À Orléans, la fonderie historique Sifa dépose le bilan

Publié le
Écrit par Etienne Merle .

Le sous-traitant automobile qui emploie 78 salariés va déposer le bilan, mercredi 30 novembre, au tribunal de commerce d'Orléans. Les salariés sont désormais suspendus à la décision du tribunal de commerce.

C'est la fin d'une fonderie née il y a près d'un siècle à Orléans. Sifa Technologie, créée en 1936, pourrait ne pas passer l'hiver. Ce sous-traitant automobile, spécialisé dans les pièces en aluminium des moteurs, est frappé par une grave crise financière et va déposer le bilan, ce mercredi 30 novembre au tribunal du commerce d'Orléans.

L'inquiétude est vive chez les 78 salariés de l'entreprise qui s'en remettent désormais au tribunal, amené à se prononcer sur l'avenir de l'entreprise. "On approche des fêtes de fin d'année. Nous sommes une entreprise vieillissante. Autant dire que ce n'est pas la joie", raconte un salarié qui préfère rester anonyme.

Chronique d'une fermeture annoncée

Si la crise du coronavirus est avancée pour expliquer les difficultés que traverse la fonderie, les ennuis financiers de Sifa remontent à beaucoup plus loin.

En mai 2014, le conseil d'administration valide les comptes pour l'exercice 2013. Les résultats sont désastreux. Sifa enregistre une perte nette de 673 000 euros. 

Les choses ne vont pas s'arranger. En 2015, les pertes de l'entreprise passent la barre du million d'euros. L'année suivante, la société est placée en redressement judiciaire.

Il y a eu l'arrêt des moteurs thermiques, le groupe Renault qui n'a pas suivi sur les contrats. On a également perdu un contrat avec Volkswagen. C'est un mélange de beaucoup de choses. La direction n'a pas suffisamment su diversifier la production de l'entreprise

Un salarié de Sifa

En 2016, le groupe spécialisé dans l'aluminium Alty reprend la fonderie et  les comptes de  l'entreprise semblent s'assainir. Les pertes sont moins importantes, mais bien loin de permettre une rentabilité pour l'entreprise. Cette respiration est aussi due à la hausse du temps de travail et à la réduction des effectifs de 130 à 96 salariés entre 2015 et 2019. 

"On savait que ce n'était qu'une question de temps"

En 2020, la crise du covid frappe toutes les entreprises de l'hexagone. Sifa technologie, malgré son léger rebond économique, va en faire les frais.  Son résultat dégringole de nouveau et les pertes atteignent les 1,8 million d'euros en 2021.

Pourtant, la même année, le PDG d’Alty, Patrick Bellity assurait à la presse vouloir se positionner sur la reprise de la fonderie Sam, dans l'Aveyron. Selon nos confrères de France Bleu, le groupe a même contracté un prêt garanti par l'État, dont deux millions d'euros n'ont pas été remboursés à ce jour. "Ces aides ont servi à payer les salariés. On savait que ce n'était qu'une question de temps et qu'on allait plonger", ajoute le salarié anonyme.

Sifa technologie a également reçu 800 000 euros du plan France Relance. Chez nos confrères de France Bleu, le directeur de la fonderie voyait dans cette aide une aubaine : "On a un projet d'investissement qui se décline sur trois volets. Le premier c'est faire de la rupture technologique dans notre modèle de production, il faut qu'on fasse notre transformation numérique ou ce qu'on appelle aujourd'hui l'industrie 4.0." 

Aujourd'hui, ces paroles ont un goût amer pour l'ensemble des salariés de la fonderie et sonnent comme un lointain mirage.

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