VIDÉO. Des parents d’élèves décident d’occuper jour et nuit une école du Loir-et-Cher pour dénoncer les fermetures de classes

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La nouvelle carte scolaire prévoit la suppression d'un poste enseignant à l'école primaire de Sargé-sur-Braye. Inacceptables pour les parents d'élèves qui décident d'occuper jour et nuit cette école. ©Garo Kevorkian; Yves Le Bloa; Eric Martinen

La carte scolaire de la rentrée 2024-2025 mobilise de nombreux parents partout en France, afin de conserver leurs classes. À Sargé-sur-Braye en Loir-et-Cher, la mobilisation parentale se transforme en occupation de l’école.

La colère ne retombe pas. Après une première manifestation devant l’école de Sargé-sur-Braye le 6 février dernier, réunissant plus de 200 parents d’élèves, professeurs, habitants et sympathisants de la cause. La nouvelle carte scolaire commence à se dessiner, avec ses premiers gagnants et perdants. Dans cette école du Loir-et-Cher, la rentrée doit se faire avec un poste d’enseignant en moins, donc une classe en moins.

Conséquence, les parents ont décidé de passer à la vitesse supérieure en occupant jour et nuit l'école. L’an prochain sur les 79 élèves de l'établissement, 20 d’entre eux, devront être répartis dans les trois autres classes. Inimaginable pour Manon Depauw, mère de famille de deux enfants.

« Ca veut dire une classe à triple niveaux, car beaucoup moins d’enseignants pour beaucoup plus d’élèves. Ça veut aussi dire des conditions d’apprentissage qui sont moins bonnes. Mon fils sera en CP dans un an. Je ne pense qu’il soit capable d’apprendre correctement et être dans de bonnes conditions s’ils sont trente par classe ».

Manon Depauw, Parent d'élève

Sur place, les parents s’organisent. Sacs de couchage, matelas gonflables, thé et café et de quoi se nourrir.

Ce lundi soir, une vingtaine de personnes ont occupé la salle de l’école. Après minuit, deux familles ont décidé de dormir sur place, avec les enfants. "C’était une drôle d’expérience pour ma fille, le matin quand sa maîtresse est venue à l’école. Elle lui a demandé ce qu’elle faisait chez nous", confie amusée Agathe Bouvier, parent d’élève. Pas question de lever le camp pour le moment. Malgré la venue depuis Vendôme, d’une inspectrice d’académie pour dialoguer avec les parents d’élèves, leurs actions se poursuivent. Désormais, les parents ont décidé de s’installer aussi dans les salles de classe, durant les heures de cours, "sans perturber la classe et la maîtresse".

Face à cette situation, la Directrice académique des services de l’Education nationale du Loir-et-Cher (DASEN 41), Solène Berrivin regrette cette occupation, mais assume la prochaine carte scolaire qui se profile. Selon les chiffres du Ministère de l’éducation, le département du Loir-et-Cher connaît une baisse de 3,3% des effectifs dans le premier degré (école maternelle et élémentaire) pour la future rentrée 2024.

« Nous devons rationaliser les moyens sur le territoire. J’ai 24 postes à rendre, c’est un équilibre à construire. Pendant trois ans, nous avons retenus les fermetures de classe dans le nord du département. Nous sommes dans une situation où les effectifs sont très légers dans la communauté de communes des Collines du Perche, dont l’école de Sargé-sur-Braye ».

Solène Berrivin, Directrice académique du Loir-et-Cher

Message inaudible pour les parents qu’ils assurent continuer leur combat autant que nécessaire. Cette semaine, ils prévoient d’organiser une opération escargot sur l’axe très emprunté d’Orléans – Le Mans.