Tavers (Loiret) : E. Leclerc respecte-t-il le bien-être animal ?

Un renne dans un supermarché. Une bonne pub pour Leclerc? / © X.Naizet
Un renne dans un supermarché. Une bonne pub pour Leclerc? / © X.Naizet

Pour ses animations commerciales de Noël, un hypermarché Leclerc de Tavers (Loiret) a choisi d’exhiber un jeune renne dans une galerie marchande. Ce type d’animal est-il à sa place dans ce genre d’endroit ?

Par Xavier Naizet

« Il est beau ! » « Oh le pauvre ! » « Il a peur ! »

Côté clientèle les réactions sont mitigées. Certains trouvent l’idée sympathique, d’autres éprouvent un malaise. Quant à l’animal, impossible de savoir ce qu’il en pense mais selon son propriétaire, il vit ça très bien.
Selon son propriétaire, Belle n’est pas stressée. / © X.Naizet
Selon son propriétaire, Belle n’est pas stressée. / © X.Naizet

« Belle » est un jeune renne femelle de 3 ans (l’âge adulte commence à 5 ans) qui passe l’essentiel de l’année dans un élevage du Maine-et-Loire et qui, pour la période des fêtes, est promené d’un supermarché à l’autre pour accompagner une animation autour du père Noël. Exhibé dans la galerie du matin au soir, il est enfermé dans un enclos de quelques mètres carrés et dispose de deux petites bassines d’eau. Son propriétaire, qui tient le rôle du père Noël et possède aussi des singes et des lions, propose ses services aux grandes enseignes.

Père Noël et renne. Une animation commerciale comme une autre ? / © X.Naizet
Père Noël et renne. Une animation commerciale comme une autre ? / © X.Naizet

Derrière sa barbe et son costume, il préfère garder l’anonymat pour éviter les ennuis mais se justifie quand même : 

 Il a l’habitude d’être manipulé. S’il avait peur, il perdrait ses poils. Là, il est bien. Il n’a pas trop chaud. Il est mieux qu’une vache qu’on laisse s’enfoncer dans la boue. Nous, on aime nos animaux. Ceux qui ne comprennent pas ça sont des cons ! »


Ce père Noël est-il une ordure ?


A l’heure où l’on débat de l’interdiction des animaux sauvages dans les cirques, la présence de bêtes venues du grand nord dans les commerces d’un pays tempéré pose question. Pour Aline Maatouk de la fondation Brigitte Bardot, on ne peut pas parler de maltraitance a priori :

Le renne est un animal domestiqué qu’on préférerait voir dans les pâturages plutôt que dans les centres commerciaux mais il peut supporter ces conditions. Disons qu’il va subir un stress comparable à celui d’une vache au salon de l’agriculture.Dans cette logique, on pourrait aussi réclamer l'interdiction du salon du cheval mais on ne veut pas passer pour des extrémistes.



De son côté, la direction du magasin n’a reçu qu’une seule remarque négative. Tous les autres clients étaient, selon elle, ravis de l’opération.

Après leur journée de travail, Belle et le père Noël se sont ensuite dirigés vers Bordeaux pour une autre animation prévue quelques jours plus tard.

Le renne du centre Leclerc de Tavers dans le Loiret

 

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