Confinement : ses ventes ayant été multipliées par trois, un maraîcher d'Indre-et-Loire vient de créer un drive

Manger "local" n'a jamais eu autant de sens. Un maraîcher d'Indre-et-Loire a multiplié par trois les ventes dans son distributeur de légumes, fruits et produits locaux. Pour faire face, il vient de créer un "drive".
En pleine crise sanitaire, les français changent leur façon de consommer.

Prise de conscience ou crainte ? Ils se tournent de plus en plus vers les producteurs locaux.

Chez les Tarnier, on est maraîcher à Beaulieu-les Loches en Indre-et-Loire depuis quatre générations. Jérôme Tarnier cultive des légumes de saison : salade, carottes, choux, poireaux, endives, courgettes, aubergine, tomates… La production est vendue sur les marchés, dans les GMS (Grandes et Moyennes Surfaces) et dans trois magasins de producteurs (autour de Tours et en Loir-et-Cher).

La Cabane des 4 saisons privilégie les circuits courts

En 2017, Jérôme Tarnier a créé un distributeur automatique de produits frais et locaux. Les 400 casiers sont approvisionnés par des producteurs locaux : on peut y trouver légumes, fruits, fromages, yaourts, oeufs et pain. Ils sont accessibles 7 jours sur 7 de 6 h à 23 h.

Il y a des ventes à toutes les heures, aussi bien à 22 h qu’à 6 h 30 ou en journée. L’amplitude des horaires permet de satisfaire une clientèle plus ou moins jeune, disponible pour consommer dans les créneaux horaires habituels, une clientèle qui n’aime pas aller au marché parce que les horaires ne lui correspondent pas.

Depuis le début du confinement, les ventes dans la boutique de la Cabane des 4 saisons ont été multipliées par trois. C’est en soi une excellente nouvelle pour le commerçant, mais cela lui a posé un sérieux problème : comment pouvait-il assurer le respect des gestes barrières et préserver la santé de tous, clients comme employés avec telle fréquentation ?

Pour continuer à servir les clients, des règles ont été mises en place dans la boutique : pas plus de trois personnes simultanément dans le commerce et une seule personne par foyer. D’autre part, le local et les casiers sont nettoyés très régulièrement dans la journée.

Les habitants de la région parisienne qui ont une résidence secondaire sont venus passer le confinement dans la région. Du coup, la population est augmentée. C’est une clientèle supplémentaire que nous n’avons d’ordinaire que durant les vacances.

Des habitudes de consommation qui changent

"Avec cette crise sanitaire, les gens reviennent aux sources. Ils se remettent à acheter des pommes de terre pour faire une purée et des carottes pour les râper ou acheter des oeufs pour faire une omelette. Les gens avaient oublié tout ça. D’un côté, la situation actuelle les inquiète et de l’autre, ils ont du temps. Alors ils cuisinent davantage et nous pouvons leur proposer les produits de base."

Un site internet pour le "drive"

Devant l’affluence des clients et pour éviter que ceux-ci attendent trop longtemps dehors, Jérôme Tarnier a décidé de proposer un nouveau service : un "drive".
Le principe est simple : les clients composent leur "panier" sur le site internet avec au choix : des légumes, des fruits, des fromages de chèvre, des yaourts et des œufs, et ils viennent ensuite chercher leur commande.

En 24 heures, nous avons eu plus de 50 commandes. Nous n’étions pas prêts à tel succès. Nous avons dû embaucher une personne pour préparer les colis.

Les colis sont disponibles à côté de la boutique (qui se situe sur l’exploitation) du lundi au vendredi de 11h à 12h et de 16h à 18h et le samedi de 11h à 12h, hors jours fériés. Ils peuvent aussi venir les récupérer sur les marchés :Pour les retraits sur les marchés, la commande doit être effectuée au plus tard la veille avant 13h pour le lendemain.

Et après la crise ?

Pour Jérôme Tarnier, un partie de la clientèle continuera à s’approvisionner chez lui car elle aura pris d’autres habitudes. Il pense qu’il y aura "un avant et un après".

Les gens se remettent à cuisiner pour leur famille. Les valeurs sont-elles en train de changer ? L’avenir le dira. Les gens reviennent aux sources, ils veulent savoir ce qu’ils mettent dans leur assiette. Pour l’agriculture, cette crise a du bon.

L’exploitation emploie 17 salariés à l’année et 10 saisonniers.
 
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