Une épidémie "d'une ampleur inédite" de contaminations à E. coli avait frappé la France début 2022, provoquant des cas d'insuffisance rénale chez des enfants. Deux enfants étaient morts, et une fillette était tombée dans le coma à Tours.

Nestlé France et une de ses filiales ont été mis en examen, les 2 et 4 juillet, dans l'enquête sur le scandale des pizzas Buitoni contaminées à la bactérie E. coli, selon un communiqué de l'entreprise. Les pizzas sont suspectées d'avoir rendu des dizaines d'enfants malades et provoqué en 2022 la mort de deux enfants. Selon une porte-parole de la marque, les chefs de mise en examen sont "homicide involontaire, blessures involontaires et tromperie".

Une information judiciaire avait été ouverte en mai 2022, notamment pour homicide involontaire, blessures involontaires, mise sur le marché d'un produit dangereux pour la santé et mise en danger d'autrui. Elle concernait Nestlé France, et sa filiale exploitant l'usine de Caudry, dans le Nord, où les pizzas étaient fabriquées.

Une fillette dans le coma à Tours

En février 2022, les autorités sanitaires avaient été alertées par la recrudescence de cas d'insuffisance rénale chez des enfants, liés à une contamination par Escherichia coli. "L'épidémie est d'une ampleur inédite en France", déclarait alors Santé Publique France. En Centre-Val de Loire, quatre contaminations étaient recensées.

La Nouvelle République racontait alors qu'une fillette se trouvait dans le coma au CHU de Tours, pour des symptomes similaires aux syndromes hémolytiques et urémiques (SHU) constatés chez les autres personnes contaminées. Son père Mikaël avait raconté sur France Inter "la descente aux enfers" après la consommation par ses deux filles et son épouse d'une pizza surgelée. Après avoir amené la fillette aux urgences, "les reins ne fonctionnaient plus, ça attaquait le cœur, il y a eu deux arrêts cardiaques".

Le 18 mars 2022, Nestlé avait annoncé le retrait des pizzas de la gamme Fraîch'Up, commercialisées depuis juin 2021, après avoir été informé de la présence de la bactérie dans la pâte d'un produit. Le 30 mars suivant, les autorités sanitaires annonçaient avoir établi un lien entre la consommation de ces pizzas et plusieurs cas graves de contamination avant que le préfet du département du Nord n'interdise, deux jours après, la production de pizzas au sein du site de Caudry.

La filiale française du leader mondial de l'agroalimentaire Nestlé avait avancé "une contamination de la farine" comme explication "la plus probable" de la présence de la bactérie sur ses pizzas. Selon la préfecture, des inspections sanitaires ont mis en évidence "la présence de rongeurs" et le "manque d'entretien et de nettoyage des zones de fabrication".

Les familles "attendaient cela avec impatience"

Cette mise en examen est "une étape cruciale dans la compréhension de l'origine de ce drame. Les nombreuses familles que je représente attendaient cela avec impatience", a réagi auprès de l'AFP l'avocat Pierre Debuisson, qui représente une soixantaine de victimes. "Nous ne pouvons qu'espérer que la mise en examen de Nestlé incitera vivement les grands groupes agroalimentaires à renforcer considérablement les contrôles internes afin de garantir la sécurité alimentaire des consommateurs", a-t-il ajouté.

"La justice pénale avance enfin dans cette affaire aux conséquences dramatiques, nous espérons que cela contribuera à dégager toutes les responsabilités, quelles qu'elles soient", a réagi de son côté François Lafforgue, avocat de l'association de défense des consommateurs Foodwatch France.

En parallèle de la procédure judiciaire, "un accord d'indemnisation a été passé avec une soixantaine de familles et des discussions sont toujours en cours avec d'autres", a déclaré à l'AFP une porte-parole de Nestlé France. "Cette démarche amiable a pour objectif d'apporter un soutien immédiat aux familles", a-t-elle ajouté.

L'usine a depuis été revendue par Nestlé à l'entreprise italienne Italpizza.

L'actualité "Société" vous intéresse ? Continuez votre exploration et découvrez d'autres thématiques dans notre newsletter quotidienne.
Tous les jours, recevez l’actualité de votre région par newsletter.
choisir une région
Centre-Val de Loire
France Télévisions utilise votre adresse e-mail pour vous envoyer la newsletter de votre région. Vous pouvez vous désabonner à tout moment via le lien en bas de ces newsletters. Notre politique de confidentialité