À Joué-lès-Tours, le collège Beaulieu bloqué depuis trois jours par les professeurs et les élèves

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Écrit par Thomas Hermans avec Philippe Tanger

Depuis mercredi 26 janvier, enseignants, parents et collégiens bloquent leur établissement main dans la main, pour protester contre la probable fermeture d'une classe de 3e en 2022. La faute à une baisse de dotation horaire de l'académie.

Depuis mercredi, c'est l'école buissonnière pour les élèves du collège Beaulieu de Joué-lès-Tours, en Indre-et-Loire. L'équipe pédagogique a ainsi décidé de bloquer l'établissement, épaulée par des parents et des élèves. En cause : une baisse du nombre d'heures accordées par l'académie d'Orléans-Tours, 36 heures de moins à la rentrée 2022 selon les enseignants.

Le calcul est simple : une classe, c'est 26 heures par semaine, plus 3 heures d'une option. Ce qui laisse encore 7 heures à supprimer pour tomber juste après la baisse de dotation horaire de l'académie. Résultat : "On va devoir rogner sur nos options et sur l'accompagnement personnalisé des élèves", en plus de la suppression d'une classe, regrette Marc Labbay, professeur de mathématiques, venu prendre sa place au sein de la contestation devant les grilles du collège ce vendredi 28 janvier au matin.

"Des poissons dans l'eau, pas des sardines en boîte"

Contactée par France 3 mais injoignable ce matin, la direction académique a pourtant fait un geste. Après avoir rencontré l'équipe pédagogique mercredi, 15 heures ont été accordées au collège. Pas assez pour sauver la classe, selon Romain Vilaud : "Soit on sacrifie les options, l'anglais renforcé, l'espagnol renforcé, le grec, l'option sport, et on se pose la question pour les langues comme le portugais et l'allemand. Ou alors supprime une classe et on a 30 élèves par classe", résume le professeur de géographie, manifestant ce vendredi matin devant les grilles du collège. "Nous, on ne veut pas faire ce choix."

Retrouvez le reportage de Philippe Tanger et Luc Pérot :

Alors ce matin, le désarroi des concernés s'affiche sur des pancartes, brandies par des élèves venus eux-aussi montrer leur désaccord. "Classe trop remplie = mal instruits", peut-on lire sur l'une d'entre elles, tandis qu'une autre revendique : "En classe comme des poissons dans l'eau, pas comme des sardines en boîte."

Collège + Covid - 1 classe = blocage

Car c'est bien la problématique des sureffectifs qui semble inquiéter le plus les concernés. Les élèves répartis en cinq classes en 4e devront se serrer dans seulement quatre classes en 3e. Une décision prise par l'académie à cause de la perte d'une quarantaine d'élèves par le collège depuis 2019. "Sauf que cette année on ne perd pas d'élèves, et on a plutôt tendance à en récupérer en 3e", conteste Marc Labbay. 

Perte d'options, sureffectifs... une double peine à laquelle s'ajoute un bagage pédagogique un peu particulier. "Ma fille est en 4e, elle a connu le Covid depuis sa 6e avec des cours en distenciel et une scolarité compliquée", explique Matthieu Jouannard, père venu soutenir les revendications de l'équipe pédagogique. Pour lui, "passer à 30 par classe l'année du brevet sur une promotion qui a fait trois ans de covid" revient à "sacrifier encore les enfants sur une question de moyens". 

Ce vendredi 28 janvier, 32 professeurs sur les 35 de l'équipe pédagogique étaient en grève. Preuve que leur motivation reste intacte.