloureuse ne l’empêche pas de faire preuve de solidarité à l’égard des personnes en première ligne dans cette crise sanitaire.

Avec Olivier, son mari et chef-cuisinier, ils ont préparé le 10 avril, 135 repas pour les personnels soignants des Ehpad de Semblançay et de la Membrolle-sur-Choisille, ainsi que pour les soignants et résidents de l’institut médico-éducatif de La Source (établissement qui accueille des enfants et adultes handicapés).  Et ils s’apprêtent à remettre le couvert ce vendredi 24 avril.
le personnel de l'EHPAD de la Membrolle sur Choisille où des repas ont été livrés. / © Mairie de Semblançay
le personnel de l'EHPAD de la Membrolle sur Choisille où des repas ont été livrés. / © Mairie de Semblançay
"On y pensait et on se demandait comment faire quand on a été contacté par notre maire", raconte Alice. "Il a proposé de prendre en charge le coût des matières premières, et nous a demandé si on était d’accord pour cuisiner."

"On a souhaité remercier les personnels de ces trois établissements en payant les matières premières, et nous nous sommes associés avec la mairie de La Membrolle-sur-Choisille", explique Antoine Trystram, maire de Semblançay.

"Les patrons de la mère Hamard apportent leur savoir-faire culinaire et nous nous chargeons ensuite de la livraison." 
L’idée est d’associer les producteurs et commerçants locaux à cette initiative : "Nous ne prenons que des produits en circuit court. Et il y aussi des gestes de solidarité et de générosité. L’épicière de Semblançay, par exemple, nous a offert les fraises pour le dessert lors de la première livraison", poursuit Antoine Trystram.
Antoine Trystram, le Maire de Samblançay, dans les cuisines de La Mère Hamard / © Mairie de Semblançay
Antoine Trystram, le Maire de Samblançay, dans les cuisines de La Mère Hamard / © Mairie de Semblançay
Et Alice Loize de conclure : "C’est une belle initiative, on a fait à manger pour 140 personnes avec 400 euros. C’est beaucoup de boulot, mais au moins on n’a pas l’impression de perdre notre temps, ça nous donne de l’énergie. Si l’idée pouvait être reprise par d’autres mairies, je pense que tous les restaurateurs seraient ravis d’y participer. Si on n’a pas envie de faire plaisir, il faut changer de métier !"

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