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Tir de LBD sur un lycéen : le procureur de la République d'Orléans ouvre une information judiciaire

Policier tenant un lanceur de balles de défense / image d'illustration / © FRANCOIS NASCIMBENI / AFP
Policier tenant un lanceur de balles de défense / image d'illustration / © FRANCOIS NASCIMBENI / AFP

Mardi 2 avril, le procureur de la République d'Orléans (Loiret) a ouvert une information judiciaire contre le policier qui avait blessé à la tête un lycéen, le 5 décembre 2018 lors des manifestations à Saint-Jean-de-Braye.  

Par Elsa Cadier avec l'AFP

Lors des manifestations étudiantes du 5 décembre 2018, un lycéen avait été blessé à la tête par un tir de lanceur de balles de défense (LBD) devant le lycée Monod à Saint-Jean-de-Braye près d'Orléans. Ce mardi, le procureur de la République d'Orléans a ouvert une information judiciaire contre le policier suspecté d'être l'auteur du tir. Le policier est poursuivi pour blessures involontaires ayant entraîné une interruption totale de travail (ITT) inférieure à trois mois. 

Le procureur de la République d'Orléans avait déjà saisi l'Inspection Générale de la Police Nationale (IGPN). L'enquête interne avait conclu fin mars à un usage "légitime et proportionné" du LBD, face à un attroupement de manifestants. Le policier n'a fait l'objet d'aucune mesure administrative et en l'état des investigations, il ne lui est pas reproché un usage abusif de cette arme.

Le juge d'instruction saisi devra donc déterminer si l'acte du policier était involontaire, et s'il y a eu maladresse ou négligence de la part du fonctionnaire de police, notamment dans le respect de la distance de tir. 


Souffrant d'un enfoncement de l'os du front, l'adolescent n'a repris les cours que depuis quelques jours.


Oumar, lycéen de 16 ans, manifestait avec 150 élèves devant le lycée Jacques Monod, à Saint-Jean-de-Braye, près d'Orléans, pour demander l'abandon des réformes du lycée, du bac, de la voie professionnelle et de la loi ORE, instituant la plateforme controversée Parcoursup. Touché en plein front, il est tombé à la renverse, inanimé, avant d'être conduit à l'hôpital.

Le soir même, le procureur avait expliqué que les policiers étaient venus disperser les manifestants après des feux de poubelles. Ils avaient d'abord fait usage de grenades lacrymogènes, avant qu'un policier ne tire au LBD.

Souffrant d'un enfoncement de l'os du front, l'adolescent a subi plusieurs interventions chirurgicales. Il n'a repris normalement ses cours au lycée que depuis quelques jours. Ses parents, qui ont été entendus par l'IGPN, ont porté plainte.

Plusieurs associations tentent depuis des mois de faire interdire le LBD 40, utilisé plus de 13.000 fois depuis le début du mouvement des "gilets jaunes" mi-novembre, lors de manifestations où plus de 2.200 blessés ont été recensés parmi les manifestants, selon le ministère de l'Intérieur.

Il y a un mois, le secrétaire d'État à l'Intérieur, Laurent Nuñez avait reconnu que 83 enquêtes étaient en cours à propos de tirs avec cette arme controversée.
 

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