Une Marche des fiertés à Tours ce samedi “contre les LGBTIphobies“

Après une longue période contrainte en raison de la crise sanitaire, le centre LGBTI de Touraine organise ce samedi 19 juin à Tours une 15e marche des fiertés adaptée. L’occasion de dénoncer les manquements de la loi bioéthique ou les mutilations des personnes intersexes.

Le cortège de la marche des fiertés débutera sa déambulation dans la ville à partir de 15 heures ce samedi 19 juin depuis l'esplanade du château de Tours.
Le cortège de la marche des fiertés débutera sa déambulation dans la ville à partir de 15 heures ce samedi 19 juin depuis l'esplanade du château de Tours. © Patrice Deschamps/ MaxPPP

"Nous ne pouvons pas maintenir cette marche et prendre des risques pour la sécurité des militants." Le 12 mai dernier, le centre LGBTI de Touraine décidait d'annuler sa marche prévue quelques jours plus tard en l'honneur de la journée mondiale de lutte contre l'homophobie et la transphobie. En cause : des menaces physiques et verbales proférées à l'égard des militants qui avaient initialement prévu dans le cortège une place non-mixte réservée aux personnes LGBT+ racisées afin qu'elles puissent se sentir plus à l’aise et libérées pour porter leurs revendications.

Un mois après, les menaces s'avèrent être plus "rares" et la situation plus "apaisée" confie Johan Yager, co-président du centre LGBTI de Touraine. Un contexte permettant ainsi aux membres de l'association d'organiser ce samedi 19 juin leur 15e marche des fiertés, avec un seul mot d'ordre : "Toutes et tous unis contre les LGBTIphobies".

Contraintes sanitaires toujours de rigueur 

A la différence de l’édition 2020 qui avait été annulée en raison de l’épidémie mondiale, la marche des fiertés tourangelle déambulera bien dans les rues du centre-ville. Le rassemblement débutera à 14 heures à l'esplanade du château de Tours, où se tiendront des discours de militants mais également d’élus de la Ville. Le cortège entamera sa marche à 15 heures pour une durée de deux heures.

Cependant, l’événement ne pourra pas tout à fait échapper aux contraintes sanitaires. Bien qu’il ne soit plus obligatoire dans la rue depuis ce jeudi 17 juin, le masque sera requis dans le cortège ainsi que le reste des gestes barrières. Cette année encore pas de village associatif mais un char du collectif Troubles ainsi qu’une mini-fanfare.

Une semaine des fiertés réussie 

Si cette marche en est le point d’orgue, la semaine des fiertés qui vient de s’écouler était ponctuée d’événements culturels notoires à la Guinguette de Tours et ailleurs, à l’image de la conférence dansée de l’artiste queer Habibitch ou du concert du groupe pop-folk Grande.

Une réussite selon Johan Yager, co-président du centre LGBTI de Touraine : "Il y a eu de très beaux moments d’échange et de partage, ça fait du bien de vivre ça après une période aussi éprouvante que le Covid pour une communauté qui est déjà contrainte à l’isolement en temps normal".  

Affirmer ses droits, dénoncer les violences et les discriminations

Au-delà de l’aspect festif, la marche des fiertés est depuis son origine un moment de visibilité et d’expression important pour les personnes LGBT+, destiné à la revendication de leurs droits et à la dénonciation des discriminations qu’elles peuvent subir au quotidien.  

En 2020, les services de police et de gendarmerie nationale ont enregistré 1 590 victimes de violences anti-lgbt, soit une diminution de 15 % par rapport à l’année précédente. Une baisse en "trompe-l’œil" selon SOS Homophobie. Dans son rapport sur les LGBTIphobies publié le 17 mai dernier, l’association indique que les violences ont été déplacées du domaine public vers l’espace privé soit le voisinage et/ou la famille en raison des multiples confinements. Ainsi la proportion de mineurs contactant l’association pour tout type de discrimination est passée de 6 % en 2019 à plus de 20 % en 2020 pour des situations en général de "grande détresse (menace d’expulsion du domicile familial, rejet, humiliation, etc.)". 

A Tours, les grandes revendications de cette année porteront sur l’interdiction des thérapies de conversion, la fin des mutilations faites sur les personnes intersexes ainsi que sur la loi bioéthique. Les militants demandant à ce propos l’ouverture de la PMA non pas seulement aux femmes seules ou en couple mais aussi aux personnes trans et non-binaires.

 

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