Les plus beaux villages de France se trouvent en Indre-et-Loire : découvrez nos 3 coups de cœur

Sur les 174 plus beaux villages de France, les plus beaux, sans être trop chauvin, se trouvent chez nous ! Candes-Saint-Martin, Crissay-sur-Manse, Montrésor... Des pépites qui méritent le détour. Je vous emmène.

Lorsqu'on part en vacances, on veut toujours trouver la merveille qui rendra le séjour le plus unique. Je vous le promets : je l'ai trouvé.

Découvrez ce circuit :

1. Candes-Saint-Martin, une parenthèse en bord de Loire

Partie d'Orléans, c'est après 2h30 de route que j'arrive à destination. Le village se dévoile au fur et à mesure que l'on passe le pont qui enjambe la Vienne. La collégiale, les maisons blanches en pierres de tuffeau, la Loire et les gabares font de cette vue un cliché de carte postale. Je me rends compte que je n'avais jamais vu ce genre de paysage avant. La voiture est garée, c'est le moment de partir explorer.

J'ai trouvé sur internet un plan PDF avec plusieurs circuits : circuit équestre, circuit du patrimoine, Loire à vélo et GR3. Je décide de faire une partie de chaque circuit.

J'apprends que Candes-Saint-Martin est un ancien port de pêche et de batellerie. En effet, lorsque les ponts n'existaient pas, la Loire était l'axe de commerce principal pour les marchandises. L'endroit est stratégique, il est à la confluence de la Vienne et la Loire.

  • Saint-Martin, l'homme au manteau

Avant de rentrer dans la ville, petit point culture... Il faut avouer que le nom n'est pas très original, des "Saint-Martin" il y en a partout ! Mais ici je suis en présence du "vrai" Martin. Celui qui coupa son manteau en deux pour le partager avec un déshérité n'est autre que l'ancien évêque de Tours. La fameuse cape conservée comme objet de vénération a donné le mot chapelle : lieu où l'on vient voir la cape.

Le saint décède en 397, dans sa maison de Candes. La collégiale est érigée sur son lieu de mort.

    • La collégiale Saint-Martin

    J'arrive au pied de la collégiale, construite entre les 12e et 13e siècles. Une petite place l'entoure, avec restaurants et commerces. Sa façade nord, brute de décoffrage, rappelle autant un château fort qu'une église. La porte paraît immense et les détails encore bien conservés.

    L'édifice est considéré comme l'un des joyaux de l'architecture gothique angevine, et a été classé aux monuments historiques en 1840.

    • Le château, point culminant

    Il faut maintenant prendre de la hauteur et monter au château. Au détour de rues, je passe sous plusieurs portes en pierre. Elles fortifiaient le village, comme celle rue de la Douve.

    Arrivée au château, je remarque la tour d’Aubigny qui surplombe une terrasse et un jardin à la française. Cette tour date de 1490, comme les remparts entourant Candes-Saint-Martin. Rénovée par les propriétaires du domaine, elle abrite sur trois niveaux deux chambres rondes et un salon rond pouvant être loués.

    On peut observer tout autour le parc du château. Il s’étend sur plus de quatre hectares et accueille depuis 2019 plus de 40 œuvres monumentales de street art. Pour celles et ceux qui aiment la nature, de nombreux arbres centenaires et autres essences sont à voir : ifs, cèdres, mélèzes... Et pour les passionnés d'histoire, des traces d'une cité gallo-romaine et d'une mystérieuse arène, unique en Touraine, sont à découvrir !

    2. Crissay-sur-Manse, le calme règne en maître

    Deuxième étape de la journée : le petit village de Crissay-sur-Manse, situé à 45 minutes de Candes-Saint-Martin. Au beau milieu de la campagne, se dresse une église à la pointe particulièrement fine. Un parking est indiqué juste avant de pouvoir entrer dans le village. Je m'y arrête et observe les champs autour de moi. Le calme s'impose. J'entends oiseaux, vent, ruissellement de l'eau. L'endroit est paisible.

    Le village me paraît petit, un plan à l'entrée m'indique un circuit. Pendant une heure, je flâne entre ruelles fleuries et demeures en tuffeau. Certaines ont conservé leurs fenêtres à meneaux et toits d'ardoises avec lucarnes. Le caractère médiéval ressort très vite des lieux. Les rues sont pavées et un château se dessine un peu plus loin. Détruit pendant la Guerre de Cent Ans, il n'en reste que des ruines. Visitable sur demande, le château est en partie construit dans la roche, et recèle d'un dédale de souterrains.

    En revenant dans le bourg, plusieurs logis sont mis en valeur avec des explications : la "maison à pan de bois", le "logis de la Poterne" ou encore "l'Hostel des Anglois".

    C'est au début de la Guerre de Cent Ans que la famille Turpin fait édifier le premier logis seigneurial défensif. Charles VII y est reçu en 1432. Une fois la paix instaurée, le village connaît un bel essor entre 1490 et 1540. Les Turpin y sont pour quelque chose ! Chambellans du roi, ils favorisent l'embellissement du château et la rénovation de l'église.

    Durant la Renaissance, les maisons sont bâties en moellons apparents. Deux étages, tuiles inclinées à 45 degrés, rondelis bref je suis transportée en pleine Renaissance : la "maison de justice", la "maison Gaby" et la "maison du grand carroi".

    • L'église, monument historique

    Un petit panneau indique de descendre pour aller voir l'église. Dans la rue que j'emprunte se trouve un lavoir adossé au mur d'une maison. Arrivée au bout, me voici face à l'église construite par Jacques 1er de Crissé en 1527 et restaurée en 1867. Quel étonnement d'y trouver un sol à carreaux noir et blanc. Consacrée à Antoine de la Barre, archevêque de Tours dans la première partie du 16e siècle, l'église abrite, dans la sacristie, l'enfeu de Catherine de Bellay, épouse de Jacques Turpin.

    • Le lavoir, point de vue sur le village

    En sortant de l'église j'entends des enfants crier en direction du lavoir. Une famille s'est installée sur l'aire de pique-nique. En traversant un champ j'arrive derrière le lavoir. Une petite porte permet de rentrer. Une autre famille est assise les pieds dans l'eau.

    Les nombreuses sources ainsi que le dénivelé de la rivière ont permis l'installation de lavoirs, mais aussi de moulins dans la vallée de la Manse. L'exemple en est parfait à Crissay-sur-Manse.

    En ressortant, je vois le village dans sa globalité, chose que je ne pouvais pas voir depuis le parking. Le calme me frappe à nouveau. J'y retournerai me ressourcer, c'est sûr.

    • Produire local

    Le jour de ma venue, je n'ai pas trouvé les portes des boutiques ouvertes mais je tenais à partager ce que j'ai pu voir aux travers des vitrines. Le miel de Crissay, le pain d’épice, du savon au lait de chèvre, des rillettes et pâtés de chèvres...

    Enfin, une ferme où l'on fabrique des fromages au lait de chèvre, dont le fameux Sainte-Maure.

    3. Montrésor

    Troisième (et dernier) plus beau village de France visité de ma journée : Montrésor. À 30 minutes de voiture, le GPS m'indique que je suis arrivée. Contrairement aux villages précédents, celui-ci se cache dans un creux. Je ne l'ai pas aperçu en arrivant, j'ai dû attendre de me garer et d'en faire le tour pour me rendre compte des monuments. Mystérieux donc ?

    • D'abord, la forteresse...

    L'office du tourisme me fournit un plan avec huit lieux à voir. Appareil photo en main, je pars à sa découverte. Premier arrêt : la forteresse. On ne peut pas la louper, c'est le point culminant du village. Datant de 1005, elle est érigée à la demande d'un comte d'Anjou, afin de se défendre face aux approches de la Touraine. Elle est finalement récupérée au 15e siècle par Imbert de Bastarnay, le chambellan et conseiller de quatre rois de France (décidément... Il faisait bon être chambellan à cette époque).

    • Et puis le château

    Juste à côté se trouve le château, mon deuxième arrêt. Situé à l'intérieur de l'enceinte des fortifications, c'est ce même Imbert qui s'est fait construire "une demeure de plaisance". Elle est rachetée et restaurée au 19e siècle par Xavier Branicnki, un réfugié politique polonais exilé en France, et appartient toujours à sa famille. La visite me plonge dans une impressionnante collection d'art et de mobilier d'époque.

    • Troisième arrêt : la collégiale

    Si je vous dis que Monsieur de Bastarnay en est à l'origine, est-ce surprenant ? Vous l'aurez compris, une fois installée dans le village, la famille Imbert se devait d'avoir un lieu de culte mais aussi un lieu pour les sépultures. Ainsi, le tombeau Bastarnay en est l'élément capital de l'édifice. Avant la révolution, il était au centre du chœur. C'est maintenant au fond de l'église que les gisants de toute la famille trônent sur un socle de marbre blanc.

    Outre les vitraux d'une grande qualité ainsi que les stalles d'époques se trouvent des tableaux provenant de l'oncle de Napoléon.

    • Les balcons de l'Indrois

    Mon quatrième point d'intérêt est une promenade le long de la rivière l'Indrois. Durant la balade, plusieurs points de vue du village s'offrent à moi. Un parcours avec différents panneaux explicatifs sur le thème de l'eau et de l'histoire me permet de comprendre le pays de Montrésor. C'est assez paisible, on peut voir des poissons mais également le reflet du château.

    Chaque été, un parcours lumière sonorisé gratuit vient embellir les bords de l'Indrois : les nuits solaires.

    Je découvre aussi "Les Recyclades Estivales". Sur les ponts, le lavoir, le puits, dans les arbres ou le long du chemin, de mystérieuses fleurs, personnages, animaux en matériaux naturels ou recyclés voient le jour.

    Une fois la balade terminée je me retrouve dans une des rues principales du bourg. Direction la halle des Cardeux.

    • Étape 5 : la Halle

    Après avoir remonté la rue, me voilà face à une grande halle en bois. Des scouts attendent en dessous. Sa charpente et son toit à la Mansart accueillaient le marché de la laine. Son nom, halle des Cardeux vient du fait que la laine était cardée, filée et tissée.

    Une porte indique une exposition gratuite. Curieuse, j'emprunte l'escalier et découvre une expo sur le gemmail : "art de verre et de lumière". Très colorée. J'aime l'ambiance que la charpente ajoute à la déambulation.

    En redescendant, je remarque la file d'attente dans la boulangerie d'en face. Un monsieur m'explique qu'elle confectionne des macarons grâce à une authentique recette du Moyen-Âge. Il me les conseille, supposés être moelleux à souhait.

    • Le lavoir, la légende de Montrésor

    Le plan m'indique les trois derniers endroits à visiter. Le logis du chancelier, qui n'est autre que la mairie, et la rue Branicki, bordée de roses trémières et de charmantes maisons. Une parenthèse qui qualifie permet à Montrésor de porter haut son appartenance au réseau des Plus beaux villages de France.

    Au bout de la rue, je tourne en direction du lavoir. Au loin, je vois apparaître au sol un lézard géant en pierres. Drôle d'animal normalement furtif, et ici figé dans le sol, il raconte une histoire...

      Je ne préfère pas vous en dire plus, cela gâcherait la surprise.

      Pour celles et ceux qui souhaitent découvrir d'autres circuits les voici :

      Bonnes vacances dans notre région Centre-Val de Loire !