Piqûre de drogue : plusieurs plaintes déposées par des victimes au Printemps de Bourges et dans des boîtes de nuit

A travers le pays, plusieurs témoignages concernant des administrations de substances nuisibles ont été recensés par les autorités. Trois enquêtes préliminaires sont en cours dans le Loiret et quatre plaintes ont été déposées par des festivaliers du Printemps de Bourges.

"Mon avant-bras me brûlait, je n'arrêtais pas de cracher et je n'arrivais pas à ouvrir les yeux. J'avais aussi des nausées et j'ai perdu connaissance" a-t-elle confié à nos confrères de BFM TV ont recueilli le témoignage d'une jeune femme de 18 ans, habitante à Orléans, qui aurait été piquée samedi 16 avril dans une boîte de nuit de Saint-Loup-des-Vignes, à une trentaine de kilomètres à l'ouest de Montargis, dans le Loiret. 

"Les videurs se sont occupés de moi, ils ont compris que quelque chose n'allait pas. Je leur ai expliqué qu'une femme que je ne connaissais pas m'avait proposé de danser. Un homme était très proche de nous et elle lui faisait des signes. Et puis j'avais cette trace sur l'avant-bras". Elle porte plainte puis, sur conseil des gendarmes, se rend par la suite à l'hôpital pour faire une analyse de sang. Les faits s'étant produits plusieurs jours plus tôt, impossible de détecter la moindre trace de GHB.

D'autres cas similaires ont été recensés dans le Loiret. La Procureur adjointe du tribunal judiciaire d'Orléans, Céline Visiedo, affirme que "trois enquêtes préliminaires sont actuellement en cours pour administration de substance nuisible. Une par la compagnie de gendarmerie de Pithiviers pour des faits commis dans un établissement de nuit au cours du week-end dernier et deux par la Direction départementale de la sécurité publique (DDSP45) pour des faits commis courant février et mars dans un établissement de nuit et dans un bar". Elle précise qu'à ce jour, le parquet n'a pas connaissance de répercussion sur l'état de santé des victimes.

Impossible d'identifier les responsables

Antoine Dubois, responsable de la sécurité du New's 2.0, l'établissement concerné par le témoignage ci-dessus, était présent au moment des faits. Pour lui, la jeune femme "avait seulement bien profité de sa soirée". "On l'a accompagné à l'extérieur pour qu'elle puisse prendre l'air, respirer un peu et c'est là qu'elle a perdu connaissance. On l'a mise en PLS avec la couverture de survie, chose qu'on fait habituellement [quand un client boit un peu trop]". C'est une fois revenue à elle qu'elle aurait dit avoir "senti un picotement". Peu après, la jeune femme a été prise en charge par les pompiers.

On a eu deux ans de fermeture donc ça nous arrange pas

Sébastien Ciret, propriétaire du New's 2.0

Sébastien Ciret, le propriétaire, est désemparé. "Je suis dégouté, je fais tout pour que ça se passe bien. On achète des caches gobelets, on fouille les clients. Je peux rien faire de plus". Tous les samedis soirs, c'est entre 400 et 500 clients qui viennent danser dans son établissement. Alors malgré la présence de seize caméras, difficile d'y voir clair au sein de la foule. "On regarde les vidéos tous les soirs pour essayer de retrouver ces gens. Pour l'instant, on ne trouve rien. Pas de piqûre, rien".

Quatre plaintes déposées par des festivaliers du Printemps de Bourges

La multiplication des signalements à travers la France ces derniers jours inquiète les autorités. Car si la plupart concerne des faits qui se seraient déroulés dans des boîtes de nuit, les festivals risquent de ne pas être épargnés. Au Printemps de Bourges, quatre plaintes ont été déposées par des spectateurs, disant avoir été victimes de "piqûres" lors de concerts ce samedi 23 avril auprès du parquet de Bourges. Une enquête est en cours. 

Contactée, la direction du festival assure dans un SMS que "le Printemps est associé avec les services de sécurité de l'Etat et de la ville pour analyser la situation et prévenir des risques liés au nouveau phénomène d'agression par piqûre. Le nombre d'agressions constatées reste limité mais le PDB invite les festivaliers à la prudence collective".

Le dispositif de sécurité est renforcé et des personnels en déambulation sont en vigilance spécifique sur toutes les zones sensibles

Communiqué de la direction du Printemps de Bourges

Des plaintes, mais aucune trace de produits stupéfiants ...

Ces plaintes viennent s'ajouter à d'autres à travers la France depuis le mois de mars, essentiellement dans des boîtes de nuit. 23 signalements à la justice ont ainsi été faits à Nantes, dont 17 plaintes. Huit plaintes ont par ailleurs été déposées à Grenoble et Saint-Ismier (Isère), 10 à Béziers (Hérault), et  1 à Amiens (Somme).

Certains plaignants expliquent s'être sentis soudainement mal, avec parfois des nausées, des malaises ou des pertes d'équilibre. Des symptômes toutefois peu graves, à l'exception du cas d'une victime à Amiens début avril, qui a été hospitalisée suite à une "piqûre". À travers les différentes enquêtes menées en France, plusieurs analyses toxicologiques ont été effectuées mais n'ont pas permis pour l'heure de retrouver des traces de produits stupéfiants. 

Parmi les victimes, femmes comme hommes, aucune n'a signalé d'agression sexuelle ou de viol en parallèle de ces "piqûres". Seul un des plaignants en Isère indique s'être fait voler son téléphone et sa carte bancaire au moment des faits.