Jeu vidéo : avec "Shadow of the Guild", un nouveau studio de développement orléanais espère créer la surprise

Robin Buisson et son équipe s'apprêtent à adapter en jeu vidéo l'univers de sa trilogie, La Guilde des marchands de pluie, dans un nouveau studio basé à Fleury-les-Aubrais. Le kickstarter de Shadow of the Guild sera lancé en avril 2021.

De gauche à droite : Arnaud Wallet, Romain Mars et Robin Buisson, les créateurs de Shadow of the Guild.
De gauche à droite : Arnaud Wallet, Romain Mars et Robin Buisson, les créateurs de Shadow of the Guild. © Original Pixel

"Moi, j'ai toujours adoré mon métier, mais j'ai rarement aimé mon travail. Je veux franchir le pas depuis tellement longtemps, et aujourd'hui je me dis : s'il arrive quelque chose, tu regretteras de pas l'avoir fait." Pour beaucoup d'entre nous, la crise du covid-19 a été un coup d'arrêt. Pour Robin Buisson, c'est un nouveau départ.

Aridia, un univers à explorer

Depuis 2009, il est développeur de jeux vidéos, mais a principalement travaillé sur des projets industriels, de service, ou en web-design. Les places sont chères pour les créatifs, alors il met son énergie ailleurs. A 33 ans, il est l'auteur des deux premiers romans d'une trilogie, La Guilde des marchands de pluie, sortis en 2015 et 2018. Sur la planète Aridia, l'eau est devenue une denrée rare. La guilde des marchands de pluie, l'organisation commerciale la plus puissante au monde, s'est fait une spécialité de chasser les nuages et les vendre aux différents royaumes qui en ont besoin pour assurer la survie de leur population. "Tout ce que j'ai à montrer d'artistique, pour l'instant, c'est sur le papier", regrette l'auteur. Mais ça, c'est une époque bientôt révolue.

"J'ai toujours été passionné de jeu vidéo et on a toujours eu un faible, moi et les autres, pour les jeux à l'ancienne à la "Prince of Persia". On s'est dit que l'univers de la Guilde des marchands de pluie collait parfaitement à ce style. On a un personnage du livre qui se prêtait bien à une adaptation vidéoludique. C'est un autre axe pour en savoir plus sur ce monde, la planète Aridia, et pouvoir l'explorer" raconte Robin Buisson, qui réfléchit à ce projet depuis cinq ans déjà.

"On ne pouvait pas s'arrêter à une démo technique"

Pour ce beau projet, le jeune homme a rassemblé autour de lui une équipe de choc, 100% orléanaise. D'abord Arnaud Wallet, 34 ans, graphiste, tatoueur, dessinateur. Celui qui a déjà dessiné les deux couvertures des romans de Romain Buisson est le directeur créatif du projet. "C'est lui qui apporte cette patte particulière qu'on peut retrouver sur les visuels, cet aspect crayonné, sa vision qui peut paraître un peu brute mais que nous, on adore" raconte son associé. Le trio est complété par Romain Mars, 35 ans, lui aussi graphiste, désigné comme environment artist. "Il s'occupe de la partie design des éléments des différents niveaux. Il donne son attention aux points de détail, c'est lui aussi qui nous recadre" reconnaît volontiers l'auteur devenu scénariste.

"Ces deux dernières années, on a pris plus de notre temps personnel pour mettre les choses en place, et on voyait qu'on commençait à avoir quelque chose qui nous plaisait vraiment. On s'est dit : voilà, maintenant, on est sur les rails pour faire ce qu'on a toujours rêvé de faire. Il faut se lancer une bonne fois pour toutes. On ne pouvait pas s'arrêter à une démo technique." Ensemble, et avec votre aide, ils espèrent pouvoir sortir fin 2022 leur jeu "Shadow of the Guild", un objet hybride qui pourrait bien séduire le grand public.

Shadow of the Guild, la création d'une épopée

En effet, le jeu est principalement présenté comme un "beat them up", où le principe est de venir à bout d'une série d'ennemis, mais intègre des éléments de RPG (jeu de rôle) et offre la possibilité de développer un style de jeu plus subtil pour le personnage principal, Yaran, maître-espion de la guilde des marchands de pluie.

"Au niveau du level design, on a plusieurs entrées dans les niveaux, qui offrent différentes façons de passer le stage, avec un tracé plus orienté beat them all, un tracé plus orienté discrétion et assassinat, et un tracé plus orienté énigmes et réflexion. On crée une épopée pour le personnage principal. Il y a un système de power up intéressant, on va pouvoir développer son personnage selon le style de jeu qu'on choisit, pour l'orienter vers des compétences de guerrier, d'assassin ou de mage" détaille le fier papa du futur jeu à naître.

Yaran, personnage principal de Shadow of the Guild.
Yaran, personnage principal de Shadow of the Guild. © Guild Studio

Les inspirations du jeu et le style néo-rétro devraient vous faire tomber sous le charme, espère l'équipe. "Je ne dirais pas qu'on attend la nostalgie, mais ça va se faire de soi-même, notamment dans le premier niveau où on se promène dans la forteresse volante de la guilde des marchands de pluie où et où on retrouve l'ambiance du premier niveau de Prince of Persia. Ce sont nos influences."

Mais pour extraire leur or de la pierre brute, Guild Studio a encore besoin d'un coup de main. Selon les calculs de Robin, Romain, et Arnaud, 30 000 euros manqueront à l'appel. C'est pourquoi l'équipe est en train de peaufiner son kickstarter, une demande de financement participatif en ligne, pour vendre le projet aux futurs joueurs et investisseurs. Plutôt que de s'encombrer d'un lourd prêt, ils ont préféré proposer au public une forme de pré-vente du jeu, qui servira à financer sa finalisation.

"C'était une volonté de rester en région Centre-Val de Loire"

Les aides de la région et du département devraient, les trois associés l'espèrent, faire leur part du travail. Le réseau Initiatives Loiret a par exemple déjà manifesté son intérêt pour le projet. De toute façon, pour Robin Buisson, Arnaud Wallet et Romain Mars, basés à Fleury-les-Aubrais, il ne sera pas question de s'exporter.

"Le milieu n'est peut-être pas encore florissant, mais c'était une volonté de rester en région Centre parce qu'on a le sentiment que quand on cherche du travail dans ce domaine, il faut se diriger vers des grandes métropoles, bien loin de chez nous, revendique l'auteur de la trilogie. On y a toujours vécu et on est aussi un peu chauvins de notre côté. On a envie de porter ce projet et ici, on pense que ça peut fonctionner et on n'a pas hésité."

Une raison supplémentaire de suivre cette aventure et, pourquoi pas, de donner un coup de pouce au milieu vidéoludique et une chance à Shadow of the Guild.

 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
jeu vidéo culture économie