Face à la polémique et "l’impossibilité d’assurer la sécurité", le Centre LGBTI de Touraine annule sa marche à Tours

En pleine polémique concernant la mise en place d'un espace de "non-mixité" au sein de son cortège, le Centre LGBTI de Touraine a décidé d'annuler sa marche du 15 mai. En cause, selon son co-président, des menaces représentant un trop grand risque pour les militants.

Photo d'illustration - La marche des fiertés à Paris, le 4 juillet 2020
Photo d'illustration - La marche des fiertés à Paris, le 4 juillet 2020 © EPA/MAXPPP

Depuis le 11 mai, la polémique qu’avait provoqué la mise en place d’un cortège "non-mixte" au sein de la manifestation par le Centre LGBTI de Touraine, enflait petit à petit. Quelques heures plus tard et face à l’ampleur de la protestation, l’association a décidé via un communiqué d’annuler sa marche prévue le 15 mai. Contacté, le co-président Johan Yagger se dit rassuré d’avoir "pris la meilleure décision". "Nous avons reçu énormément de messages, explique-t-il. Certains nous menaçaient directement physiquement. Nous ne pouvions pas maintenir cette marche et prendre des risques pour la sécurité des militants."

En cause, initialement, une "erreur de communication" comme nous le révélait Johan Yagger qui avait tenu a nous expliquer la démarche du Centre LGBTI de Touraine de réserver "une place à la non-mixité" dans le cortège. Jusqu’à ce que cette maladresse "prenne une toute autre ampleur". Quand le maire de Tours, Emmanuel Denis, affiche son soutien sur twitter et dénonce les menaces de mort dont est victime l’association, les oppositions se font de plus en plus fortes au sein de la classe politique.

La presse natiaonale s'intéresse à l'affaire, et l'exécutif lui-même ne tarde pas à réagir. La Déléguée interministérielle à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT, Sophie Élizéon, s'est positionnée auprès de France Bleu : "Avoir une approche qui consiste à présupposer de la couleur de peau d'une personne à sa place, et à supposer du vécu que cette personne aurait pu avoir au regard de cette supposée couleur de peau, c'est une approche raciste que la DILCRAH dénonce." Une prise de position qui fait écho à celle qu'avait exprimé Jean-Michel Blanquer lors de la polémique sur les réunions "non-mixtes" de l'Unef.

Du côté du Centre LGBTI de Touraine, on se dit très touché par les commentaires de haine reçus suite à la polémique. "Il y a eu également beaucoup de soutien face à cette haine", veut tout de même souligner Johan Yagger. Il tient à rappeler que le but premier de la manifestation était d’honorer la journée mondiale de lutte contre l’homophobie et la transphobie qui se tient le 17 mai. Une journée qui "doit appeler à l‘union, la solidarité et l’écoute face aux discriminations".

 

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