REPLAY. Enquêtes de région : paris sportifs et addiction, la folie des pronostics

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La Coupe du monde s’est achevée à la mi-décembre et un nouveau record a été battu. D’après l’Autorité nationale des jeux (ANJ), les Français ont dépensé près de 615 millions d’euros lors de cette compétition. Soit 68% de plus que pour le mondial 2018. Également dans votre Enquête de région : le renouveau des jeux de société et l'ascension des escape games.

Dimanche 4 décembre, la France affronte la Pologne. Premier match couperet de la compétition pour les Bleus. Pour espérer se qualifier en quart de finale, la victoire est impérative. Dans ce bar d’Orléans, l’affluence est à son maximum. Beaucoup de jeunes supporters venus entre amis, pour suivre le match, mais pas seulement.

"Vibrer entre amis"

Ils sont nombreux à regarder aussi leur application de paris en ligne favori, en espérant gagner quelques euros : "J’ai parié sur Griezmann ou Mbappé buteur", s'exclame un jeune homme. "J’ai fait un combiné aussi, c’est-à-dire que j’ai rajouté un autre pari pour augmenter ma cote. On regarde, on mise, ça dure 20 secondes, c’est hyper rapide."

Sa mise ? 10 euros. Suffisant pour "vibrer entre amis". A une autre table, deux amis ont l’habitude de miser des sommes bien plus importantes. Le Maroc est l’équipe surprise de la compétition. Des victoires qui font le bonheur de ce parieur d’origine marocaine : "J’ai misé sur le Maroc contre la Belgique. La cote était à 4,50. J’ai misé 200 euros, puis j’ai pris 900 euros. C’est un risque à prendre, mais ça permet d’arrondir les fins de mois, puis en tant qu’étudiant ça ne peut que m’aider.

Pari gagnant pour les opérateurs

Cet engouement fait le bonheur des 17 opérateurs de paris en ligne agréés en France. Dès qu’il le souhaite, le client peut parier de l’argent sur le sport, le pays, le score à la mi-temps… Les propositions sont nombreuses et très poussées. Un succès porté par un marketing très agressif et multi-diffusé sur les écrans.

En 2021, les dépenses publicitaires des opérateurs de paris en ligne ont atteint le montant record de 237 millions d’euros. Un investissement qui paye, puisqu’en 2021, le nombre de joueurs actifs (au moins un pari dans l’année), se porte à 4,47 millions. (source ANJ) Soit une hausse de 124% en quatre ans. 

Face à un tel engouement, un nouveau métier a fait son apparition sur les réseaux sociaux, le pronostiqueur professionnel. Sur Instagram, YouTube ou encore Telegram, nombre d’entre eux donnent des pronostics à leur communauté en ligne.

À la marge de la légalité

La plupart du temps, ces pronostiqueurs incitent à ce que leurs abonnés jouent via un lien sponsorisé, vers un opérateur de paris en ligne. Si l’opération n’est pas illégale, certains n’hésitent pas à monnayer leurs pronostiques.

"C’est complétement interdit de vendre du conseil en analyse sportive", raconte Maxime Demiautte alias Maxime The Gladiator, pronostiqueur gratuit sur les réseaux sociaux. "Pourquoi ? Parce que les paris sportifs sont encore considérés comme un jeu de hasard, donc c’est totalement interdit de vendre des conseils. Ceux qui le font ne sont pas dans le cadre de la loi. Qu’importe si sur leur site, il y a un numéro de siret, c’est interdit." Qui plus est, même après un mauvais pronostic, le pronostiqueur peut encore gagner de l’argent.

Toutes les personnes qui vont s’inscrire en passant par le lien du pronostiqueur, dès qu’ils vont perdre de l’argent sur un site de paris sportifs. Il y aura un certain nombre de pourcentage qui ira tout droit dans les poches du pronostiqueur et ceci à vie ! Le pronostiqueur est gagnant quoiqu’il arrive

Maxime "TheGladiator" Demiautte

D’après Santé Publique France sur 100 parieurs sportifs, une quinzaine risque de basculer dans une pratique problématique. D’ailleurs l’addiction aux jeux d’argent est reconnue comme une maladie par l’Organisation Mondiale de la Santé.

Aujourd’hui, il existe des structures spécialisées afin de repérer les signes d’addiction et de les soigner : "Les signes ? La perte de contrôle, l'impossibilité de s’arrêter malgré les pertes", explique Céline Benoist, psychologue addictologue à l'Apleat-Acep à Orléans. "On observe aussi une envie de se refaire. A partir du moment où le jeu devient un centre d’intérêt principal, quand on se sent plus préoccupé, qu’on délaisse des activités et que ça prend beaucoup de place. Il faut commencer à se questionner."

Parmi les publics les plus vulnérables, se trouvent les mineurs. Pourtant d’après la loi, il est interdit de vendre des paris sportifs en ligne ou au PMU au moins de 18 ans. D’après les chiffres de l’ANJ, un tiers d’entre eux a déjà joué à des jeux de hasard, et 12% des 15-17 ans sont considérés comme des joueurs problématiques. En 2022 face à l’addiction, 46 000 volontaires se sont fait interdire de jeux auprès de l’Autorité nationale des jeux. 

Le grand retour des jeux de société

Également dans votre Enquête de région sur le thème des jeux, retrouvez un reportage sur le renouveau des jeux de société. Cluedo, Monopoly… vous y avez forcément joué. Ce sont des classiques. Mais avez-vous essayé Catan, Carcassonne, 7wonders ou Pandémie ?

Ce sont les jeux dit modernes et ceux-là, ils ont trouvé le grand public un peu grâce aux confinements, mais pas seulement. Pour les passionnés, jouer autour d'une table a encore plus de sens aujourd'hui qu'avant le covid-19.

L'ascension des escape games

Le troisième reportage de votre Enquête de région vous captivera... littéralement. L’engouement du public pour les escape games, distraction née au Japon en 2007 et débarqué en France en 2013, n’est plus à démontrer.

Le phénomène est même en pleine explosion, on compte désormais en France plus de 2 500 salles au sein de de 870 enseignes. En 2019, avant la crise Covid, une vingtaine de salles ouvrait chaque mois dans l’Hexagone. Les deux principales enseignes du secteur sont nées à Tours.

De la folie des pronostics aux escape games en passant par la renaissance des jeux de plateau, l'époque est au jeu dans Enquête de région ce 18 janvier. 

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