Indre-et-Loire : paroles de députés sur le texte de loi concernant la maltraitance animale

Après une semaine de débats intenses (près de 500 amendements), la proposition de loi sur la maltraitance animale a été adoptée à une très large majorité. Certains dénoncent des oublis majeurs, d'autres saluent de réelles avancées. Entretien avec deux députés LREM qui ont participé aux débats

Députés d'Indre-et-Loire dans la majorité présidentielle, Philippe Chalumeau et Daniel Labaronne se félicitent tous deux de l'adoption de cette proposition de loi sur la maltraitance animale.

"On a réussi à sortir un texte important, se réjouit Philippe Chalumeau, c'est le premier texte de loi véritablement centré sur la question du bien-être animal. Ce sujet monte dans notre société, il touche à la bienveillance, à l'attention aux autres et à notre planète. C'est une question philosophique..."

Daniel Labaronne estime, quant à lui, qu'"il y a des situations qui ne sont pas admissibles, des pratiques auxquelles il faut mettre un terme, qui manifestement ne vont pas dans le sens d'une bien-traitance animale. Je suis très satisfait du vote d'une telle proposition de loi."

"J'en suis très heureux, ajoute Philippe Chalumeau, car c'est un travail que j'ai fait avec des personnes de ma circonscription, des associations, dont Code Animal. Nous avons eu de nombreux échanges très productifs."

Et il faut bien admettre que, sur certains amendements, le Député LREM de la 1ère circonscription a pris position contre le gouvernement....ce qui lui a valu d'être salué par les associations qui défendent la cause animale :

"Notre société doit vraiment progresser sur ces questions, reprend Philippe Chalumeau. Sur les nouveaux animaux de compagnie, les NAC, par exemple, il est évident qu'il fallait aller plus loin que la réglementation actuelle. On nous accuse d'être des députés godillots, mais ce n'est pas le cas, il y a forcément des sensibilités différentes dans le groupe. Si je crois à quelque chose, je le défends en tant que parlementaire. On a le droit d'exprimer son opinion, même si elle n'est pas exactement celle de l'éxécutif. C'est un vote d'intime conviction."

Daniel Labaronne, pour sa part, n'a pas reçu les félicitations des "animalistes", car il a exprimé des réserves sur plusieurs points de la proposition de loi :

"On veut interdire les delphinariums, mais que va-t-on faire de nos 22 dauphins, que vont-ils devenir?  Je n'obtiens pas de réponse satisfaisante. Et puis on met en avant un tas d'arguments scientifiques, mais rien qui  prouve vraiment que ces dauphins vivent un calvaire dans ces grands parcs, ça me gêne un peu..."

Voisin du zoo-parc de Beauval, le Député de la 2ème circonscription redoute, aussi, que le rêve de certains ne devienne réalité :

"J'ai rappelé que 21 millions de français visitent les parcs zoologiques. Attention à ne pas mettre le doigt dans l'engrenage et finir par supprimer les zoos. Attention à ne pas considérer que, dès lors qu'un animal est en captivité, il est en situation de maltraitance."

Certains militants de la cause animale ont, dès avant les débats, dénoncé l'absence dans ce texte de sujets aussi importants que la chasse, l'élevage intensif ou encore la corrida.

Philippe Chalumeau s'en explique ainsi :

"Pour ne pas avancer, il suffit de prendre tous les sujets clivants. On aura des manifs partout, au final personne ne sera content. Dresser les gens les uns contre les autres, ce n'est pas l'idée que je me fais de la République. Avec ce texte, on avance, peut-être lentement, mais sûrement."

Et de citer, dans la foulée, les articles concernant le certificat de sensibilisation, la stérilisation des chats errants, la législation des NAC, le renforcement des sanctions en cas de maltraitance ou encore la fin des élevages de visons. "De vraies avancées."

Pour Daniel Labaronne, "Il faudra sans doute qu'on se repenche sur la question de la maltraitance animale, dans un cadre élargi, qui prenne en compte toutes les dimensions de cette question. Mais, sur la question de la chasse, le Président de la République a été très clair, on n'y touche pas. C'est un choix politique, on peut ne pas être d'accord avec les associations animalistes sur telle ou telle pratique."

 

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