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Aux Geek Faëries de Selles-sur-Cher, le festival plie mais ne rompt pas

Les Toulousains de Barbar'O'Rhum ont animé le début de soirée aux Geek Faëries, samedi 8 juin. / © F3 / BM
Les Toulousains de Barbar'O'Rhum ont animé le début de soirée aux Geek Faëries, samedi 8 juin. / © F3 / BM

La dixième édition des Geek Faëries, festival dédié à la pop culture et aux jeux vidéo hébergé au château de Selles-sur-Cher, promettait d'être historique. Son ouverture a pourtant été chamboulée par l'arrivée de la tempête Miguel.

Par Bertrand Mallen

"La nuit, c'est une journée en plus !" A l'ouverture du festival, la devise quasi-officielle des Geek Faëries était plus que jamais d'actualité. Initiée en 2009 à la Chapelle Saint-Mesmin, cette convention dédiée à la pop culture, aux jeux vidéo et à la création sur internet envahit tous les ans depuis 2014 les jardins du château de Selles-sur-Cher. Un cadre de rêve pour souffler la dixième bougie d'un événement unique en son genre.

Dix ans de pop culture

Car venir aux Geek Faëries, c'est pénétrer le temps d'un week-end dans une autre dimension. C'est prendre place dans la "Grande Tente Acule" pour écouter les conférences données par des vidéastes de tous horizons comme le Joueur du Grenier (3,2 millions d'abonnés), Linksthesun (1,6 millions) ou la chaîne de vulgarisation scientifique AstronoGeek.

C'est aussi jouer en famille, avec des amis ou avec des inconnus devant l'une des dizaines de consoles de toutes les époques de la tente gaming. C'est attraper un sandwich à "l'Amiral Snack-bar", parcourir les stands d'artisans, d'auteurs, d'artistes venus de toute la France, profiter d'un concert en plein air des groupes Barbar'O'Rhum ou Kickban et enfin terminer la soirée à une table de jeux de rôle, entouré d'autres aventuriers.

Un festival dans le vent

Mais pour en arriver là, il a fallu affronter les éléments. Déjà annulé en 2016 à cause des impressionnantes inondations qui ont frappé la région, le festival a cette fois été victime du vent. Dans la journée de vendredi, la tempête Miguel a emporté ou fragilisé plusieurs structures destinées à accueillir les exposants. La nuit de vendredi est donc devenue une journée de travail en plus, pendant laquelle les bénévoles se sont efforcés de sécuriser le reste du site.
Avant le début du tournoi (à l'aide d'armes en mousses), on présente ses respects à la reine. / © F3 / BM
Avant le début du tournoi (à l'aide d'armes en mousses), on présente ses respects à la reine. / © F3 / BM

De leur côté, les organisateurs prennent la chose avec le sourire malgré une nuit blanche qui a laissé des marques. "Quand le festival a été annulé une première fois en 2013, nous avons créé une rencontre avec nos festivaliers sur internet , les Geek Faëries 'On The Web'", raconte Naya Bié, organisatrice de la convention depuis ses débuts en 2010. "Lors des inondations de 2016, on a dû encore annuler et on a appelé ça les 'On The Water' et maintenant les festivaliers commencent déjà à surnommer l'édition 2019 les 'On The Wind' !" plaisante-t-elle. "L'an prochain, on attend la chute de météorites !" renchérit Elek, son compagnon et co-organisateur de l'événement.

Avec environ 7000 festivaliers en 2018, les Geek Faëries ne sont pas le plus gros événement geek de France, ni même sans doute de la région. Il reste cependant l'un des plus appréciés par les visiteurs comme par les invités. Julien Hervieux, connu sur Internet comme l'Odieux Connard, du nom de son blog pétri d'humour noir, n'en démord pas. "Sur d'autres salons, on est juste en dédicace, ou alors on vient juste faire une conférence. Alors que là si ce soir j'ai envie de m'assoir à une table de jeux de rôle avec des gens, j'irai ! Je ne connais pas beaucoup de festivals où l'on a autant l'occasion d'échanger avec le public".
Le Petit théâtre des opérations
Avec le "Petit théâtre des opérations", Julien Hervieux prend également un malin plaisir à raconter les pires et les meilleures anecdotes de l'histoire militaire
 

Armures, artisanat et amour

Même son de cloche du côté des festivaliers, même si certains ont dû encaisser de longues heures d'attente. Jérémy et Jonathan, venus de Bourgogne-Franche-Comté et costumés en guerriers vikings, n'ont pu mettre le pied sur le site que vers 23h30 vendredi soir, après avoir déjà longuement patienté devant le camping de Selles, qui n'a ouvert qu'à 20h, alerte orange oblige.

Une fois les obstacles de la nature surmontés, les festivaliers sortent leurs plus beaux costumes. Chevaliers, cyborgs, pirates et savants fous côtoient assassins de jeux vidéo et guerriers nains issus de la littérature d'heroic fantasy. En chapeau haut de forme et gilet d'inspiration steampunk, Loris vient à Selles-sur-Cher pour la première fois : "Comparé aux grosses convention, c'est plus petit, plus familial, on se sent davantage entre copains", explique-t-il.

Les festivaliers costumés (ou en cosplay) s'en sont donné à coeur joie / © F3 / BM
Les festivaliers costumés (ou en cosplay) s'en sont donné à coeur joie / © F3 / BM

A peine l'a-t-on quitté qu'on tombe sur un groupe de pirates accompagnés de la Denrée du film La Soupe aux choux. Parmi ces Tourangeaux, certains viennent pour la première fois. Manon, coiffée d'un tricorne, est une "ancienne" ici, avec quatre éditions des Geek Faëries à son actif. "On revient pour les déguisements, pour l'ambiance, pour les conférences", énumère-t-elle. "La pop culture, la création sur youtube, tout ça c'est notre culture, et ça fait du bien de la voir représentée", renchérit Mathieu, moustache en guidon de vélo et veste rouge d'officier.

Dans ces conditions, la longévité du festival n'a rien d'étonnant. "On est très, très liés à notre public", poursuit Naya Bié. "Les frontières entre public, bénévoles, invités et exposants n'existent pas vraiment ici." Après avoir survécu par monts et par vents, les Geek Faëries paraissent bien parties pour continuer au moins dix ans de plus. "Si on continue à être tous là pourquoi pas !", lâche Naya dans un sourire. Nous, en tout cas, on y sera.

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