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Femmes battues : “On suspecte que le gouvernement ne veuille pas dévoiler les chiffres tellement ils sont mauvais”

© PHOTOPQR/LA PROVENCE/MAXPPP
© PHOTOPQR/LA PROVENCE/MAXPPP

Dominique Tripet, conseillère municipale communiste de la ville d'Orléans, interpelle le gouvernement sur le nombre de femmes tuées à la suite de violences conjugales en 2017.

Par Camille Belsoeur

C'est une cause pour laquelle Dominique Tripet, conseillère municipale communiste à la ville d'Orléans, se bat depuis des années. Dans un tweet posté le 17 octobre, l'élue interpelle Marlène Schiappa, la secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité entre les hommes et les femmes, sur l'absence de communication de l'Etat autour du nombre de femmes tuées suite à des violences conjugales en 2017. 
 

Toujours pas de chiffre pour 2017

"Dans le Loiret, on attend toujours le rapport d'enquête autour de la défenestration du femme par son concubin en septembre 2017 à Orléans qui est sûrement selon nous un féminicide", explique Dominique Tripet, qui estime que le nombre de femmes tuées par leur mari, leur ex, ou leur conjoint est sous-estimé à l'échelle locale comme nationale par les autorités. 

"Selon notre mode de collecte, il y a 133 femmes battues qui ont été tuées en 2017 suite à des violences, contre 123 officiellement en 2016, s'alarme Dominique Tripet.

On arrive à ce chiffre de 133 victimes avec l'aide de plusieurs associations en collectant tous les articles qui rapportent les décès de femmes battues dans la presse. Le problème, c'est que l'Etat n'a toujours pas communiqué de chiffres officiels pour l'année 2017. Avant, on avait les statistiques en juin. L'an passé, c'était en septembre et cette année nous n'avons toujours rien. On suspecte que les chiffres soient tellement mauvais que le gouvernement veuille les annoncer en même temps qu'une nouvelle mesure pour faire bonne figure", ajoute l'élue.

 

"Les choses bougent dans le bon sens"

Chargée de la question des violences faites aux femmes par la mairie d'Orléans, Dominique Tripet reconnaît que les pouvoirs publics prennent ce fléau à bras-le-corps dans le Loiret. "La préfecture du Loiret reconnaît que le département a des chiffres plus élevés que la moyenne concernant les violences faites aux femmes. C'est notamment lié au bon travail sur le terrain des associations qui relaient les cas de violences. Il faut aussi dire que les choses bougent dans le bon sens dans le département grâce à la police, à la préfecture, même si on n'en fait jamais assez", conclut l'élue communiste.

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