Marc Gricourt, maire de Blois, avait décidé de boycotter la venue de Frédérique Vidal, la ministre ne viendra pas

Quelques jours après sa sortie controversée sur « l’islamo-gauchisme », la ministre de l’Enseignement supérieur fait toujours face à une levée de boucliers. Alors qu’elle était annoncée à Blois vendredi 26 février, le maire Marc Gricourt a annoncé son boycott.

© Thomas Padilla/MAXPPP


La polémique ne désenfle pas. "Je pense que l’islamo-gauchisme gangrène la société et l’Université fait partie de la société", lance la ministre de l’enseignement supérieur Frédérique Vidal, le 14 février dernier. Sur le plateau de CNews, la ministre prononce cette phrase qui, depuis, ne cesse d’alimenter le débat. Qu’à cela ne tienne. Quelques jours plus tard, le 21 février, Frédérique Vidal persiste et signe dans un entretien accordé au JDD. Elle explique même vouloir lancer une enquête sur le sujet.

Un boycott exceptionnel

Des sorties qui ont également indigné Marc Gricourt, le maire de Blois. Censé accueillir la ministre en visite vendredi 26 février à l’Institut de Formation en Soins Infirmiers (Ifsi) de sa ville, le maire de Blois a annoncé son boycott. Il en va de même pour Christophe Degruelle, président d’Agglypolys.

Les deux hommes expliquent leur geste dans un communiqué commun publié sur la page Facebook de Marc Gricourt. "Cette position est exceptionnelle. […] C'est la première fois depuis que nous sommes aux responsabilités que nous prenons une telle décision. Nous la prenons en notre âme et conscience", explique-t-il en dépit de "l’esprit républicain" qui veut que les élus locaux accueillent les ministres en déplacement dans leur territoire. 

Ils dressent même un constat alarmant sur l’état de santé du monde universitaire dans son ensemble. "Les enseignants, les étudiants, les directeurs d'établissements ne cessent d'alerter le gouvernement sur les conséquences catastrophiques de la crise sanitaire pour une grande majorité d'étudiants. La fermeture des établissements, lieux d'apprentissage, mais également lieux de vie, d'échanges, de liens sociaux, placent les étudiants dans une situation d'isolement, de grande solitude et de détresse psychologique importante", énonce le communiqué. Une situation face à laquelle ils jugent Frédérique Vidal "muette, inaudible, incapable de prendre la mesure de la situation."

Le maire socialiste de Blois souligne une "polémique nauséabonde" de la part ministre de l’enseignement supérieur, jusqu’à questionner son sens des priorités.

Une polémique nauséabonde, au doux relent d’extrême droite

"Madame la Ministre montre à la fois son mépris pour les étudiants en souffrance, laissés pour compte du gouvernement, et se permet de remettre en cause les principes fondamentaux de liberté de recherche de l'université", dénonce le communiqué. Avant de continuer : "Nous invitons Madame la Ministre à retirer ses propos, à retirer son projet et à se préoccuper avec force de la situation de nos étudiants. Dans l'immédiat, nous boycottons sa venue."

La visite de la ministre aura finalement lieu "à une date ultérieure"

En fin de journée ce jeudi, la préfecture du Loir et Cher a annoncé par un communiqué de presse, que la venue de Mme Vidal était reportée à une date ultérieure, sur décision du cabinet de la ministre.

 

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