Issoudun : capitale de la truffe à l’occasion du congrès national de trufficulteurs

Les 16 et 17 septembre, Issoudun organise le congrès national des trufficulteurs. La région Centre-Val de Loire s’intéresse de près au diamant noir. Qu’ils soient agriculteurs ou simples passionnés, les trufficulteurs régionaux compte bien faire entendre leur voix.

Quelques chiffres sur la production de la truffe du Périgord en France

La Région est loin de rivaliser avec les principaux départements producteurs. La production moyenne française est de 50 tonnes par an.

Un chiffre qui varie en fonction des aléas climatiques. 6000 trufficulteurs sont répartis dans une quarantaine de départements et entretiennent plus de 20 000 hectares de truffières (Source : France Agri Mer).

Au niveau de la production mondiale, notre pays représenterait 40 % du marché mondial en ce qui concerne la Tuber Melanosporum dite truffe du Périgord.

Cette truffe noire, l’une des 30 variétés comestibles, est la reine des 9 variétés prisées pour leur qualité gastronomique. Précisons que cette appellation truffe du Périgord est botanique et non géographique. Elle est aussi récoltée en Espagne, en Italie, voire même en Australie.

C’est l’une des plus onéreuses au Monde, excepté la truffe blanche d’Italie, beaucoup plus rare. Malgré cela sa demande est toujours supérieure à l’offre sur les différents marchés. Contrairement à bon nombre d’idées reçues, c’est le Vaucluse qui arrive en tête de la production française, en produisant 10 tonnes de truffes en 2019.

Des chiffres qui, précisons le sont difficiles à vérifier, tant ce marché est opaque et attire grossistes et courtiers qui ont tendance à brouiller les cartes.

La Région Centre-Val de Loire dans la production française

Les trufficulteurs de la région sont réunis en associations. Une fédération régionale, dont le siège est à Orléans orchestre leurs demandes. C’est Sophie Bediou, une agricultrice du Cher, elle-même trufficultière, qui en est la Présidente.

L’an dernier, on a vendu 1,7 tonne labellisée et contrôlée. La majorité des adhérents se trouve au sein de l’association Champagne Berrichonne, puisqu’on a environ cent adhérents, ensuite on a l’association de Touraine, 80 adhérents,  le syndicat de Saint- Aigny 25 adhérents, et la dernière-née c’est l’association Beauce-Val de Loire, et ils ont 30 adhérents. 

Sophie Bediou

La présidente précise que "la région est une jeune truffière, puisque les premiers arbres ont été plantés en Touraine il y a trente ans. Ce sont des truffières très jeunes qui commencent à entrer en production. On en a de plus en plus, mais ça ne se fait pas comme ça, c’est lent".

Les truffières sont replantées sur des terrains historiquement répertoriés. Il n’y a quasiment pas de truffières sauvages, tout a été replanté. "Ce sont des plants mycorhizés (association entre la racine d’une plante et des champignons) qui sont replantés à des endroits stratégiques".

La Fédération organise des formations pour apprendre à tailler les arbres, à caver (opération qui consiste à ramasser les truffes) et tout autre besoin de ses adhérents.

C’est l’association des trufficulteurs de champagne berrichonne qui organise avec la FFT ce congrès, remis pour cause de covid. C’est aussi pour cette raison que le congrès attend 70 participants seulement, hors les élus de la fédération. Éric Marcel, Président organisateur s’attendait quand même à passer la barre des cents.

Tous les ans on a de nouveaux adhérents. Quelques-uns abandonnent du fait de l’âge. Il y a aussi des adhérents qui se sont professionnalisés, de souche agriculteur, car ça réclame du travail. L’arbre il pousse, mais il faut le travailler, il faut du matériel, et après il faut vendre. On a des gens qui ont quelques dizaines d’arbres et d’autres des milliers,  Le travail en lui-même, si on compte tout y compris le cavage (la récolte) et les ventes, il faut trois à quatre mois de travail sur une année en jours ouvrables.

Éric Marcel

La Touraine et le Berry sont les régions qui comptent le plus de professionnels. "Dans la région d’Orléans, ce sont les prémices mais il doit y en avoir un ou deux" précise Eric Marcel.

Quant à la qualité du sol, primordiale pour cette activité il nous confie "l’endroit le plus propice, c’est la veine qui part de Touraine, qui est plus calcaire crayeux et qui se termine, parce que c’est la même veine argilo-calcaire, à Villequiers, où là on est sur des calcaires beaucoup plus durs. Et c’est vrai que les veines de terre c’est primordial".

Cela étant, il reste encore beaucoup de terres dans la région propices à la plantation de chênes truffiers. Des plants vendus en moyenne 15 euros, dont il faut prendre soin pendant des années et des années avant de pouvoir espérer récolter des truffes.

Quoiqu’il en soit on est très loin de ce qui était récolté chaque année en France. Ces 100 dernières années nous sommes passés de plus de 1000 tonnes par an à 50. Alors que la demande ne cesse de croître. C’est donc une production d’avenir qui commence à faire de plus en plus d’adeptes.

Orléans rejoindra le 15 Janvier prochain, le club des villes régionales à se doter d’un marché uniquement consacré à la truffe produite dans notre région.

Plus que quelques semaines à attendre si les cavages ont été fructueux et si la truffe est bonne !

 

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