Aux Assises du Journalisme, le défi de redonner aux Français l'envie de s'informer

À Tours, la seizième édition des Assises du Journalisme s’interroge sur la perte du goût pour l’information. Jusqu’au 1er avril, les professionnels débattront de sujets cruciaux, tel l’indépendance des médias.

Retrouver l'appétence pour l’information, c’est le thème choisi cette année par les organisateurs des seizièmes Assises du Journalisme de Tours. "Trop anxiogène"... "pas assez impartiale"..., le constat est affligeant : selon une enquête de l’Institut ViaVoice publiée ce mardi 28 mars, 32 % des Français ont perdu l'envie de s'informer ces trois dernières années.

Jérôme Bouvier, président de l'association Journalisme et Citoyenneté, explique que les Français se sont détournés de l’actualité, après le Covid. Selon lui, "un tiers des citoyens ont coupé le robinet de l’information et préfèrent se réfugier dans les réseaux sociaux." 

Serait-ce dû à la pauvreté des contenus proposés ? Selon Lucile Berland, journaliste d’investigation depuis 8 ans, la question de l’indépendance des médias est primordiale : "90 % des télévisions privées sont dans la main de 11 milliardaires, qui détiennent plus de 57% de la part d’audience."

Pluralité des médias et moyens de l'information

L'étude révèle également que les gens ne veulent plus payer pour de l’information. "Il faut écrire des dépêches à la chaîne", poursuit la journaliste. Elle estime que les journalistes "se tirent une balle dans le pied", n'ayant "ni le temps, ni les moyens pour traiter les sujets" : 

La qualité de l’information est souvent insuffisante car les médias sont sous-financés. Mais les citoyens ont une part, également, de responsabilité. Il faut aller chercher des médias indépendants.

Lucile Berland, journaliste d'investigation

Le sociologue Jean-Marie Charon, qui a publié récemment Hier journalistes, ils ont quitté la profession, s’est focalisé sur les désabusés de la profession. Il trouve "inquiétant de voir des jeunes journalistes se reconvertir au bout de seulement cinq ans de carte de presse, invoquant le manque de travail sur le terrain, le fait que le travail soit très guidé, et une hiérarchie verticale."

"Fort heureusement, certains pigistes développent des projets communs, des collectifs se constituent, tel qu'Informer n’est pas un délit, ou d’autres..", remarque Lucile Berland, qui se prépare à animer mercredi 29 mars un débat intitulé "Des solutions législatives pour garantir la pluralité des médias".

Petit point positif de l'étude de ViaVoice : pendant que 32% des Français perdaient le goût de s'informer, 26% ont vu leur envie d'information, à l'inverse, s'accentuer. Pendant les Assises, jusqu'au 1er avril, les journalistes plancheront sur d’autres pistes pour retrouver le goût d’informer et de s'informer, comme le fact-checking ou la représentation des minorités. 

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