Tours : le festival de genre "Désir...Désirs" revient pour sa 29ème édition

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Pour sa nouvelle édition, "Désir…Désirs", le plus ancien festival de cinéma abordant  les thématiques LGBT+ et de genre en France revient aux Cinémas Studio. Cette fois, les monstres sortent du placard avec "Freaks", le focus de cette 29ème édition. Frissons garantis jusqu’au 25 janvier à Tours.

Cinéma mais aussi théâtre, musique, danse... Mickaël Achard, est un homme heureux. Le coordinateur du festival et les Cinémas Studio, partenaires historiques, avaient à cœur d’offrir au public une 29ème édition grandiose malgré la pandémie. Le festival incontournable de l’hiver depuis 1993 retrouve des couleurs après une version 2021, reportée et réduite à un week-end en août, en raison du covid. "Désir…Désirs" va vous en mettre plein la vue. Au menu cette année :

  • 30 évènements culturels
  • 16 invité.e.s
  • 18 séances de cinéma
  • 14 courts-métrages
  • 7 avant-premières
  • 5 spectacles
  • 1 séance animée par la troupe No Good Kids

"On est trop content que ça reprenne vite et qu’on puisse échanger, accueillir du monde. Pour nous, c’est vraiment essentiel de maintenir le lien, et culturel et social,  car on est un festival avec une forte identité qui accueille des publics très variés mais aussi des gens qui ont besoin de se retrouver et d'échanger".

La convivialité, l’esprit de fête, qui font partie de l’identité de "Désir…Désirs" seront bien présents, mais sous contrainte sanitaire. Une difficulté bien réelle pour Mickaël. "Il y aura de la convivialité mais on ne va pas la retrouver avec les pots organisés d’habitude avec les réalisatrices et les réalisateurs. On pouvait échanger en tête à tête avec eux. Là, ce sera des échanges-débats dans la salle directement avec le public mais on ne pourra plus manger ou boire un verre comme avant".

16 invité.e.s, c’est du jamais vu pour nous et ça montre qu’on a envie d’échanger.

Mickaël Achard, coordinateur du festival

Maria de Medeiros et Bertrand Mandico, viendront présenter leurs films en avant-première et Mickaël attire notre attention sur Alexis Langlois. Une vraie pépite ! "Lui, c’est la nouvelle pépite du cinéma. Il a réalisé plusieurs courts et moyens métrages, il a eu un article récemment dans les Inrocks, dans Têtu. Il cartonne. Un léopard d’argent a couronné son court-métrage Les démons de Dorothy, au festival de Locarno".   

Il poursuit "on reçoit aussi des sommités, pas forcément des réalisateurs, Didier Roth Béttoni, journaliste à France Culture, qui est historien du cinéma, une référence en France du cinéma Queer". Il y a aussi Sohan Pague, jeune acteur trans qui joue dans "Skam France" et dans "Mauvais Genre", un court-métrage récompensé dans un festival international Queer.

"Freaks", le cinéma d’horreur, un focus comme une évidence

Mickaël nous explique les raisons de ce choix : "déjà, il y avait cette ambiance pendant les confinements, hyper anxiogène, hyper inquiétante, les rues désertes, l’angoisse qui montait chez tout le monde. On avait l’impression d’être dans un film tellement c’était surréaliste. C’est aussi lié à la réalité du cinéma".

Aujourd’hui tout ce qui est film d’horreur, ça cartonne de ouf !Julia Ducournau, avec Titane, un film de genre a gagné la palme d’Or du festival de Cannes.

Mickaël Achard

Le coordinateur de "Désir…Désirs" confirme le changement dans la perception de ce cinéma de genre. Ce focus "Freaks" est donc à la fois un sujet lié à l’actualité très anxiogène et à la réalité du cinéma d’aujourd’hui.

"Il y a une vraie reconnaissance du public et du secteur du cinéma et des professionnels envers ce cinéma de genre, qui avant était un sous-genre où on mettait un peu tout et n’importe quoi. Maintenant c’est une vraie référence avec des films cultes".

"Désir…Désirs" a maintenant une légitimité bien installée. Les questions de désirs, d’identités, sont toujours l’ADN au fil du temps, du festival qui a évolué avec la société et le cinéma. Fini le temps des insultes et des abonnés des Cinémas Studio qui déchiraient leur carte à la première édition en 1993, organisée par la Maison des Homosexualités de Touraine.  

La force de ce festival c’est aussi une programmation pluridisciplinaire avec des concerts, des spectacles dans les thématiques du festival, sur le territoire de la Touraine et à Blois. En attendant le 30ème anniversaire du festival l’an prochain, qui se prépare déjà en coulisses avec un livre sur l’histoire des 30 ans du festival.