Vous êtes dispo cet été ? Venez faire du bénévolat, des associations caritatives vous attendent

Le "resto des maraudes" de Tours, organisé par Entraide et solidarités, qui sert cinquante repas chaque soir à des personnes en situation de précarité alimentaire, a besoin de nouveaux bénévoles en juillet et en août. Les Restos du cœur manquent de bénévoles toute l'année et pas seulement pour distribuer des repas.

"On a des besoins en bénévoles l'été de manière récurrente en juillet et août puisque nos bénévoles qui sont réguliers sur nos services ont, eux aussi, le droit de prendre des congés", explique Sabine Rebeix, directrice du Pôle social et médical à l'association Entraide et solidarités d'Indre-et-Loire.

Ce besoin est notamment important pour le "resto des maraudes" parce qu'il fonctionne en binôme salariés bénévoles. L'association recherche une dizaine de volontaires pour servir des repas froids à une cinquantaine de personnes maximum en semaine, de 18h à 20h, dans des locaux en centre-ville de Tours.

"On fonctionne avec la Croix rouge qui a son vivier de bénévoles. C'est en fonction de la disponibilité des bénévoles qu'on adaptera nos plannings. Certains peuvent être disponibles que le lundi, ce n'est pas un problème". 

Plus qu'un repas, ces maraudes sont aussi un moment de partage avec les bénéficiaires. "Il y a bien sûr un peu de logistique pour la distribution des repas, mais il y a aussi beaucoup d'écoute et de lien. Il y a des hommes, des femmes isolées, des couples." 

Sabine Rebeix ajoute que c'est un temps particulier avec des jeux qui peuvent être proposés pendant lequel des bénévoles peuvent partager leurs talents comme la musique. "C'est deux heures de son temps pour aider les salariés, mais aussi pour participer à un besoin en matière de précarité alimentaire dont on ne cesse de parler". 

Les personnes intéressées pour participer à cette action, sur un mois ou deux mois cet été, peuvent se faire connaître directement par mail : comm.benevolat@entraide-et-solidarites.fr

Les Restos du cœur recherchent des bénévoles pour des postes clés

Si l'été est difficile, pour les Restos du cœur, le manque de bénévoles n'est pas uniquement saisonnier. Le centre de Blois a 21 postes vacants.

Les Restos du cœur, c'est comme une entreprise. Nous avons besoin d'un trésorier, un trésorier adjoint, un comptable adjoint, un responsable des ressources humaines...

Catherine Journaud, responsable bénévole du recrutement et des ressources humaines aux Restos du cœur à Blois

"C'est une à deux journées par semaine qui peuvent se faire en partie en télétravail. Mais il faut quand même du présentiel sur le centre de Blois", explique Catherine Journaud, responsable bénévole du recrutement et des ressources humaines aux Restos du cœur à Blois. 

Dans le Loir-et-Cher, les Restos du cœur accompagnent 2 166 familles, soit 5 343 personnes. À Blois, ce sont 1 035 familles, soit 3 618 personnes qui sont accompagnées. Et ce n'est pas que pour la distribution de repas. C'est aussi l'aide à la justice, l'aide à la personne, l'aide à la recherche d'emplois, l'aide au logement. 

Une armée de 460 bénévoles dans le Loir-et-Cher

L'association fonctionne grâce à une armée de bénévoles. Ils sont 460 dans le Loir-et-Cher réparti entre les centres de distribution, le camion itinérant, l'entrepôt, le bus du cœur et les BB du cœur. Mais cette armée s'affaiblit. La moyenne d'âge est de 66 ans. Les bénévoles en majorité retraités vieillissent et les étudiants ont besoin d'emplois rémunérés.

"Ça fait deux ans qu'on est en recrutement. On essaie de trouver des bénévoles sur des postes clés. J'ai des annonces partout sur des sites comme France bénévolat. Je veux aider, mais ça ne donne pas de résultat."

Des gens s'inscrivent et quand vous les rappelez, vous n'avez pas de réponse.

Catherine Journaud, responsable bénévole du recrutement aux Restos du coeur à Blois

 

Le centre de Blois qui accueille de plus en plus de bénéficiaires recherche aussi un accompagnateur en informatique. "Quand on a un problème, on se débrouille comme on peut. On ne recherche pas quelqu'un avec un master en informatique. C'est pour du dépannage à distance. Un centre qui n'arrive à se connecter, qui a un problème avec ses mots de passe, des choses basiques", rappelle la responsable du recrutement qui était acheteuse en grande distribution avant sa retraite. 

"J'ai appris au fur et à mesure, j'ai fait des formations. On est aidé par le national sur des formations qui ont lieu régulièrement sur différents postes", témoigne-t-elle après cinq ans de bénévolat. 

Il faut venir une ou deux fois par semaine toute la journée pour bien intégrer le système.

Catherine Journaud, responsable bénévole du recrutement aux Restos du coeur de Blois

Pour l'été, les besoins sont importants. Les Restos du cœur recherchent un chauffeur, des préparateurs de commande, mais aussi des bénévoles pour la distribution alimentaire. 

"Il faut être disponible régulièrement tout le mois de juillet ou tout le mois d'août", explique Catherine Journaud. "Nous faisons une distribution à points qui demande un véritable apprentissage. On ne peut pas venir une journée de temps en temps. Il faut venir une ou deux fois par semaine toute la journée pour bien intégrer le système." 

Pour pallier le manque de bénévoles, Entraide et solidarités à Tours et les Restos du cœur à Blois recherchent une personne en service civique. Un jeune âgé entre 18 et 24 ans pour un peu plus de 600 euros par mois pendant un an. Cette indemnité est prise en charge par l'État à hauteur de 496,93€ auxquels l'organisme d'accueil ajoute 114,85€.

Pour en savoir plus sur les missions proposées par les Restos du cœur, contacter l'association à :  ad41.benevolat@restosducoeur.org

L'ère du bénévolat "zapping"

L'association France bénévolat Touraine est chargée de mettre en relation les bénévoles avec les associations en Indre-et-Loire.

Elle recense en moyenne 500 volontaires chaque année et dispose actuellement de 400 missions dans des associations. Les missions les plus recherchées pendant l'été sont celles qui concernent les festivals, les visites chez les personnes âgées et l'urgence sociale.

Richard Lévrier, vice-président de France bénévolat Touraine rappelle que c'est de plus en plus compliqué de trouver des bénévoles toute l'année mais que l'été, il y a une double difficulté. "Les gens pensent que les personnes précaires souffrent plus l'hiver alors que l'été, ils souffrent de la chaleur mais aussi du manque de bénévoles". 

Ces dix dernières années, l'engagement a beaucoup évolué. Richard Lévrier explique les difficultés des associations à trouver des bénévoles par le fait que "les gens recherchent des missions ponctuelles et qu'il faut les approcher à un moment précis. C'est le bénévole qui fixe ses besoins."

Il appelle ça "le bénévolat zapping'. Il constate que si l'association ne rappelle pas les bénévoles dans les deux heures, elle risque de les perdre. "C'est de plus en plus du bénévolat à la carte. Si on ne leur répond pas immédiatement, ils vont voir ailleurs et abandonnent. ll faut attraper les gens au passage." 

Pour lui, la clé c'est d'être réactif, ce qui n'est pas toujours le cas des associations. "Il faut alléger les démarches administratives qui existent déjà dans le monde professionnel. Ça va très vite comme dans tous les milieux aujourd’hui. Ils peuvent être enthousiastes à un moment précis et 48 heures plus tard, ils ne le seront plus parce qu'on ne leur aura pas répondu." 

De plus en plus de jeunes et de moins en moins de seniors

Ces cinq dernières années, l'engagement des bénévoles a doublé (12,5 % en 2010 pour 24 % de la population en 2024) mais l'engagement est plus ponctuel et la courbe des âges s'est inversée.

Le bénévolat des seniors a fortement baissé alors que celui des jeunes a augmenté. Entre 2019 et 2024, la proportion de retraités engagés dans une association est passée de 34 % à 24 %, alors que celle des 25-34 ans est passée de 22 % à 30 % (enquête Recherches et solidarités).  

"Les seniors s'occupent de plus en plus de leurs parents, de leurs petits-enfants et ont besoin de temps pour eux et pour leurs loisirs. Les jeunes eux, cherchent du sens en dehors de leur travail. En plus, le bénévolat permet de développer des compétences qu'ils peuvent valoriser sur leur CV. Donc on a de plus de jeunes bénévoles surtout dans l'intergénérationnel et l'aide sociale", constate Richard Levrier. 

La difficulté est que les jeunes en activité professionnelle ne s'engagent que très rarement de façon durable. Ce sont des missions ponctuelles entre deux emplois. "Les jeunes s'engagent quand il y a une urgence sociale. C'est au milieu associatif de s'adapter à ces nouveaux comportements."  

Le vice-président de France Bénévolat Touraine rappelle qu'il faut que le bénévolat fasse plaisir à ceux qui le font et que la mission réponde à leurs envies. "Il faut qu'ils se sentent utiles, accompagnés et encadrés." 

Les 2/3 des bénévoles sont des femmes. Le bénévolat est en pleine mutation. L'engagement existe mais "la contrainte fait peur". Pour trouver des bénévoles, les associations doivent s'adapter aux disponibilités des volontaires et être plus réactives. " Le problème c'est que les associations n'évoluent pas aussi vite que le monde d'aujourd'hui", conclut Richard Lévrier. 

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