Saint-Pierre-des-Corps : une enquête préliminaire confiée à l’IGPN après des soupçons de violences policières

Des faits de violences policières auraient eu lieu le 10 avril à Saint-Pierre-des-Corps. / © Joël PHILIPPON / MaxPPP
Des faits de violences policières auraient eu lieu le 10 avril à Saint-Pierre-des-Corps. / © Joël PHILIPPON / MaxPPP

Une enquête préliminaire a été confiée à l'IGPN pour des faits de suspicion de violences policières le 10 avril à Saint-Pierre-des-Corps, en Indre-et-Loire.

Par Barbara Gabel

Ce mardi 21 avril, l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) a été saisie par le procureur de la République de Tours, Grégoire Dulin, pour des soupçons de violences policières sur un homme de 26 ans à Saint-Pierre-des-Corps (Indre-et-Loire).

Le témoignage de Mohamed, sapeur pompier volontaire, a été recueilli et partagé par la journaliste Sihame Assbague sur Twitter, dans lequel le jeune homme affirme avoir été gazé et frappé par des policiers en sortant de chez lui pour aller faire un jogging le 10 avril.
 

 


Sur ma route, j’ai croisé des amis assis sur un banc. Alors que je venais de les saluer, une voiture de police est arrivée. Les gens qui étaient là ont fui en voyant la police. Moi, je suis resté parce que j’avais mon attestation et que j’allais faire mon footing. Je pensais que tout irait bien. (...) Je sors mon téléphone pour filmer. Un policier s’approche, sort sa gazeuse et l’utilise sur moi, à moins d’un mètre (...) Les policiers m’ont coursé. Ils ont lâché leur chien contre moi. Je suis tombé alors j’ai arrêté de courir. Je leur ai dit "pourquoi vous m’avez gazé ?" Un des policiers m’a mis une droite. Là j’ai compris que j’étais foutu (...)
Extrait du témoignage de Mohamed, 26 ans, recueilli par la journaliste Sihame Assbague
 

Une audition ces prochains jours

La victime aurait écopé de 10 jours d'ITT et déposé plainte. Si le procureur de la République de Tours, Grégoire Dulin, assure à ce jour n’avoir pas reçu la plainte au parquet, il a décidé de saisir l’IGPN dès ce mardi 21 avril face au partage massif de cette vidéo sur les réseaux sociaux. "La priorité, c’est de savoir si les accusations qu’il porte à l’encontre de la police nationale sont vraies ou pas. L’IGPN est à la recherche de tous les éléments pour essayer d'identifier les intervenants et les éventuels témoins sur place."

L’enquête préliminaire pourra durer entre deux et six semaines. "Si les accusations sont exactes, on verra s’il y a une infraction pénale qui est constitué. Dans le cas inverse, il s’engage à des faits de dénonciations mensongères." Par ailleurs, l’audition de la victime présumée doit avoir lieu cette semaine ou en début de semaine prochaine, assure le procureur.
 

Plainte déposée par son avocat

Selon Me Samim Bolaki, l’avocat de Mohamed, une plainte a bien été déposée pour violences volontaires aggravées par personne dépositaire de l'autorité publique, en réunion, avec usage ou menace d'une arme. "En période de confinement, les services postaux fonctionnent au ralenti et les lettres recommandées avec accusé de réception ne sont plus distribuées. Donc on a que des lettres simples qui ne nous permettent pas de vérifier s’il y a accusé de réception ou pas."

Mais Me Samim Bolaky affirme avoir "échangé avec la personne en charge de l’enquête ouverte par l’IGPN et transmis la plainte par mail." Il se dit "satisfait" que l’IGPN a été saisi. "Ce n’est pas le cas pour tous les dossiers", assure l’avocat en charge de plusieurs faits de soupçons pour violences policières pendant le confinement, notamment sur Sofiane dans la commune des Ulis (Essonne), dont la vidéo a été massivement partagée. "Dans ce dossier, ma demande d’ouverture d'enquête auprès de l’IGPN n’a pas eu de suite."


Selon son avocat, Mohamed devrait être vu par les services médicaux-judiciaires ce jeudi 23 avril au matin pour attester "d’un certain nombre de blessures au visage, au cou et sur le torse".
 

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