DEPARTEMENTALES 2021 en Indre-et-Loire : la droite en ballotage favorable, la gauche résiste

La majorité sortante de centre-droit est arrivée en tête dans 11 des 19 cantons d'Indre-et-Loire lors du premier tour des élections départementales. La gauche est arrivée en première position dans le reste des cantons.   

Photo d'illustration.
Photo d'illustration. © Alain Jocard/ AFP

Comme un air de déjà vu. En Indre-et-Loire, la majorité sortante est sortie grande gagnante du premier tour des élections départementales ce dimanche 20 juin. Les élus du centre-droit sont arrivés en première position dans 11 cantons sur 19. L'opposition de gauche s'est placée quant à elle en tête dans les 8 autres, notamment dans les quatre cantons de Tours. 

Avec un taux d'abstention record de 69,12 %, contre 49,12 % en 2015, aucun candidat du département n'a été élu dès le premier tour. 

Jean-Gérard Paumier et Wilfried Schwartz en tête 

Le président du conseil départemental Jean-Gérard Paumier (LR), favori à sa réélection pour le canton de Saint-Pierre-des-Corps avec Eloïse Drapeau, est arrivé sans surprise en tête avec 51,03 % des voix. Derrière lui les candidats de la gauche Hicham Khabbich et Elisabeth Maugars avec 38,41 %. Les deux listes sont en ballotage pour le second tour.

Interrogé par France 3 Centre-Val de Loire, Jean-Gérard Paumier s'est félicité de son résultat, en hausse par rapport à 2015 (39,04 % au premier tour). Il s'est en revanche plaint des problèmes de distribution de certaines professions de foi (circulaires électorales) dans le département.

Après le dépouillement des bulletins de vote, le président de la Métropole Wilfried Schwartz (DVG) et Solène Marchand sont arrivés largement en tête du canton de Ballan-Miré avec 58,71 % des voix. Derrière eux la liste Divers droite de Sébastien Clément et Marie Peinoche avec 27,18 %. Les deux listes se retrouveront ainsi au second tour des élections le 27 juin prochain. 

Majorité socialiste et écologiste à Tours 

A Tours 1, le candidat sortant UCD Xavier Dateu se présentait face à Cécile Chevillard (LR) et à Tatiana Cordier-Royer (Union de la Gauche), co-présidente du centre LGBTI de Touraine. Xavier Dateu n'est arrivé que 6e, avec 6,76 % des voix. C'est finalement Tatiana Cordier-Royer et Bertrand Renaud (UG) qui sont arrivés en tête avec 26,05 % et qui affronteront le binôme de droite Cécile Chevillard-Brice Droineau au second tour.  

A l'instar du canton de Tours 1, la gauche ou les écologistes sont arrivés premiers dans les trois autres cantons de la ville, talonnés par la droite à Tours-2 et 3. Face aux socio-écologistes Franck Gagnaire et Sabrina Hamadi à Tours-4 (34,77 %), la République en Marche a réalisé son seul ballotage du département : Loïc Guilpin et Céline Oudry ont obtenu 19,77 % des voix et retrouveront leurs adversaires lors du second tour. 

Les résultats définitifs à Amboise, Chinon, Joué-lès-Tours et Montlouis-sur-Loire

A Amboise, c'est la liste Divers gauche qui a pris l'ascendant. Rémi Leveau et Anne Truet se sont retrouvés en première position avec 30,72 % des voix, juste devant la liste Divers droite, portée par Marie Arnoult et Jocelyn Garçonnet. Le binôme a ainsi récolté 29,10 % des voix. Au coude-à-coude pour ce premier tour, les deux listes s'affronteront à nouveau la semaine prochaine.

A Chinon les candidats Divers droite Franck Chartier et Isabelle Pavero-Raimond sont arrivés en tête avec 47,81 % des voix, devant les candidats Divers gauche et écologistes Louise Gachot et Maxime Nizou à 35,40 %. Les deux listes sont en ballotage pour le second tour. 

Candidat à sa réélection, le 5e vice-président du Conseil départemental d'Indre-et-Loire Judicaël Osmond (Divers droite) est arrivé en tête avec Valérie Turot dans le canton de Joué-lès-Tours avec 49,39 % des voix. Derrière eux, Nadia Bureau et Karim Chettab (Union de la gauche) ont obtenu 28,97 %. 

Du côté de Montlouis-sur-Loire, ce sont Agnès Monmarché-Voisine et Laurent Thieux (PS) qui se sont placés en première position avec 44,25 % des voix. Ils retrouveront au second tour Marie-Martine Champigny et Jean-Bernard Leloup (DVD), arrivés en seconde position ce dimanche 20 juin avec 30,73 %.  

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Indre-et-Loire : une participation en chute libre

Initialement prévu en mars dernier, le double scrutin des élections régionales et départementales a débuté ce dimanche 20 juin 2021, le deuxième tour se déroulant le 27 juin prochain. En Indre-et-Loire, département dirigé depuis 2015 par une majorité de centre-droit, avec à sa tête Jean-Gérard Paumier, les électeurs ne se sont pas bousculés aux urnes.

A l'image de l'Eure-et-Loir, l'Indre-et-Loire a fait lui aussi figure de mauvais élève dans la région. En Centre-Val de Loire, le taux de participation aux élections départementales et régionales s'élevaient à 17h à 26,76 %. Ce même taux s'élevait à 23,70 % en Touraine contre 46,15 % à la même heure en 2015. A titre de comparaison, le taux de participation national à ce double scrutin s'élevait à 26,72 % à 17h. Une participation qui s'est effondrée par rapport aux régionales (43,01 %) et départementales de 2015 (42,75 %), selon les chiffres du ministère de l’Intérieur.

Selon une première estimation communiquée par Ipsos / Sopra Steria, le taux d'abstention s'élèverait à 67 % en Centre-Val de Loire, en hausse de 17 points par rapport à 2015. Au niveau national, ce taux s'élèverait à 66,1 %. Un dossier d'analyse constitué par la même agence statistique évoque les raisons de l'abstention. Sur un échantillon représentatif de 3001 électeurs, interrogés entre le 16 et le 19 juin, 39 % des abstentionnistes qui se sont déclarés disent ne pas aller voter "parce qu'[ils] pensent que ces élections ne changeront rien à leur vie quotidienne". Un résultat qui témoigne d'un manque de pédagogie sur les compétences attribuées aux régions et départements, qui influencent en réalité beaucoup sur notre quotidien.

 

 

Mais les deuxièmes et troisièmes raisons les plus fréquemment citées attestent du caractère très politique, voire revendicatif de l'abstention. 23 % des abstentionnistes estiment en effet par ce biais "manifester leur mécontentement à l'égard des hommes politiques en général". Enfin, 22 % disent ne pas être allés voter "parce qu'aucune liste ou aucun candidat ne leur plaît".

Selon des résultats partiels sur 24,35 % des inscrits, le président sortant François Bonneau (PS) serait en tête des élections régionales dans l'Indre-et-Loire avec 23,94 %, juste devant le candidat RN Aleksandar Nikolic à 21,89 %. Derrière eux Nicolas Forissier (LR) à 17,97 %, Marc Fesneau (LREM-MoDem) à 16,17 % et Charles Fournier (EELV) à 11,90 %.

 

 

Les enjeux des cantons du département

Jean-Gérard Paumier, président du Département depuis 2016, se présentait à sa succession dans le canton de Saint-Pierre-des-Corps. Il faisait équipe avec Eloïse Drapeau, maire adjointe de la ville. Communiste depuis 100 ans jusqu'aux élections municipales en 2020, la ville de Saint-Pierre-des-Corps détient un double profil sociologique : d’un côté la tradition ouvrière d'une partie de la ville et de l’autre, la commune résidentielle de Saint-Avertin. 

Président de Tours Métropole mais également maire de La Riche, Wilfried Schwartz se présentait en binôme pour la gauche avec Solène Marchand pour le canton de Ballan-Miré. Il était opposé à son conseiller municipal de la majorité à la ville de La Riche, Sébastien Clément, adhérent LREM. Ce dernier étant soutenu par la majorité sortante de Jean-Gérard Paumier.

 

 

A Tours 1, le candidat sortant UCD Xavier Dateu se présentait face à Cécile Chevillard (LR) et à Tatiana Cordier-Royer (Union de la Gauche), co-présidente du centre LGBTI de Touraine.

Le bilan des élections 2015

L'élection des réélections en Indre-et-Loire ? Sur les 38 conseillers sortants, 27 se représentaient pour ce premier tour des départementales. Un premier tour où la droite jouait gros : à la faveur d'un rejet de la politique du gouvernement socialiste, le département avait basculé à droite en 2015.

Ces six dernières années, l'union LR-UDI-Divers droite a régné avec 30 sièges sur 38.  La majorité départementale a tenu : aucun binôme de droite ne sera concurrencé par quelqu'un de son propre camp. A une exception près : en 2015, le binôme Xavier Dateu (Nouveau Centre) - Cécile Chevillard (Les Républicains) était élu dans le canton de Tours-1. Cette année, les deux partiront séparément.

Traditionnellement socialiste, le canton de Montlouis-sur-Loire pouvait cette année changer de couleur. Le conseiller départemental sortant Patrick Bourdy (PS) ne se représentait pas. Sa binôme Agnès Monmarché-Voisine (PS) elle se représentait, aux côtés de Laurent Thieux. La droite et le centre, unis, compte faire basculer le canton. De son côté, le Rassemblement national espérait poursuivre sur la bonne lancée des élections précédentes : de 17,10 % en 2011, ils étaient passés à 23,05 % aux élections départementales de 2015.

 

 

Du côté de la gauche, l'union était assez distendue. Sur les 19 cantons du département, deux n'avaient pas de candidats de gauche, et dix n'étaient convoités que par un seul binôme de gauche. Sur les sept autres cantons, socialistes, écologistes, insoumis et l'extrême-gauche se concurrençaient. Langeais voit s'affronter une liste écologiste, une d'union de la gauche et une dernière divers gauche. Au moins deux binômes de gauche étaient ainsi candidats dans trois des quatre cantons de Tours (la ville avait été emportée par Emmanuel Denis grâce à l'union des forces de gauche aux municipales en 2020).

Toujours à Tours (1 et 4), La République en Marche présentait deux binômes, les seuls du parti présidentiel dans le département. 

Bien plus ambitieux, le Rassemblement national comptait un binôme dans chaque canton, dont six étiquetés "Union de l'extrême droite" par la préfecture.

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