Grâce à un laboratoire orléanais, la sonde Parker Solar Probe dévoile les mystères du soleil

Une modélisation 3D de la sonde Parker Solar Probe, à proximité du soleil. / © JOHNS HOPKINS APL / AFP
Une modélisation 3D de la sonde Parker Solar Probe, à proximité du soleil. / © JOHNS HOPKINS APL / AFP

La sonde est partie en août 2018 récolter des informations sur l'atmosphère du soleil. Des recherches qui nous concernent de bien plus près qu'on ne le pense. 

Par Yacha Hajzler

Partie observer le soleil pendant un an, la sonde Parker Solar Probe a enfin livré ses premières informations. Elle devait surtout régler une question en suspend, et bien étranger : pourquoi l'atmosphère du soleil est-elle 200 fois plus chaude que sa surface, alors qu'elle est plus éloignée de la source de chaleur ? 
 

Une "surprise" pour les chercheurs


Si le petit colon spatial n'a pas apporté de réponse claire, il apporte tout de même des éléments intéressants. Près du soleil, en résumé, c'est le bordel. Pardon, c'est un "environnement extrêmement dynamique, constamment perturbé". Parker Solar Probe nous amène des données inédites sur le "vent solaire", un gaz chargé en ions, ces atomes porteurs d'une charge électrique.
 
Le 12 août 2018, la sonde Parker Solar Probe amorce son voyage dans l'espace. / © BILL INGALLS / AFP
Le 12 août 2018, la sonde Parker Solar Probe amorce son voyage dans l'espace. / © BILL INGALLS / AFP

Grâce aux indices ramenés par Parker Solar Probe, on peut émettre l'hypothèse que "le vent ne serait pas un écoulement laminaire continu, non perturbé, mais serait, en grande partie, constitué de petits jets de matières chaotiques, comme des petits orages", selon Alexis Rouillard, chercheur au CNRS interrogé par France Info. Et ça, pour les scientifiques, c'est une "vraie surprise". 
 

Ce vent qui perturbe votre GPS


Ce vent, à plus de 149 millions de kilomètres de nous, nous concerne pourtant de plus près qu'on ne pense ! Ses bourrasques chargés en électricité sont capables de perturber le champ magnétique présent autour du soleil, mais pas que. 

"Quand des bourrasques de ce vent atteignent la Terre, elles y provoquent des aurores boréales, parfois même des pannes électriques ou des perturbations des systèmes GPS, dont dépendront demain les voitures autonomes et d’autres systèmes automatisés" explique un communiqué de l'Université d'Orléans. 
 

Orléans à la pointe de la recherche spatiale


Car le laboratoire de physique et chimie de l’environnement et de l’espace, une unité du CNRS basée à Orléans-La Source, a joué un rôle essentiel dans ces découvertes. Les scientifiques orléanais ont en effet conçu l'appareil qui à servi a mesurer, entre autres, l'intensité du champ magnétique du soleil. Un instrument clé du projet, d'une dizaine de centimètres à peine, et le meilleur capteur magnétique existant à ce jour. 
 

Le travail sur la Sonde Parker Solar Probe n'est d'ailleurs pas la seule réalisation de pointe qui se fait à Orléans. En mars 2019, le laboratoire Icare du CNRS d'Orléans-La Source avait conclu un partenariat avec une start-up, Exotrail.

Ensemble, les équipes travaillent sur la miniaturisation des systèmes de propulsion des satellites, pour les rendre moins coûteux, moins complexes, et plus faciles à lancer dans l'espace. 
 

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