Nos vies bas carbone : une association basée à Tours choisie pour former les cadres de l'État à la transition écologique

Le ministère de la transformation et de la fonction publiques souhaite sensibiliser et former l'ensemble des fonctionnaires d'État à la transition écologique d'ici à 2027. Et c'est l'association tourangelle Nos vies bas carbone qui a été choisie pour former, dans un premier temps, les 25000 cadres supérieurs

"La pédagogie doit être au cœur des stratégies multiples pour contenir le réchauffement climatique et garder une planète habitable" : tel est le credo de l'association Nos vies bas carbone, fondée à Tours en 2021.

Engagée pour contribuer à une baisse des émissions de gaz à effet de serre, elle a imaginé l'atelier "Inventons nos vies bas carbone", qui est au centre de ses activités. Un outil original pour permettre à toute personne, en quelques heures, de se familiariser avec les ordres de grandeur essentiels, et ainsi de passer à l’action efficacement.

"Le déroulé de nos ateliers est une trajectoire émotionnelle, explique Gildas Véret, co-fondateur et directeur pédagogique de l'association. Globalement le sujet est évité par la plupart des gens qui le trouvent désagréable. On ne cherche pas à éviter les difficultés, mais on tente de créer une dynamique positive."

On ne veut pas dicter des solutions, car elles doivent être éminemment collectives, mais aider les participants à identifier les points d'action efficaces. On travaille en groupe à définir une norme sociale qui permette de vivre heureux avec moins de carbone.

Gildas Véret, directeur pédagogique Nos Vies Bas Carbone

Cartes et ficelle, le dispositif "low-tech" des ateliers

L'atelier repose sur un système de cartes intuitives et visuelles (alimentation, transport, logement…) qui permettent en peu de temps de comprendre les enjeux liés à notre empreinte carbone.

On considère aujourd'hui que l'empreinte moyenne d'un français est de 10 tonnes de CO2 par an, une moyenne qui cache d'immenses écarts : la moitié des Français (plus de 30 millions de personnes) est en dessous de 5 tonnes, 1% de la population est au-dessus de 50 tonnes.

"Il faut être en dessous de 2 tonnes en 2050 et, d'ici à 2030, il faut avoir divisé par deux nos émissions, rappelle Gildas Véret. Oui, la marche est haute, c'est contraignant et très rapide, mais ce n'est absolument pas impossible. On a tous les moyens pour le faire, l'enjeu est de construire un monde cohérent, désirable, une économie et une société qui fonctionnent avec deux fois moins d'émissions."

Ce qui nous rend vraiment heureux ne nuit pas au climat. Nous pouvons vivre mieux en répondant à l’urgence climatique.

Nos vies bas carbone, site de l'association 

L'association tourangelle remporte l'appel d'offres

En octobre 2022 le ministère de la Transformation et de la Fonction Publiques a annoncé la formation à la transition écologique, d'ici à la fin du quinquennat, en 2027, de l'ensemble des agents de la fonction publique (2,5 millions de fonctionnaires d'Etat, et même 5,6 millions de fonctionnaires, en y ajoutant les agents hospitaliers et territoriaux).

Dans un premier temps, il s'agit de former les 25000 cadres supérieurs de la fonction publique d'État. Et de former 500 formateurs d'animateurs pour les ateliers en interne dans les administrations (des fonctionnaires qui formeront à leur tour les fonctionnaires).

C'est Nos vies Bas Carbone qui a remporté l'appel d'offres. Une vraie reconnaissance du travail mené par l'association, de son savoir-faire.

"C'est un succès pour l'association, mais c'est surtout un succès pour le projet, estime Gildas Véret. Le but de notre asso est de contribuer à respecter l'accord de Paris, de garder une planète habitable en restant sous les 2° de réchauffement. C'était déjà formidable de former quelques centaines de milliers de personnes par an, mais, là, passer à 2,5 millions, on a vraiment l'impression d'être utiles. On était moins en quête de reconnaissance que d'efficacité."

Aujourd'hui le défi est gigantesque, on a besoin que tout bouge : l'Etat, les entreprises, les individus, les autres pays...Former les fonctionnaires, ce n'est peut-être pas suffisant, mais c'est absolument nécessaire

Gildas Véret, directeur pédagogique Nos Vies Bas Carbone

Pour l'association, la formation des hauts fonctionnaires a commencé depuis la fin août avec les ateliers évoquant les constats. Ceux portant sur les solutions vont démarrer en octobre. Plus de 3000 ateliers à animer (une centaine d'animateurs est mobilisée), la mise en œuvre de ce projet va demander un travail considérable..."rien d'inatteignable", assure le directeur, qui affiche un bel enthousiasme.