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A Orléans la Source, les fêtes de Jeanne d'Arc ont longtemps été une institution, avant de disparaître sans explication. Sur l'initiative d'Olivier Carré, en 2015, les célébrations recommencent. Dans le quartier, les Sourciens ont accueilli l'événement avec bonheur, sans oublier complètement cette période d'abandon.

Le vin et les épices


"Il faut filtrer parce que dedans, il y a les épices, regardez ce morceau de cannelle, c'est pas facile à boire (rires). C'est quelque chose que je fais depuis des années, je viens du Berry, c'est un peu l'apéritif pas cher, et naturel !"

11 heures le 3 mai, on est à la veille de la fête de Jeanne d'Arc à La Source. Alain Brialix, membre du club des seniors, peaufine sa plus précieuse contribution.

Il fabrique - pour ceux qui participent à l'organisation - de l'hypocras, une boisson médiévale à base d'épices et de vin rouge. "Cette année, ils ont demandé la recette, mais elle ne sera pas là !", sourit-il malicieusement. Pas de scoop, on n'a pas réussi non plus à lui soutirer. 
 
Sur sa terrasse, Alain Brialix filtre le premier litre de son hyprocras maison.  / © Yacha Hajzler / France 3 CVDL
Sur sa terrasse, Alain Brialix filtre le premier litre de son hyprocras maison. / © Yacha Hajzler / France 3 CVDL

Le jour de la fête, il sera au baptême de son arrière-petite-fille, mais au moins, les camarades penseront à lui au moment de l'apéritif. "Sur le stand du club des seniors, bon déjà, on est habillés en médiévaux, et puis on fait des pâtisseries à la mode du Moyen-Âge" détaille-t-il.

Alain Brialix est arrivé à la Source en 1973. Le quartier, il commence à connaître. Il se souvient quand, des années auparavant, Jeanne d'Arc venait défiler le long de l'avenue de la Bolière. Et puis un jour, sans explications, le défilé s'arrête.

"Moi j'ai trouvé que c'était catastrophique, après tout, on fait partie d'Orléans ! Y'a pas de raison qu'on n'ait pas notre participation, aussi minime soit-elle, aux fêtes de Jeanne d'Arc. Il y a eu ce sentiment d'abandon, un peu."
 

"Ça y est, elle l'a dit !"


Niamé Diabira a contribué au retour des fêtes de Jeanne d'Arc dans le quartier de la Source, en 2015. "C'est important que Jeanne d'Arc vienne à La Source. Elle est arrivée dans Orléans par les Tourelles, donc par le Sud. On voulait le faire dès 2014, mais on a été élus en mars, c'était trop juste", glisse l'adjointe à la mairie.

Energique, souriante, elle a rejoint le vendredi après-midi les équipes qui montent le camp médiéval. "On était un jour en Assemblée Générale, et il y a cette habitante qui le lâche : "et pourquoi pas la fête de Jeanne d'Arc à La Source ?" Nous, on l'applaudit des deux mains : ça y est, elle l'a dit ! Quand ça vient d'un habitant, ça a plus de sens."
 
Niamé Diabiré, ajdointe à la mairie du quartier de La Source  / © Yacha Hajzler / France 3 CVDL
Niamé Diabiré, ajdointe à la mairie du quartier de La Source / © Yacha Hajzler / France 3 CVDL

Alors on réunit les associations, on organise les animations, on remet tout sur pied. Les associations médiévales suivent le mouvement, comme le célèbre son et lumière de Cléry, qui prête entre autres les costumes.

"On ne fait vraiment pas ça à moitié, et c'est une fierté quand on est d'ici. Les Sourciens sont complexés, ils pensent qu'ils sont encore plus mal considérés que ce qu'il sont. Maintenant on inverse la donne, on montre ce qu'il y a de bien dans ce quartier !"

Pour Niamé Diabira, Jeanne d'Arc, c'est un patrimoine commun, jusque dans l'intime, dans le quotidien."Il n'y a pas une orléanaise à qui la mère n'a pas dit un jour "Non, ma fille, tu entends les voix de Jeanne", quand on lui dit "maman, tu m'as parlé ?" On a tous ce rapport à Jeanne."
 

Impliqués toute l'année


Saïd Souiki approuve : Jeanne d'Arc, c'est tout le monde. "Il y a une vraie représentativité des Sourciens sur cette fête, tous les publics, des gens de toutes les origines, sont présents. Cette mixité est importante, c'est là qu'on voit si les fêtes ont un intérêt pour toute la population", témoigne-t-il, photos de l'édition précédente à l'appui.
 
Saïd Souiki, responsable du centre Aselqo de la Bolière.  / © Yacha Hajzler / France 3 CVDL
Saïd Souiki, responsable du centre Aselqo de la Bolière. / © Yacha Hajzler / France 3 CVDL

Il est responsable, depuis 2015, du centre social Aselqo Bolière. Le centre s'est impliqué dans les festivités dès leur retour au quartier. "Cette année on a travaillé sur les couronnes, puis une oeuvre collective avec une bannière qui fait partie de l'histoire de Jeanne d'Arc, et on prépare des enluminures pour que les enfants puissent le faire avec la 1ere lettre de leur prénom. On aura aussi un atelier vanerie sur le site, c'est que des gens de La Source." Une manière pour les Sourciens de se sentir impliqués bien avant le Jour J.
 

La Source, loin de sa "page noire"


"Ça tisse des liens entre sourciens, on sort le matin pour aller au boulot, on rentre que le soir, les voisins on les croise, mais pendant la fête on a le temps de discuter" ajoute de son côté Amal Sayah-Henrion. Trésorière de l'association Qualité de Vie à La Source, elle travaille à l'hôpital de La Source.
 
Amal Sayah-Henrion devant l'hôpital de La Source et son stand blason aux fêtes de Jeanne d'Arc / © Yacha Hajzler / France 3 CVDL
Amal Sayah-Henrion devant l'hôpital de La Source et son stand blason aux fêtes de Jeanne d'Arc / © Yacha Hajzler / France 3 CVDL

Tout au long de l'année, l'association s'emploie à créer du lien, en plus de gérer les inconvénients du quotidien. Téléthons, anniversaires des centenaires en maison de retraite, conférences... Jeanne d'Arc à La Source, c'est un rendez-vous de plus, qui souligne la beauté du quartier.

"Ça a permis à des orléanais du centre ville de connaître La Source dans un cadre autre, les gens ont gardé que cette page noire de la Source, qui n'existe plus. J'espère que ça va continuer et qu'on va avoir une autre image, encore plus belle."
 

Diaporama - Jeanne d'Arc à La Source