GHB, piqûres de seringues : la police mène une action de sensibilisation dans les bars

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La police d'Orléans a mené une action de prévention dans les bars de la rue de Bourgogne ce 17 mai. Objectif : rassurer les clients et de sensibiliser les professionnels au risque liées aux piqûres de seringues et de GHB.

Le passage de policiers dans la rue de Bourgogne, la rue des bars à Orléans, n'a rien d'inhabituel. Mais ce 17 mai en fin de journée, leur venue avait pour but la prévention plutôt que la répression. L'objectif : sensibiliser les professionnels de la nuit aux risques des piqûres de seringues et des drogues versées dans les verres des clients, et surtout des clientes, par des personnes mal intentionnées.

GHB et seringues : une réalité inquiétante

Avec trois enquêtes préliminaires en cours dans le Loiret, une plainte déposée en Touraine et quatre autres dans le sillage du Printemps de Bourges, les piqûres de drogue et l'administration de GHB sont devenues une réalité inquiétante. Pour rassurer les clients et sensibiliser les professionnels, le ministère de l'Intérieur mène une campagne "Contre les drogues : protégez vos clients" depuis le mois de février.

Lors de leur passage dans les bars, les policiers distribuent la brochure de la campagne nationale, qui appelle à la vigilance et indique la conduite à tenir en cas de comportement suspect. Au tour des patrons de bar de "sensibiliser leurs équipes", explique Jean-Bernard Mignonneaud, officier de prévention de la Direction départementale de la sécurité publique. "S'ils voient des comportements de clients avec des fioles, des poudres, ou des gens qui malheureusement sont insistants auprès de jeunes filles, le personnel doit nous appeler."

"On fait toujours attention à nos verres"

"On est déjà plutôt vigilants là-dessus", indique pour sa part Hugo Proux, salarié du Moog, à l'angle de la rue de Bourgogne et de la rue de l'Empereur. A fortiori pour les verres, qui ne doivent pas rester sans surveillance. Les clients, explique-t-il, "peuvent nous les laisser au bar et on les garde de côté."

Du côté des clientes, la "drogue du violeur" n'est que l'un des risques supplémentaires à prendre en compte lors des sorties en ville. "On fait toujours attention à nos verres, on les garde avec nous, on ne reste jamais seule", énumère une cliente d'un bar voisin. "Vu l'état de la sécurité en ville, je suis plus inquiète de rentrer toute seule à pieds, en tant que femme, que face aux drogues dans les bars", abonde une autre.

La "soumission chimique" est le nom de l'infraction consistant à administrer à une personne, à son insu, "une substance destinée à altérer son discernement ou le contrôle de ses actes", indique le ministère de l'Intérieur. Elle est punie de 5 ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende lorsqu'elle est commise pour commettre un viol ou une agression sexuelle, et peut aussi constituer une circonstance aggravante.