Indre-et-Loire : la LPO alerte sur les rapaces victimes de tirs, depuis l’ouverture de la chasse

La Ligue de Protection des Oiseaux Centre-Val de Loire s’inquiète d’une « hécatombe de rapaces victimes de tirs » pendant la saison de chasse.

Dernière victime, un milan royal, une espèce protégée, découvert, le 5 novembre en Indre-et Loire, est mort à cause d’une fracture du fémur due à un plomb après 10 jours de soin. Comme ailleurs en France, les rapaces ne sont pas épargnés pendant la saison de chasse. Si Vincent Licheron, directeur de la LPO Centre-Val de Loire, parle d’ »hécatombe de rapaces victimes de tirs » c’est parce qu’un seul milan royal tué, représente une perte inestimable dans ces populations menacées et strictement protégées.

Trouvé dans les environs de Cigogné, en Indre-et-Loire, cet oiseau  migrateur venu de l’Europe du Nord, passe par la Touraine avant de rejoindre le sud de la France pour y passer l’hiver. Cette espèce protégée au niveau européen, fait l’objet d’un programme de conservation et de suivis spécifiques pour éviter son extinction, car ses effectifs diminuent depuis plusieurs années.

Pour Yves Fionneau, co-responsable avec son épouse, de « Sauve qui Plume », centre de sauvegarde de la faune sauvage en Indre-et-Loire, c’est très difficile de retrouver les auteurs des tirs et les plombs font d’énormes dégâts sur les oiseaux. En septembre c’est une cigogne en Sologne qui a été plombée, en octobre,  période de chasse, un balbuzard pêcheur est récupéré dans le Loir-et-Cher, l’aile fracassée par des plombs. Le milan royal découvert, par un particulier le 5 novembre dernier, vu par un vétérinaire puis pris en charge par un bénévole de la LPO, a été opéré pour une fracture du fémur due au tir de plombs et soigné pendant 10 jours. Il n’a pas survécu.

C’est inadmissible, on ne peut pas confondre une cigogne ou des rapaces avec d’autres oiseaux. Les chasseurs ont des formations pour reconnaitre les espèces et il faudrait sanctionner les auteurs de tirs. Mais un  plomb, ce n’est pas comme une balle c’est  difficilement retraçable. Quand les oiseaux tombent, c’est dans des haies, des champs, Le milan retrouvé avec sa patte cassée près de Cigogné a pu voler un peu donc c’est difficile de retrouver l’endroit où ça s’est passé. 

Concernant ces tirs sur les rapaces, qui continuent, malgré leur protection depuis 1976, Vincent Licheron nous parle de croyances anciennes, toujours vivaces aujourd’hui «  Il y a toujours eu des croyances et des préjugés entourant les rapaces. Ils s’attaqueraient au gibier, aux troupeaux, même aux enfants. Il y a un siècle plusieurs espèces ont failli, disparaître en France, considérées comme « nuisibles », c’était une pratique courante de les tuer mais aujourd’hui ces espèces sont menacées et c’est complètement infondé de dire que les rapaces ont un impact sur le gibier ». Alors, erreur d’identification ou malveillance délibérée, les munitions et les armes utilisées sont les mêmes que pour la chasse et les tirs sur les rapaces sont beaucoup plus fréquents quand  elle est ouverte.

Une étude de la LPO France précise « Au cours des 3 dernières années, 87% des 109 rapaces plombés pris en charge par les centres de soins gérés par la LPO ont été reçus entre début septembre et fin février, soit entre les dates d’ouverture et de fermeture générales de la chasse en France. » En dépit des nombreuses plaintes de la LPO, les auteurs sont rarement identifiés, la majorité des affaires classées sans suite. »Quand jugement il y a les peines prononcées sont le plus souvent clémentes et peu dissuasives ». Pourtant, la destruction d’une espèce protégée est passible de 3 ans d’emprisonnement et de 150 000 euros d’amende.

Une cigogne et 2 rapaces, victimes de tirs en 3 mois, c’est déjà trop et la LPO Centre-Val de Loire en appelle aux instances des chasseurs pour que cessent ces actes qui continuent de décimer des espèces protégées et demande un renforcement des moyens d’investigation de la police de la nature de l’OFB, office français de la Biodiversité ainsi que la formation des juges sur ce sujet.

Si vous trouvez un oiseau blessé, vous pouvez contacter des bénévoles de la LPO Centre-Val de Loire, qui regroupe depuis septembre, toutes les antennes LPO de la région. Le siège est à Saint-Cyr sur Loire en Indre-et-Loire  

Tel 02 47 51 81 84,  www.lpotouraine.fr, touraine@lpo.fr

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