Loir-et-Cher: l'arrêté municipal de Valaire contre le "déterrage" des blaireaux invalidé par le tribunal administratif

L'arrêté pris le 13 septembre 2019 par Catherine Le Troquier, maire du village de Valaire et membre de l'Association pour la protection des animaux sauvages, a été invalidé par le tribunal administratif d'Orléans. "L'horreur légale" de la vénerie sous terre restera donc autorisée.

23 octobre 2019. Des militants pour la cause animale manifestent devant le tribunal administratif d'Orléans en soutien à la maire de la commune de Valaire, Catherine Le Troquier, qui a interdit la chasse aux blaireaux sur sa commune.
23 octobre 2019. Des militants pour la cause animale manifestent devant le tribunal administratif d'Orléans en soutien à la maire de la commune de Valaire, Catherine Le Troquier, qui a interdit la chasse aux blaireaux sur sa commune. © GUILLAUME SOUVANT / AFP
Le tribunal administratif a tranché : la maire de Valaire ne peut se substituer à la préfecture dans la réglementation de la chasse sur le territoire de sa commune. Interdite par un arrêté municipal le 13 septembre 2019, lui-même suspendu un mois plus tard, la "vénerie sous terre" restera donc bien autorisée. Un revers pour les défenseurs des animaux sauvages.

La "vénerie sous terre" du blaireau est une méthode de chasse que l'élue juge "extrêmement violente, déshumanisante et aussi cruelle qu'inutile". Quand le blaireau est repéré, les chasseurs bouchent les galeries et creusent jusqu'au terrier, parfois jusqu'à 5 m de profondeur. Ils attrapent l'animal avec des pinces et le tuent.

Ce paisible mammifère nocturne n'est pas classé comme nuisible mais, en surnombre, il causerait des dégâts aux récoltes et transmettrait la tuberculose bovine. "Ce qui reste à prouver", assure Catherine Le Troquier, maire de Valaire, village de 90 habitants du Loir-et-Cher.

Saisi en référé par la préfecture du Loir-et-Cher, le juge des référés du tribunal administratif d'Orléans a suspendu un mois plus tard, le 25 octobre, l'arrêté pris par la maire de Valaire. Le juge a considéré l'existence d'"un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté", et l'a donc suspendu dans l'attente d'un examen sur le fond.

"Nous sommes près de la Loire, classée à l'Unesco" s'était alors défendue l'édile, par ailleurs membre de l'Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas). "Les maires ont le devoir de défendre cet environnement, et notre environnement, c'est aussi le patrimoine vivant."
 

Cette pratique est une tradition ancestrale barbare, les chasseurs lancent les chiens dans les galeries creusées par les blaireaux. Quand le blaireau est débusqué, les chasseurs creusent et finissent par prendre la bête avec des pinces avant de la tuer ou la donnent à manger aux chiens
 

Selon la préfecture, qui conteste la compétence de la maire pour prendre ce type d'arrêté, "les maires ne disposent pas de pouvoirs de police relatifs à la chasse" et ont simplement "la possibilité, au titre de leurs pouvoirs de police générale, d'intervenir pour réguler une activité afin de préserver l'ordre et la sécurité publics sur leur commune, si celle-ci entraîne des troubles".

Or, selon la préfecture, l'arrêté de Mme Le Troquier "n'évoque pas de circonstance propre à la commune, mais des principes d'ordre général". Un point de vue auquel le tribunal administratif a fini par donner raison le 15 juillet dernier.

Dans un communiqué, Europe Écologie - Les Verts (EELV) a qualifié cette pratique "d'injustifiable au 21ème siècle", rappelant que le blaireau est "un animal protégé par la convention de Berne". EELV estime que "12 000 blaireaux sont torturés et tués de cette façon chaque année".


► Voir le reportage de Flavien Texier et Yves Le Bloa. 


 
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