Départementales 2021 : éolien, fibre optique... 5 choses à savoir sur l’Indre qui font l'enjeu des élections

A la tête du département de l’Indre depuis vingt-six ans, la majorité départementale (DVD) est solidement ancrée dans le paysage berrichon. Le Président sortant ne se représentant pas, la bataille est ouverte pour sa succession. Que choisiront les électeurs ? Les enjeux sont nombreux.

Châteauroux (Indre), place Gambetta.
Châteauroux (Indre), place Gambetta. © Gaëlle Fontenit / MaxPPP

Depuis le redécoupage cantonal de 2014, l’Indre est passé de 26 à 13 cantons. Plus de 167 000 électeurs sont appelés à élire un binôme homme / femme qui constitueront les 26 conseillers de l’assemblée départementale.

L’Indre, situé à l’extrême sud de la Région Centre-Val de Loire, est un département rural, dont la capitale Châteauroux compte près de 44 000 habitants pour la commune (chiffres INSEE 2015) et plus de 73 000 pour l’intercommunalité, 14 communes, réunies sous la marque Châteauroux Métropole (Chiffres INSEE 2017). Soit pratiquement le tiers de la population du département.

L’Indre souffre d’un vieillissement de cette population et d’une baisse de la démographie qui ont des répercussions sur la gestion du budget départemental. En 2021 les conseillers ont voté un budget primitif de l’ordre de 277,4 millions d’euros, en hausse de 8 millions.

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L'Indre en chiffres - Powtoon

Enjeu n° 1 : les impôts

Dans le budget du département, les solidarités humaines représentaient plus de 150 millions d’euros, soit 70% des dépenses de fonctionnement. L’aide aux personnes âgées arrive en tête, suivie de près par l’insertion, et notamment l’attribution du RSA. En un an, 400 foyers supplémentaires ont bénéficié de ce dispositif.

Malgré ce poids très lourd pour les finances collectives, la majorité a une fois de plus tenu ses engagements de ne pas augmenter les taux d’imposition, une mesure jugée nécessaire pour ne pas pénaliser les ménages modestes, qui sont particulièrement nombreux dans le département, tout en  continuant des investissements nécessaires à l’économie du département. Dans l’Indre, cela faisait dix-sept ans que l’impôt sur le foncier bâti n’avait pas été augmenté (depuis 2021, la collectivité ne fixe plus ce taux) et la DMTO (partie des frais de notaires, en cas d’achat) est à 3,8%, ce qui en fait le taux le plus bas de France.

Enfin, depuis 2016, les locataires de HLM accédant à la propriété sont exonérés de ces frais. Ce préalable à l’établissement du budget est suivi scrupuleusement par la majorité et semble convenir aux électeurs.

Enjeu n° 2 : les infrastructures routières

L’Indre doit gérer 5000 kms de routes départementales et aux dires de ceux qui visitent le département, l’entretien des chaussées y est excellent. Les 320 agents des routes patrouillent, entretiennent, réparent. Dotés de tablettes tactiles pour repérer tout incident nécessitant traitement, cela permet aussi de mettre à la disposition des usagers un service en temps réel inforoute 36.fr.

Les routes sont très importantes dans un département où les habitants doivent se déplacer pour aller au travail, mais aussi à l’école, au collège et au lycée. La sécurité se doit d’être adaptée. Le département investit aussi dans l’amélioration de la desserte routière Châteauroux Tours. Le projet tant attendu de contournement de Villedieu-sur-Indre, bien qu’handicapé par la pandémie, entre dans sa phase active. Pour ce faire, l’ancienne équipe a augmenté les investissements routiers de manière significative. Le budget primitif 2021 affichait un chiffre en hausse de 40% par rapport à 2020. 67,5 millions d’euros d’investissement sont prévus cette année.

Enjeu n° 3 : la fibre optique

Outre les infrastructures routières, le déploiement de la fibre optique devrait se poursuivre. 70% de la population sera raccordé d’ici fin 2021.  Et un nouveau chantier "fibre optique pour tous" sera lancé, d’un montant de 130 millions d’euros à réaliser en cinq ans. Pour ne laisser personne sur le bord de la route.

Enjeu n° 4 : l’attractivité de l’Indre

Pour répondre à cette préoccupation, le Département envisage des mesures très variées. Cela va de la création d’un fonds pour aider à l’installation de vidéo-protection dans les communes, un fonds d’appui aux projets associatifs, mais aussi de nouvelles aides pour aider à l’installation de professionnels de santé. Enfin l’agence d’attractivité de l’Indre, nouvelle structure, poursuivra son travail dans les domaines touristiques, du cadre de vie, de la santé et du marketing territorial dans le but d’attirer habitants et entreprises, bénéficiant d’une subvention de fonctionnement de 1, 1 million d’euros. A noter que 750 associations du département de l’Indre peuvent bénéficier de ces aides.

Un vent de fronde soufflant chez les habitants et auprès de nombreux maires ruraux, contre l’éolien, le Président sortant de l’assemblée, qui ne se représente pas, Serge Descout, a demandé un moratoire sur les implantations jugées excessives. Les professionnels du tourisme sont eux aussi vent debout contre cette prolifération. De nombreuses associations se créent sur le territoire et se fédèrent avec les départements voisins. Un dossier, tout comme celui de la sécurité, qui sera sur le bureau du prochain président, même s’il n’est pas directement de la compétence de l’assemblée.

Enjeu n° 5 : le tourisme

L’Indre possède sur son territoire bien des attraits pour des touristes en recherche d’authenticité, de calme, de nature et de patrimoine. Avec le parc de la Brenne (60815 visiteurs en 2019), la  réserve naturelle de la Haute Touche (61492 visiteurs en 2019), le château de Valençay (80003 visiteurs en 2019), ou Nohant, la maison de George Sand (37077 visiteurs en 2019), comme porte-étendards, le tourisme indrien veut faire entendre sa voix. L’agence d’attractivité de l’Indre vient en support des actions régionales menées en faveur du tourisme. C’est ainsi qu’en mars dernier les parisiens ont pu voir la campagne d’affichage  bye bye Paris  dans 300 gares de métro et RER pendant trois semaines, incitant notamment les franciliens à venir télétravailler.

Les forces en présence pour le scrutin des 20 et 27 juin 2021

La majorité sortante de l’assemblée départementale était de droite : elle a remporté en 2015, 10 cantons sur 13. Une suite de longues victoires d’un quart de siècle, et laissant peu de place aux oppositions. Effet pandémie ou désintérêt pour la chose publique, ces élections 2021 seront marquées par le nombre restreint de listes et de candidats, notamment dans les cantons urbains. Cette bataille s’annonce des plus classiques avec une majorité sortante de droite, qui a désigné son chef de file, Marc Fleuret, actuel maire de Déols et conseiller sortant, une opposition incarnée par un rassemblement des forces de gauche, écologiques, qui ont pu faire un pacte de non-agression à l’issue d’âpres négociations, et des candidats du rassemblement national, présents dans tous les cantons.

En 2015, malgré d’excellents résultats au premier tour, le parti de Marine Le Pen n’avait pas eu un seul candidat élu au second tour. En sera-t-il de même cette fois-ci ? En tout cas l’équipe engagée aux côtés de Mylène Wunch, espère cette fois-ci faire son entrée au département. Enfin deux cantons offre une quadrangulaire au premier tour. Notamment à Issoudun, où le binôme sortant socialiste, n’a pas remporté l’investiture des militants et a donc décidé de se représenter seuls. L’autre quadrangulaire aura lieu dans le canton de Saint Gaultier.

Comme un peu partout en France, la grande inconnue, c’est l’abstention, qui peut rebattre les cartes de ce scrutin.

 

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