Tours : Cathy Münsch-Masset relaxée en appel dans l'affaire des détournements de fonds de l'APAJH 37

L'ex-première adjointe au maire de Tours, d'abord condamnée à 18 mois de prison avec sursis pour "recel de bien provenant d'un délit", vient d'être relaxée, en appel, par le tribunal judiciaire d'Orléans.

Le revirement est total. La conseillère municipale et métropolitaine de Tours, ex-première adjointe au maire, Cathy Münsch-Masset, vient d'être relaxée en appel par le tribunal d'Orléans dans l'affaire du détournement de fonds de l'association APAHJ 37. Lors de son procès en appel, l'avocate générale avait pourtant requis 18 mois de prison dont 10 mois fermes, la confiscation de l'immeuble lui appartenant rue Trianon à Tours, et 5 ans d'inéligibilité. 

Les magistrats orléanais n'ont pas suivi leurs collègues de la première instance de Tours qui avaient condamné l'élue à 18 mois de prison avec sursis et cinq ans d'inéligibilité. La cour d'appel a considéré que Cathy Münsch-Masset était sous l'emprise psychologique de son mari, Guillaume Masset, et qu'elle a été trompée par celui-ci. 

Toujours selon la cour, l'enquête n'a pas démontré que Cathy Münsch-Masset avait connaissance des fonds qui ont transité par le compte commun.

Elle est une victime comme les autres

Ladislas Wedrychowky, avocat au barreau de Tours

Une position toujours défendue par la conseillère régionale socialiste : "J'ai découvert un océan de mensonges", avait-elle notamment déclaré lors de son premier procès. "Je ne consultais jamais mon compte bancaire. J'ai eu tort".

Absente lors de l'audience, c'est son avocat, Ladislas Wedrychowky, qui a pris la parole : "Elle est une victime comme les autres parties civiles des actes commis exclusivement par monsieur Masset. On ne peut être que satisfait par cette décision, mais je reste prudent tant que le délai de pourvoi n'est pas écoulé". 

À l'époque, cette défense n'avait pourtant guère convaincu le ministère public. Le vice-procureur Pierre Gérard avait mentionné d'importants projets et dépenses entreprises par le couple depuis 2018, et exclu l'hypothèse d'une "double vie" savamment cachée par Guillaume Masset. 

Le 8 février 2022, le tribunal de Tours avait condamné Guillaume Masset  à 18 mois de prison ferme pour détournement de fonds publics et abus de confiance. L'ancien directeur n'a pas fait appel et a été écroué.

Un retour en politique ? 

Ce revirement a en tout cas fait réagir le président socialiste de la région Centre-Val de Loire, François Bonneau : "C'est un soulagement. Aujourd'hui, l'innocence de Cathy Münsch-Masset est établie, c'est certainement capital pour elle. Je suis très sensible au travail de la Justice. C'est important dans un pays comme le nôtre que l'état de droit prévale".

Le président, qui lui avait demandé de ne plus siéger au Conseil régional pour "laisser le temps à la justice", lui tend désormais la main : "Je comprendrais tout à fait qu'elle souhaite poursuivre son action auprès de moi au sein de la majorité". 

En revanche, la mairie de Tours, sollicité par France 3, n'a pas souhaité réagir à cette décision. 

En première instance, le 8 mars 2022, Guillaume Masset avait été condamné à 18 mois de prison ferme.

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