Loi asile et immigration : comment ont voté vos députés ?

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Écrit par Yacha Hajzler

Embarras, adhésions, et pas mal d'absents : les députés ont adopté hier en première lecture le projet de loi du gouvernement concernant l'immigration. Quelle est la position de vos élus ? 

7 jours, 61 heures, 999 amendements. C'est l'impressionnant bilan des débats-marathons concernant la loi asile et immigration, défendue par le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb. Un marathon désormais terminé, puisque la loi repabtisée "loi pour une immigration maîtrisée, un droit d'asile effectif et une intégration réussie", a été adoptée hier par l'Assemblée Nationale, en première lecture.

Ils ont été 391 députés à se prononcer, sur les 577 élus. Sensible, le texte a crispé de toutes parts. Au coeur du débat notamment : le placement des enfants en centres de rétention, l'allongement de la durée maximale de détention dans ces centres, ou encore la réécriture du "délit de solidarité."

Alors qu'à droite, on dénonce un texte "immigrationniste", la frange gauche de l'hémicycle le juge inhumain et liberticide. Au milieu, un gouvernement qui se veut ferme, et une majorité LREM parfois gênée aux entournures.

Qu'en est-il de vos députés, ceux que vous avez élus pour vous représenter ? France 3 a fait le recensement.
 

LREM et affiliés : oui, mais...​



Les LREM et leurs alliés ont majoritairement soutenu le texte mais, dans leurs amendements comme dans leurs propos, ils veulent faire passer une distinction : voter oui, ce n'est pas dire amen.

C'est le cas par exemple de Sophie Auconie, députée UDI d'Indre-et-Loire, qui met en avant son amendement, qui facilite l'intégration des étrangers accueillis par certaines associations, notamment Emmaüs.
 
Marc Fesneau, élu lui sous l'étiquette LREM mais président du groupe Modem à l'Assemblée Nationale, a adopté si l'on peut dire la même tactique. Leur intervention a permis de réécrire, en l'allégeant, le fameux "délit de solidarité".
 
C'est aussi le cas de certains LREM. Pour la première fois, la division grondait dans les rangs de la majorité face à ce texte qui durcit globalement la politique migratoire de la France. Les députés En Marche les plus réticents ont trouvé plusieurs moyens plus ou moins éclatants de faire entendre leurs désaccords.

La députée du Loiret Caroline Janvier, a ainsi co-signé pas moins de 13 amendements étudiés lors de cette dernière étape du parcours législatif.  Il s'agit essentiellement de modifications dans les textes existants, par exemple en faveur d'un repérage des troubles psychiques lors de la visite médicale des services de l'Office français de l'immigration ou de l'intégration.

Dans l'ensemble, la majorité LREM conserve sa posture médiatique, jugeant le texte équilibré, au milieu d'un débat supposémment vampirisé par les extrêmes.
 
Ils ont voté pour : Sophie Auconie, Philippe Vigier, François Jolivet, Philippe Chalumeau, Daniel Labaronne, Fabienne Colboc, Sabine Thillaye (par délégation), Marc Fesneau, Stéphanie Rist, Caroline Janvier.
 

L'éclectique camp du non​


En première ligne des contre, les LR, dont le parti dispute toujours le statut de premier opposant au gouvernement. "Présents jusqu'au bout", a ainsi tweeté Claude de Ganay député du Loiret.
 
Nos députés LR régionaux ont défendu lors de cette dernière session un unique amendement, co-signé, qui visait à modifier le code des transports pour s'assurer que les étrangers en situation irrégulière ne bénéficient pas d'avantage tarifaires. Précision : le texte de la loi n'est bien évidemment pas arrivé vierge devant les députés et avait déjà adopté de nombreuses modifications.

Frondeuse plus inattendue : Nadia Essayan, affiliée à l'Assemblée au Modem, mais élue sous l'étiquette LREM dans le Cher. Elle a co-signé plusieurs amendements, notamment contre la possibilité d'enfermer des enfants en centre de rétention. "Née réfugiée", selon son intervention dans l'hémicycle, aujourd'hui députée, elle a finalement voté non.
 
Son coreligionnaire, Richard Ramos, député du Loiret, s'est pour sa part abstenu.

Ils ont voté contre : Olivier Marleix, Claude de Ganay, Marianne Dubois, Nadia Essayan, Richard Ramos (abstention). 
 

Les absents​


Sept de nos 23 députés ne sont pas recensés dans l'analyse du scrutin de l'Assemblée Nationale, ce qui signifie qu'ils n'ont pas voté. Il s'agit de Laure de la Raudière, Nicolas Forissier, Guillaume Peltier, Maurice Leroy, Jean-Pierre Door, François Cormier-Bouligeon, et Loïc Kervran.

Nicolas Forissier et Guillaume Peltier ont cependant co-signé l'amendement concernant les avantages tarifaires dans les transports.

Certains députés, non-présents dans l'hémicyle, ont pourtant pu participer au scrutin, par le biais d'une délégation. C'est le cas notamment de la députée d'Indre-et-Loire, Sabine Thillaye. 

Nos députés ont pu reprendre ce matin le chemin de leurs territoires, non sans un certain épuisement, Marc Fesneau nous en est témoin.