Loiret : les meurtriers présumés de Karine Foucher, l’infirmière de Pannes et son patient, Jacques Samson, arrêtés

7 semaines après les meurtres de Karine Foucher, infirmière libérale à Pannes, et son patient, Jacques Samson, le procureur de la République a tenu une conférence de presse ce vendredi soir à Orléans. Trois personnes ont été mises en examen pour le double meurtre de l'Est du Loiret. 

C'est sur cette route de campagne, à Pannes, dans l'Est du Loiret que le corps de Karine Foucher a été retrouvé par des promeneurs. Le corps de son patient, Jacques Samson, a été retrouvé à seulement quelques kilomètres de là, à Châlette-sur-Loing.
C'est sur cette route de campagne, à Pannes, dans l'Est du Loiret que le corps de Karine Foucher a été retrouvé par des promeneurs. Le corps de son patient, Jacques Samson, a été retrouvé à seulement quelques kilomètres de là, à Châlette-sur-Loing. © F3CVDL
Il a fallu près d'un mois et demi aux deux juges d'instruction d'Orléans en charge de l'enquête pour recomposer le puzzle du double meurtre de l'Est du Loiret. L'affaire a connu un rebondissement ce mercredi quand le procureur de la République, Nicolas Bessone, nous a confirmé l'arrestation de 8 personnes. Ces 8 individus ont été placés en garde à vue le 4 décembre pour 48 heures. A l'issue des gardes à vue, les magistrats instructeurs ont mis en examen ce mercredi, Fazia Megchiche, 40 ans, et son frère Messaoud Megchiche, 33 ans. Une troisième personne, Memet Sari, un garde forestier de 54 ans, a également été mis en examen. Il n'aurait pas dénoncé le double crime, alors qu'il savait.


Un mobile vraisemblablement crapuleux 

Alors que s'est-il passé ce 21 octobre à Pannes puis à Châlette-sur-Loing ? Les investigations démarrées en flagrance puis sur commission rogatoire de deux juges d'instruction ont permis de faire des avancées significatives dans l'enquête. Grâce à la téléphonie, aux témoignages et aux relevés d'empreintes, les enquêteurs ont pu impliquer deux personnes : 
Fazia Megchiche, une Chalettoise de 40 ans dont les analyses ADN ont démontré la présence sur les deux scènes de crime. Cette mère célibataire de 7 enfants et sans emploi, réside à quelques mètres du domicile de Jacques Samson. Son frère, également sans emploi et poly-toxicomane, connu des services de police pour une douzaine d'infractions pour détention de drogue, aurait également participé au double meurtre.

La maison de l'une des huit personnes interpellées dans le cadre de l'enquête sur le double meurtre dans le Montargois.
La maison de l'une des huit personnes interpellées dans le cadre de l'enquête sur le double meurtre dans le Montargois. © Christophe Dupuy/MaxPPP


Karine Foucher, là au mauvais moment au mauvais endroit

Les enquêteurs ont constaté des traces de fouilles et de lutte au domicile du retraité de 84 ans. Selon un scénario vraisemblable, l'infirmière qui se rendait au chevet de Jacques Samson tous les matins à 6h pour lui prodiguer des soins, aurait surpris les deux malfaiteurs en plein cambriolage. L'ADN de Fazia Megchiche a été retrouvé sur le chouchou qui maintenait les cheveux de Karine Foucher, sur ses vêtements et sur la portière du 4X4 Tiguan où l'infirmière a été embarquée de force. 

L'exploitation de l'iPhone de Karine Foucher a également permis de déterminer que le lieu de repli de l'équipe de malfaiteurs est le propre domicile de Fazia Megchiche. Ce smartphone va aussi se retrouver à un lieu de retrait d'argent. 800 euros ont été retirés du compte bancaire de l'infirmière par Messaoud Megchiche. "On peut donc penser que le code de la carte de Karine Foucher lui a été extorqué ", explique Nicolas Bessone. Le téléphone va aussi montrer que les malfaiteurs sont revenus au domicile de Jacques Samson à Châlettes-sur-Loing, après avoir abandonnés le corps de Karine Foucher à Pannes. Ils se sont ensuite rendus au domicile de Fazia Megchiche.
Le 4X4 et le téléphone jeté dans une poubelle ont été retrouvés par les enquêteurs. 

L'enquête a pu aussi établir un lien entre Fazia Megchiche et Jacques Samson. En 2017, Madame Megchiche avait travaillé pour le retraité de façon non déclarée. "Elle devait faire chez lui des ménages. A l'époque, elle avait fait l'objet d'une procédure, car il semblerait qu'elle se serait fait remettre par monsieur Samson des chèques. Elle aurait alors encaissé des sommes plus ou moins importantes, ce qui aurait entrainé une plainte du retraité," a expliqué le procureur. 


Les Megchiche nient les faits

A l'issue des auditions ce mercredi, les deux frères et soeurs ne reconnaissent pas les faits. Ils se renvoient partiellement la responsabilité de ce qui s'est passé, expliquant être chacun resté au domicile de Fazia Megchiche. Ils ont été mis en examen pour double meurtre en concomittance. Ils ont été placés en détention provisoire. "En l'absence d'explications et de dénégations on ne peut pas à ce stade déterminer l'enchainement des faits, pas plus que d'un mobile mais la fouille du domicile de Monsieur Samson, le retrait de 800 euros avec la carte bancaire de madame Foucher, tout ceci laisse penser à un mobile crapuleux," a déclaré le procureur de la République. "

Nous n'avons pas plus d'explications sur l'amputation des mains de monsieur Samson en raison des dénégations des deux mis en examen. A ce stade des investigations, ces mains n'ont pas été retrouvées, a conclu Nicolas Bessone. 

Memet Sari, le troisième mis en examen pour non dénonciation de crime, se trouvait au domicile de Fazia Megchiche le jour du crime. Il a aussi été placé en détention provisoire. 


Le "pavillon de l'horreur"

La violence des meurtres avait surpris les enquêteurs de la section de recherche d'Orléans. Le 21 octobre dernier, Karine Foucher était retrouvée agonisante par des promeneurs sur une route départementale entre Pannes et Châlette-sur-Loing. Arrivés sur place rapidement, les pompiers n'avaient rien pu faire pour la sauver. 
Quelques heures plus tard, au 20, rue Henri-Guichard à Châlette-sur-Loing, Jacques Samson, était retrouvé mort par les gendarmes. Dans la maison rebaptisée "le pavillon de l'horreur" par les gens du coin, les enquêteurs avaient constaté que le cadavre du vieil homme a été mutilé. Jacques Samson a été amputé de ses mains post-mortem. 



 


 
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