Etudiants confinés : "Comme je ne trouve pas de travail, une fois le loyer payé il me reste 100 euros pour vivre"

Dans notre série sur les effets du confinement sur les étudiants, aujourd'hui, nous nous intéressons aux aides alimentaires. Croix rouge, Restos du Coeur, Secours populaire, Halles de Rabelais : tous ont vu le nombre d'étudiants demandeurs de paniers alimentaires s'accroître considérablement.  

La distribution de colis alimentaire par l'association étudiante Les Halles de Rabelais à la Maison des associations de Grandmont à Tours.
La distribution de colis alimentaire par l'association étudiante Les Halles de Rabelais à la Maison des associations de Grandmont à Tours. © Marine Rondonnier-FranceTV

La région Centre-Val de Loire compte 66 000 étudiants dont 3 000 en situation de grande précarité identifiés par les services sociaux de l’Université mais c’est certainement beaucoup plus qui souffrent psychologiquement et financièrement de cette crise.

Episode 2 : Etudiants, les nouveaux bénéficiaires de l'aide alimentaire

Avant la crise sanitaire et économique, 20 % des étudiants vivaient en dessous du seuil de pauvreté. 23 % disaient avoir des difficultés financières.

Avec le confinement, la disparition de nombreux jobs étudiants dans la restauration et l'entretien, les étudiants sont nombreux à avoir recours à l'aide alimentaire. 

"Je ne trouve pas de travail. Et du coup il me reste 100 euros pour vivre après avoir payé le loyer. Je viens donc ici pour pouvoir manger à tous les repas", explique Jessica Miloudi, étudiante en L2 en Histoire de l'art. Elle vient chercher tous les quinze jours pour 4 euros un colis au P'tit Kdi, épicerie ambulante de la Croix rouge et de la Banque alimentaire.

Croix Rouge, Restos du coeur, Secours populaire, toutes les associations d'aide alimentaire ont créé de distributions spécifiques pour les étudiants.

Aux Halles de Rabelais, association étudiante créée en 2009 pour aider les étudiants précaires, on dénombre déjà 215 inscrits. C'est plus en cinq distributions que l'an dernier en une année. "Le principe ici c'est qu'après deux colis, ils doivent aller voir l'assistante sociale de l'Université au Service de santé universitaire." 

Le P'tit K'di distribue des colis de nourriture et de produits d'hygiène tous les quinze jours pour 4 euros sur les 4 sites de l'Université de Tours. Ici aux Tanneurs le mardi soir.
Le P'tit K'di distribue des colis de nourriture et de produits d'hygiène tous les quinze jours pour 4 euros sur les 4 sites de l'Université de Tours. Ici aux Tanneurs le mardi soir. © Marine Rondonnier-France 3 Centre Val de Loire

Effet bénéfique de la crise : un tiers des nouveaux bénévoles sont des étudiants.

Depuis le premier confinement, la Croix rouge Indre-et-Loire a vu arriver 150 nouveaux bénévoles. Cinquante sont étudiants. "Ils ont plus de temps et ne trouvent pas d'emploi alors ils viennent nous aider", constate Anne Jeannin, responsable territoriale de la Croix Rouge 37. 

Anaïs Bourdeloup a 18 ans. Etudiante en première année de psychologie à Tours, elle est devenue bénévole à la Croix rouge en septembre :

Je suis bénéficiaire du P'tit K'di et bénévole en même temps. Être bénévole me permet de sortir de chez moi, de voir des gens et de me rendre utile. Ça fait du bien au moral.

Anaïs Bourdeloup

► 2/4 : Les associations d'aide alimentaire se mobilisent à Tours pour les étudiants : reportage de Marine Rondonnier, Sanaa Hasnaoui et Gilles Engels : 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
témoignage société université éducation solidarité coronavirus/covid-19 santé