Concert de Sting : un Englishman in Chambord

Publié le Mis à jour le
Écrit par Thomas Hermans

La star britannique, ex-chanteur du groupe The Police, était en concert à quelques pas du château de Chambord, en Loir-et-Cher, ce mardi 28 juin. Un show, reporté deux fois à cause du Covid, ardemment attendu par ses fans.

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C'est peu dire qu'il était attendu. Ce mardi 28 juin 2022, Sting a enfin enflammé la scène temporaire installée sur le domaine de Chambord, en Loir-et-Cher. Au départ prévu en 2020, le concert a été reporté deux fois pour cause de crise sanitaire. Mais le château s'est accroché à la star, francophile de son état, pour le garder à l'affiche en ce début d'été.

"On l'attendait, il était temps", réagit un spectateur ravi d'enfin voir et entendre son idole. "C'est un monument de la musique", détaille un autre. "On ne l'a jamais vu comme ça", explique une fan. Car, avec la scène installée dans la perspective du château, le cadre est on ne peut plus splendide. Sous un soleil généreux, les quelque 20 000 spectateurs ont pu profiter du concert dans les meilleures conditions.

Brand New Day

"Tous les concerts sont importants pour moi. Mais ici, c'est Chambord !, confiait-il à l'AFP avant de monter sur scène. Je suis chanceux de jouer dans un si bel endroit." Pour lui qui a commencé sa "carrière en jouant dans les clubs et les caves", jouer "dans un si beau château" devant des gens qui "viennent de toute la France pour te voir, tu ne peux qu'être reconnaissant". 

Et le public lui rend bien. Quand Sting entre en scène, il est 21h20, après trois premières parties -dont les Tourangeaux de GRANDE et le propre fils de la star, Joe Sumner. Il a 10 minutes d'avance sur le planning prévu, et certains visiteurs d'un jour sont encore au village temporaire à grignoter. Nombre d'entre eux s'entassent côté jardin de la fosse, tandis que le côté cour, qui leur est invisible, reste plutôt clairsemé. 

Mais qu'ils soient loin ou à deux mètres, tous les fans vibrent à l'unisson lorsque le gentleman rentre sur la scène. Même avec une veste jaune et un pull rayé rouge et noir, Sting reste Sting : la classe, tout simplement.

Born in the 50's

L'artiste de 70 ans entame son set avec Message in a Bottle, l'un des plus grands tubes de son ancien groupe The Police, et l'une de ses chansons les plus entraînantes. Il enchaîne avec Englishman in New York, peut-être son titre solo le plus célèbre en France. Le public se fait entendre sur les refrains. Un peu moins sur les deux suivantes, Every Little Thing She Does is Magic de Police et If You Love Somebody Set Them Free, qui font malgré tout se lever une forêt de mains applaudissantes.

Tout au long du concert, alors que la nuit tombe peu à peu, le château en arrière plan s'illumine des mêmes couleurs que la scène. Comme un décor de théâtre mouvant, la scène et les gradins en arcs de cercle formant un charmant cocon presque bucolique. 

Plus loin dans le concert, Sting prend le temps de jouer trois chansons de son dernier album, The Bridge, paru fin 2021. Des morceaux qui, sans obtenir le même succès à l'applaudimètre, se soldent par une certaine satisfaction du public, certes fortement acquis à la cause du chanteur-bassiste.

Pour se remettre les spectateurs définitivement dans la poche, la star frappe fort en enchaînant trois morceaux assez doux, issus de Ten Summoner's Tales, son album le plus abouti. Sur deux d'entre elles (Fields of Gold et Shape of My Heart), alors que le ciel s'assombrit de plus en plus, la fosse se couvre d'écrans de téléphones immortalisant l'instant, certains vieux de la vieille osant sortir le briquet et faire des vagues au-dessus des têtes. Aux premières vibrations de guitare de Shape of My Heart, le public crie de joie, et applaudit les interventions rappées de Gene Noble. L'Américain reprend les couplets du morceau Lucid Dreams de Juice WRLD, qui utilise un sample de, justement, Shape of My Heart.

Synchronicité

À- chaque chanson ou presque, Sting privilégie des versions live très proches de ce qu'on peut entendre en studio. Un manque d'expérimentation pour une prise de risque minimale, qui assure que chaque note tombe là où elle doit. Pour les fans, c'est le bonheur. 

Avec l'irruption de Wrapped Around Your Fingers, le chanteur envoie un signal clair : on arrête de se reposer et on danse ! Ses tentatives de faire taper des mains se soldent par des succès très temporaires. Qu'importe, le public est conquis quand Sting enchaîne les tubes de Police : Walking on the MoonSo Lonely... entre autres, avant de finir sur Every Breath You Take. Un triomphe.

Mais un triomphe un peu court. Après avoir salué, Sting ne fait pas tellement durer le suspense, et remonte sur scène pour un rappel. Payant, puisqu'il entame la chanson que tous attendaient : Roxane, que le public chante d'une seule voix. Il fait durer la chanson plus que sa version studio : voilà une apothéose qui tient toutes ses promesses. 

Et voilà qu'arrive la fin. Sting achève son show sur Fragile, une de ses plus belles chansons. Préférant, pour son climax, une douce mélancolie à une envolée pleine d'énergie. 

Bring on the Night

Entre les morceaux, l'anglophone s'essaie peu à la communication avec le public, malgré quelques tentatives en français (il habite une partie de l'année à Senlis, dans l'Oise). La plupart du temps, il se contente d'enchaîner les chansons, sans respiration, ni pour lui et ses musiciens, ni pour le public. Et puis ses tubes sont, généralement, assez courts. Si bien que, malgré une petite vingtaine de morceaux joués, le concert se conclue au bout d'à peine 1h40. 100 minutes bien remplies, mais certainement un peu brèves après deux ans d'attente pour des spectateurs décidés à chanter jusqu'au bout de la nuit.

Qu'importe, Sting aura réussi son pari : faire de Chambord la plus belle scène musicale de toute la région Centre-Val de Loire. Et, avec une telle affiche, l'une des plus prestigieuses.