Le ministère des Armées refuse la Légion d'Honneur à un ancien résistant de Blois

Michel Duru n'aura pas la Légion d'honneur cette année. Photo d'illustration / © Alexandre Marchi / Maxppp
Michel Duru n'aura pas la Légion d'honneur cette année. Photo d'illustration / © Alexandre Marchi / Maxppp

Michel Duru, un Blésois de 94 ans qui a participé à la libération de la ville en 1944, s'est vu refuser la Légion d'honneur par le ministère des Armées le 21 janvier. Une décision surprenante pour le maire, qui avait porté sa candidature.

Par Bertrand Mallen

Au mois d'août 1944, Blois était libérée par les Alliés avec l'appui de la Résistance. Un peu plus de 75 ans plus tard, la Ville de Blois en la personne de son maire, Marc Gricourt, a fait la demande auprès du ministère des Armées qu'un des derniers acteurs de cette époque troublée, Michel Duru, soit considéré comme un candidat au titre de Chevalier de l'ordre de la Légion d'honneur.
 

"C'est décourageant et décevant"

Michel Duru, désormais âgé de 94 ans, sortait à peine de l'adolescence à l'époque, et participe à la libération de la ville. "Il s'agit aussi d'un des membres fondateurs de l'association du Musée de la Résistance et de la Libération à Blois", précise Marc Gricourt. Depuis la création du musée en 1995, Michel Duru a continué à en être un membre actif, présent à de nombreuses commémorations.

Selon un courrier reçu de la secrétaire d'État au ministère des Armées Geneviève Darrieussecq, la candidature de Michel Duru ne souscrit pas aux "conditions très strictes" fixées par le conseil national de l'ordre de la Légion d'honneur. "Il ressort de l’étude du dossier de Monsieur Duru qu’il s’est engagé le 15 août 1944 et a été radié des cadres le 7 décembre 1945. Cela signifie qu’il a effectué mois d’un an et demi de services militaires actifs, non assortis de fait de guerre. Il n’est blessé ni cité au cours de sa carrière militaire", précise le cabinet de la secrétaire d'État.

En outre, le rôle de Michel Duru, dans le monde associatif et au profit du devoir de mémoire, ne lui permettent pas non plus d'accéder à cette éminente distinction honorifique.

"C'est décourageant, décevant et ça nous interroge", a commenté le maire de Blois. Ce dernier ajoute qu'en "cette période de montée des nationalismes, de rejet de la religion des uns et des autres et d'antisémitisme, il aurait été opportun de reconnaître l'engagement de ces hommes et de ses femmes", insistant sur "l'importance du travail de mémoire".

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