"Nos villes ont un cruel besoin de sortir des logiques de compétitivité, de globalisation" selon le maire EELV de Tours

Chaque année depuis 2003, l'ONG américaine Global Footprint Network calcule la date à laquelle l'humanité est censée avoir consommé toutes les ressources renouvelables disponibles sur Terre.
Pour Emmanuel Denis, "les initiatives écologiques doivent venir des territoires. Nous devons être des labos à idées."
Pour Emmanuel Denis, "les initiatives écologiques doivent venir des territoires. Nous devons être des labos à idées." © GUILLAUME SOUVANT / AFP
Selon Global Footprint Network, nous avons épuisé ce samedi 22 août l'ensemble des ressources que la Terre est capable de régénérer en un an. Ce jour du dépassement de la Terre est la date à partir de laquelle l'humanité vit à crédit et puise dans ses réserves non renouvelables. À ce jour, nous aurions besoin de 1,6 Terre pour assouvir nos besoins. 

C'est cette surexploitation de notre planète que dénoncent dix-neuf maires et présidents de métropoles écologistes, dans une tribune publiée sur le site internet du journal Le Monde : ils défendent "une relance économique au service de la planète". Le maire EELV de Tours Emmanuel Denis fait partie des signataires.

"Il est important de montrer que notre planète est unique et que ses ressources sont limitées. Nous allons trop vite dans notre consommation et nous devons nous réinventer pour ne pas mettre les générations futures en péril", explique-t-il.

Le jour du dépassement de la Terre 2020, retardé par le Covid-19

Cette année, l'épuisement de nos ressources annuelles renouvelables a été retardé de trois semaines par rapport à 2019 (29 juillet). Et bien sûr, l'épidémie de Covid-19 n'y est pas étrangère : les restrictions de déplacement de la population et la réduction de la production ont aidé à la préservation des réserves. "Bien sûr, nous ne devons pas souhaiter revivre une pandémie et un confinement pour sauver la Terre", souligne Emmanuel Denis. "Mais cette expérience nous prouve qu'il est possible de modifier nos comportements."

Agir à l'échelle locale

"Nos villes ont un cruel besoin de sortir des logiques de compétitivité, de concurrence, de globalisation (...) Il y a urgence à engager la relocalisation de nos économies, l'ancrage de nos vies dans nos territoires", plaident les dix-neuf élus, qui réclament aussi plus de moyens au gouvernement pour poursuivre la transition écologique.

Une position que le maire de Tours défend aussi. Pour lui, il est temps de miser sur les communes. 

Les initiatives écologiques doivent venir des territoires. Nous devons être des labos à idées.

Emmanuel Denis, maire EELV de Tours

Au cours de son mandat, l'édile veut travailler sur plusieurs grands axes : la mobilité urbaine, la transition agroécologique, la rénovation thermique des bâtiments ou encore le développement des "low tech". 

"Les low tech, c'est tout l'inverse de l'obsolescence programmée. Il s'agit de travailler sur des produits qui peuvent être réparables, recyclables, réutilisables etc. Nous envisageons d'ailleurs de développer de nouveaux projets avec les écoles d'ingénieurs de Tours."

Pour Emmanuel Denis, "la volonté de toutes les populations" sera toutefois nécessaire pour inventer un nouveau modèle soutenable.
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