Loiret : Alty, propriétaire de l'usine Sifa à Orléans, veut reprendre une fonderie aveyronnaise en redressement

Le groupe Alty, propriétaire de la fonderie Sifa Technologies à Orléans, a confirmé mercredi 28 avril son intention de se positionner sur la reprise de la fonderie aveyronnaise en redressement judiciaire Sam.

Un bloc moteur en aluminium, photo d'illustration.
Un bloc moteur en aluminium, photo d'illustration. © Thierry Gachon/MaxPPP

"On déposera [le dossier de reprise] le 17 mai." C'est ce qu'a affirmé le PDG d'Alty, Parick Bellity, lors d'une visite de son entreprise par le ministre Olivier Dussopt, ministre délégué chargé des Comptes publics, ce mercredi 28 avril. 

Le groupe Alty, dont la fonderie Sifa Technologies à Orléans est le bras industriel, confirme ainsi son intention, déjà exprimée dans la presse régionale, de se positionner sur la reprise de la fonderie aveyronnaise en redressement judiciaire Sam.

"C'est comme un devoir pour moi d'aller essayer de sauver ces entreprises", s'est félicité le PDG, ex-dirigeant du groupe Arche, propriétaire de la Sam jusqu'en 2016. "L'Etat va nous aider", a-t-il assuré, précisant que l'équipe du groupe Alty se rendrait dans l'Aveyron, dès l'ouverture de la "dataroom". Il est donc "beaucoup trop tôt pour détailler son offre", a-t-il insisté.

"Financer une structure de développement"

Toutefois, la Sam "a déjà fait le pas sur l'hybride, sur l'électrique, a estimé Patrick Bellity. Il faut la maintenir à niveau de bureaux d'études, de structure. Pour pouvoir financer cette structure de développement, il faut un certain chiffre d'affaires, donc il faut une certaine taille. Je ne peux pas en dire plus pour le moment".

Depuis plus d'un mois, les 350 salariés de la Sam ont reçu un soutien massif de la population de Decazeville, notamment lors de deux mobilisations qui ont réuni quelque 3 000 manifestants dans cette ancienne cité minière de 5 000 habitants.

Le groupe automobile Renault est le principal donneur d'ordre de la Sam et du site Bosch de Rodez, qui vient également d'annoncer un plan de suppression de 750 emplois d'ici 2025.

D'autres reprises prévues

"Nous n'avons pas l'intention que Renault soit ad vitam eternam le seul client de la Sam, mais il faut bien commencer. Il faut bien qu'ils nous aident à l'aider à ne pas être le seul client. Si demain, grâce à notre travail, on retourne chercher Daimler, on retourne chercher Volkswagen, ou je ne sais qui, Renault sera très content, il se dira : "Je vais rester ici."", a jugé le patron d'Alty.

"Il faut laisser l'industrie sur son territoire, il faut la recréer", a-t-il ajouté, assurant se faire "un devoir de reprendre", "à chaque fois qu'il y aura des entreprises qui nous paraissent dans nos cordes, dans notre stratégie". "Aujourd'hui, c'est la Sam, demain, ce sont les Fonderies du Poitou. Pour les Fonderies du Poitou, on a un projet", promet Patrick Bellity.

Les Fonderies du Poitou, appartenant au groupe Alvance de l'Indo-Britannique Sanjeev Gupta, ont été placées en redressement judiciaire le 20 avril par le tribunal de commerce de Paris.

En 2016, le groupe Alty Industry, alors une toute nouvelle structure financière, était déjà venue au secours de l'usine Sifa d'Orléans, elle-aussi en redressement judiciaire.

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