"On se dirige vers un dépôt de bilan" : la dernière usine de jantes française à nouveau en crise

Les syndicats tirent la sonnette d'alarme à l'usine Imperial Wheels de Déols, près de Châteauroux. Le financement du plan de sauvetage de l'usine, qui dépend de l'État et d'industriels, serait en péril.

Sauvée de justesse en 2022, sacrifiant au passage la moitié de ses emplois, Impériale Wheels, autrefois Alvance Wheels, risque-t-elle à nouveau de disparaître du paysage ? C'est la crainte de l'intersyndicale, qui tire la sonnette d'alarme en sortant d'une réunion du Comité social et économique (CSE) ce 16 février.

"Les négociations entre l'État et la direction semblent rompues" s'étonne Anthony Babarczi, délégué CGT de l'usine. "La direction est dans une impasse et a demandé aux syndicats d'essayer de trouver des solutions pour trouver un financement restant pour finir la première ligne" de production, sur les huit qui ont été mises en chantier dans un ambitieux plan de modernisation et de déménagement.

En cause, une somme de près de 15 millions d'aides diverses sur les quelques 60 millions d'euros du plan de sauvetage financé à plus de 75% par l'argent public début 2022, toujours en suspens. Or, la trésorerie de l'entreprise, selon les syndicats, continue à fondre à toute vitesse.

Une usine malmenée

Les difficultés de ce site industriel, le dernier en France à fabriquer des jantes pour le secteur automobile, ne datent pas d'hier. Après une interminable période d'incertitude en 2021, la reprise de l'entreprise par la société d'Émile Di Serio, président du groupe de fonderie français Saint-Jean Industries, avait été validée par le tribunal de commerce de Paris le 1er février 2022.

En outre, en avril 2023, l'usine renommée Imperial Wheels a annoncé son déménagement de Diors, en périphérie de Châteauroux, vers le forum du Poinçonnet. Quatre nouvelles lignes de production mises en place au cours de l'année 2024 devraient permettre de baisser drastiquement les coûts de production, et donc de mieux vendre.

La CGT a contacté le conseil régional, impliqué à hauteur de 5 millions d'euros dans le plan de sauvetage de 2021, et une réunion en visio avec François Bonneau, le président de la région Centre-Val de Loire, est prévue en début de semaine prochaine. "La région est bien engagée pour nous soutenir dans notre combat", se rassure le délégué CGT.

Contactée, la direction n'a quant à elle, pas répondu à nos sollicitations.