Naissance de l'association Féministes en tous genres 45 : "Le féminisme qu'on met en avant est pluriel"

Né mi-septembre, ce nouveau mouvement basé dans le Loiret revendique un féminisme inclusif pour toutes les femmes, et même les hommes. 

Un symbole de vénus sur la joue d'une jeune femme durant une manifestation féministe.
Un symbole de vénus sur la joue d'une jeune femme durant une manifestation féministe. © Jason Connolly / AFP
Dans le Loiret, il y avait déjà Nous Toutes 45, Offensive féministe 45 et les Colleuses d'Orléans. Depuis le 10 septembre, la galaxie féministe compte une petite nouvelle : l'association "Féministes en tous genres 45" Co-présidée par Sophia Boujana et Gislene Gauvrit, l'association est née après un an de travail et de réflexion."Nous sommes apolitiques, il y a des femmes de tous bords, de tous âges, de toutes origines, et des hommes aussi. On défend l'intersectionnalité, l'inclusion. Le féminisme qu'on met en avant est pluriel", revendique Sophia Boujana, 30 ans ce 1er octobre.
 

Transidentité, voile, prostitution... Ce qui divise les féministes


L'intersectionnalité est un mot bien connu des cercles militants, mais pas toujours du grand public. C'est un terme de sociologie, qui désigne ces personnes à la croisée des discriminations. Une femme noire, par exemple, subira au cours de sa vie des discriminations sexistes, mais aussi racistes. Il en va de même pour les femmes voilées, les femmes pauvres, les femmes transgenres ou porteuses d'un handicap... Et toutes les féministes ne sont pas d'accord entre elles. 

"Je connais bien ce discours qui explique que les femmes voilées ou les prostituées sont prises dans un système qui fait qu'elles ne se rendent pas compte, qu'elles ont l'impression d'agir avec leur libre-arbitre et qu'en fait non. A titre personnel, je ne suis pas du tout d'accord. Ce serait réduire ces femmes, qui sont aussi plurielles que toutes les autres. Certaines sont sans doute soumises à des diktats, mais on ne peut pas généraliser. C'est juger leurs choix et leur droit de disposer de leur corps" estime la présidente de l'association.  Une cission de plus en plus radicale s'est aussi faite entre les militantes qui accueillent les femmes trans, et celles qu'on appelle les "TERF" (pour trans exclusionary radical feminist) pour qui les femmes trans, n'ayant pas toujours eu un vécu social de femme, ne sont pas concernées par le combat, voire essaieraient de le saboter. 

Pour Sophia Boujana, ces tensions doivent devenir secondaires pour viser l'efficacité. "C'est sûr que ce n'est pas le féminisme qu'on met en avant, mais les féministes de ces horizons-là sont aussi les bienvenues. Il faut faire entrer toutes les paroles, nous ne voulons pas dire qu'il y en a une qui vaut plus qu'une autre. Le but n'est pas d'avoir la même opinion, mais de tendre vers un même objectif" récapitule la jeune femme.
 

"Les hommes ont aussi un combat à mener"


C'est dans ce même esprit que les hommes "alliés" du féminisme sont également bienvenus. "Là encore, tout le monde ne sera pas d'accord. Mais un bon allié, déjà, c'est quelqu'un qui s'intéresse, qui se pose des questions, peu importe si la question est maladroite ou les mots mal choisis. C'est la première étape, car c'est déjà une prise de conscience. Dans la perspective d'inclusion, à mon sens, c'est important que les hommes soient là. Car il n'y a pas eu non plus d'émancipation masculine par rapport aux diktats de la virilité. Ils ont aussi un combat à mener, pour eux et avec nous, pour nous et avec eux."Tables rondes autour d'ouvrages féministes, vulgarisation des concepts féministes, partenariats avec les autres associations, rencontre avec la police nationale... Le champ d'action de Féministes en tous genres 45 est large, ses militant.e.s fourmillent déjà d'idées. Et tout le monde pourra participer. 
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