Inflation : le compte n'y est pas pour les circuits courts malgré des prix stables

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Écrit par Sarah Nedjar .

Entre les légumes et les fruits, le prix de l'alimentaire a bondi de 6,2% au mois d'octobre. En Touraine, les vendeurs de paniers de produits locaux font le choix de stabiliser leurs prix, mais regrettent une nouvelle clientèle trop décousue malgré des tarifs avantageux.

Haricots verts, choux, poireaux, échalottes : les 120 paniers de légumes préparés chaque semaine par Clara Dupré évoluent selon les saisons. "La clientèle aussi" précise la maraîchère, installée à Fondettes, près de Tours. Alors que le prix de l'alimentation a flambé de 6,2% au mois d'octobre, la ferme bio affiche toujours les mêmes tarifs - les produits locaux dépendent moins des coûts du transport, et donc du carburant. Pourtant, les clients en quête d'économies ne se tournent pas toujours vers le local pour limiter les dépenses.

Il y a de nouvelles têtes depuis l'inflation, certes. Mais le phénomène est timide : les achats des clients sont très irréguliers, et les écarts de dépense se ressentent plus qu'avant.

Clara Dupré, maraîchère en Touraine

Le coût de culture des légumes a pourtant augmenté pour les producteurs de Touraine : environs 5 % en raison de l'électricité et de l'achat des graines. "Nous faisons le choix de ne pas augmenter nos tarifs pour fidéliser notre clientèle, mais cet effort porte peu ses fruits" poursuit Clara Dupré. La maraîchère ironise même "ça n'est pas une histoire d'argent, certains ont du pognon mais achètent en grande surface ! Nous avons eu un vrai boum pendant le Covid, à ce moment là, on pouvait vivre de notre travail."

Les commerçants locaux délaissés depuis le déconfinement ?

Si les producteurs de légumes ressentent une légère reprise des ventes de leurs paniers locaux, celle-ci est loin d'être aussi conséquente qu'à l'époque du confinement. "Cette période a marqué une hausse de 30% de la consommation locale : ces nouveaux clients sont tous partis avec le temps" analyse Julie Joyez de l'association INPACT 37 (Initiative pour une agriculture citoyenne et territoriale). Elle ajoute que les clients restés fidèles ont également changé leur mode de consommation. "Le coût du panier moyen a baissé, on a tendance à moins acheter en quantité, et peut-être moins gaspiller."

Du côté de Montlouis-sur-Loire, l'exploitation Le Biotope fait le même constat : l'un de ses co-gérants, Yann Gouin, explique même ne plus arriver à suivre les habitudes des consommateurs.

Il y a bien quelques nouveaux clients, mais les ventes sont en dent de scie. On achète beaucoup d'un coup, puis on ne revient pas pendant des semaines. Et nous, producteurs, nous faisons l'effort de ne pas monter le prix sur ce qu'on produit sur place.

Yann Gouin, producteur de légumes bio

En région Centre-Val de Loire, on estime que les ménages consomment 6,6% de produits alimentaires locaux et bio.

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