Ce mercredi 4 août sort "Messe Basse", un huis-clos aux confins du fantastique et du thriller psychologique. Pour Baptiste Drapeau, son réalisateur, il s'agit d'un premier long-métrage qui semble déjà prometteur.
Deux femmes, une grande demeure bourgeoise, et un disparu qui se fait de plus en plus présent, c'est la proposition de Messe Basse, qui sort ce 4 août au cinéma. Mélangeant romantisme, thriller psychologique et une pointe de fantastique, il s'agit du premier long-métrage du réalisateur orléanais Baptiste Drapeau. Un exercice de style et un "défi de mise en scène", de l'aveu même du cinéaste, qui a puisé son inspiration parmi les classiques du genre.
L'étudiante, la veuve et le fantôme
En deux mots, Messe basse est l'histoire de Julie (Alice Isaaz), étudiante fauchée et future-aide-soignante, qui emménage chez Elizabeth (Jacqueline Bisset). Vingt ans plus tôt, Elizabeth a perdu son mari, Victor, sans jamais faire son deuil. Jour après jour, elle continue de le faire vivre dans cette grande maison bourgeoise, comme s'il était toujours là. Julie joue le jeu, mais "plus elle joue le jeu, plus elle commence à ressentir et à voir Victor, comme une vraie présence", jusqu'à ce que le film tourne au triangle amoureux entre le disparu, la veuve et la jeune femme.
Chacun se fera son idée sur la réalité, ou non, des phénomènes étranges observés par les deux protagonistes, "mais dans la construction ça ressemble à un film de fantôme", admet le cinéaste. Baptiste Drapeau ne cache d'ailleurs pas sa joie de s'être "réapproprié" les codes du film de genre et de diriger le duo d'actrices "incroyables" qui porte le film. "Le vrai défi, ça a été de toujours renouveler la mise en scène", notamment pour les nombreuses séquences tournées en huis-clos. "Quand on a six ou sept scène dans la même pièce, à un moment il faut trouver des astuces !"
La passion de l'image
Même s'il s'agit d'un premier long-métrage, le jeune réalisateur n'en est pas à son coup d'essai. Après une enfance à Orléans, où il fréquente, ado, le lycée Charles Péguy, Baptiste Drapeau se tourne très tôt vers le monde de la création. "J'ai eu la chance d'aller très tôt vers des formations d'arts appliqués", raconte-t-il.
Après avoir hésité entre plusieurs voies, comme l'architecture ou la bande-dessinée, il se tourne finalement vers l'écran. "En parallèle des cours, je faisais des petits films d'animation pendant les vacances, et je me suis rendu compte que ce que je préférais dans tout ça c'était le cinéma d'animation. C'est là où je me sentais le plus à l'aise pour m'exprimer." Désormais installé à Paris, il a toujours un pied dans le Loiret, où vivent ses parents : "J'adore rentrer à Orléans, en arrivant à la gare des Aubrais à chaque fois j'ai une espèce de relâchement, c'est mécanique, c'est le moment où je sais que je vais rentrer en famille et me détendre."
Diplômé de la Fémis, Baptiste Drapeau a déjà réalisé plusieurs court-métrages, notamment durant ses études, souvent sur le ton de la comédie romantique ou policière. Désormais, il rêve de "pouvoir me concentrer sur des projets longs" tout en consacrant davantage de temps au cinéma d'animation. Ses deux prochaines productions, la comédie romantique Pin Pon et un documentaire d'animation sur l'Occupation, doivent également sortir cette année.
Où voir Messe Basse en Centre-Val de Loire ?
Repoussé de plusieurs mois à cause du covid, Messe Basse n'est sorti que dans un nombre assez restreint de salles à travers la France, notamment à Paris et Lyon. Mais les cinéphiles du Centre-Val de Loire qui ne sont pas partis en vacances pourront aussi allez le voir :
- A partir du 4 août à Tours, au CGR Tours Centre
- A partir du 10 août au cinéma des Carmes à Orléans