Le nouveau traitement préventif contre la bronchiolite est disponible : on vous explique comment ça marche

Chaque année, 30 % des enfants de moins de 2 ans sont affectés par la bronchiolite, soit environ 480 000 cas par an. En région Centre-Val de Loire, en 2022, 1745 bébés ont été hospitalisés sur 24 000 naissances. Pour diminuer les formes graves de bronchiolite chez les nourrissons de moins d'un an, un traitement préventif par injection est disponible depuis le 15 septembre dans les maternités et en pharmacie.

"Il ne s'agit pas d'un vaccin mais bien d'un traitement préventif par injection", explique Jean-Christophe Comboroure, directeur de la santé publique et environnementale à l'Agence régionale de santé Centre-Val de Loire. " Il s'agit d'un médicament qui est un anticorps monoclonal en une seule injection intramusculaire. C'est-à-dire qu'en injectant des anticorps au bébé, l'immunité est quasiment immédiate. Il sera au maximum de son immunité dans les 5 à 6 jours"

Début août, la Haute autorité de santé (HAS) a rendu un avis favorable sur le traitement préventif Beyfortus du tandem Sanofi-Astrazeneca. Le produit a été testé sur 8000 nourrissons pendant l'hiver 2022-2023. Résultat : le Beyfortus réduirait de 80% les hospitalisations selon la Haute autorité de santé et de 70 % les formes les plus sévères de bronchiolite. 

Un traitement préventif pour les nourrissons nés après le mois de février 2023

"Ce traitement fonctionne pendant cinq mois. C'est pourquoi il est essentiel de l'injecter juste avant le début de l'épidémie en octobre", conseille Clara de Bort, directrice générale de l'Agence régionale de santé Centre-Val de Loire. 

Les bébés qui sont concernés sont ceux nés après le mois de février 2023.  "L'intérêt de cette campagne est de pouvoir donner un moyen de prévention à tous les très jeunes enfants qui n'ont pas été exposés au virus", explique Jean-Christophe Comboroure, directeur de la santé publique et environnementale du Loiret.  "C'est sur la première saison que le bébé est le plus à risque parce qu'il n'a pas encore croisé ce virus très contagieux. Ensuite, il peut contracter la bronchiolite, mais ce sera moins grave", complète la directrice de l'ARS Centre-Val de Loire. 

Comment avoir accès au traitement préventif  ?

Afin que les parents disposent d'un vaccin dès septembre, l'Etat a mis en place en place un système dérogatoire. "C'est l'Etat qui fournit le produit gratuitement. Il n'est pas question de remboursement de la sécurité sociale. La France ne voulait pas attendre la fixation définitive du prix et une mise sur le marché classique. Pour aller vite, le gouvernement a préféré prendre en charge directement la dépense", explique Clara de Bort.

Astrazeneca le produit aux Etats-Unis dans une seule usine pour le monde entier et Sanofi, le laboratoire français, le commercialise.  

Il existe deux façons pour pouvoir accéder au traitement :

  •  en maternité : depuis le 15 septembre, les maternités ont reçu des stocks de produit en fonction du nombre de naissances par an. Le traitement peut être injecté au nourrisson dès son premier jour
  • en pharmacie : sur prescription médicale d'un médecin ou d'une sage-femme, le pharmacien commande la dose et la reçoit sous quelques jours. 

"Il n'y a pas un nombre de doses défini par région. Nous sommes confiants sur le fait qu'il y aura assez de doses pour tout le mode", affirme la directrice générale de l'ARS Centre-Val de Loire. 

Le traitement n'est pas obligatoire mais fortement conseillé pour réduire les formes graves de bronchiolite. 

Un webinaire destiné aux professionnels de santé doit avoir lieu le 28 septembre. 

Ne pas oublier les gestes de prévention simples 

Si ce traitement préventif est vu comme une excellente nouvelle pour réduire les formes graves de  bronchiolite, les professionnels de santé rappellent qu'il existe aussi des gestes de prévention simples. "Si l'épidémie de bronchiolite a été si importante l'année dernière, c'est à cause du relâchement sur les gestes barrières et du taux d'immunité collectif très bas après le COVID", constate Jean-Christophe Comboroure. Et d'ajouter : "Il faut rappeler les gestes de base qui sont de se laver les mains avec du savon avant les tétés et les câlins, éviter les endroits trop fréquentés avec un nouveau-né, porter un masque quand on a des symptômes de rhume ou grippaux et enfin aérer dix minutes deux fois par jour". 

Qu'est-ce que la bronchiolite ? 

La bronchiolite est une infection respiratoire dûe à un virus très contagieux, le virus respiratoire syncitial. Cette infection est responsable d’une inflammation des parois des bronchioles (petites bronches), et est responsable d’une augmentation des sécrétions, responsables d’un phénomène d’obstruction.

L'année dernière, l’épidémie a été précoce et intense : en région Centre-Val de Loire, pour la semaine du 31 octobre au 6 novembre, la bronchiolite chez les moins de 2 ans représentait 22 % de l’activité aux urgences toutes causes confondues dans cette tranche d’âge. Les hospitalisations après passage aux urgences pour cause de bronchiolite représentaient 47 % des hospitalisations chez les moins de deux ans.

En région Centre-Val de Loire, en 2022-2023, 1745 bébés ont été hospitalisés pour des formes graves de bronchiolite sur 24 000 naissances.

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